Lisieux | 2 adolescents témoignent de viols et rien ne bouge

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Grève de la faim de la maman face à la lenteur judiciaire
les deux frères
les 2 frères
Face au manque de réactivité dans l’enquête et l’instruction, une maman engagée pour protéger et soutenir ses enfants

“Je rappelle que cette affaire a débuté en juin 2020 et qu’on ne peut que constater que le manque d’empressement, malgré la flagrance, a mené à une situation abracadabrante avec des décisions de justice qui font fi des conséquences que cela peut entraîner sur mes enfants mineurs.”

Caroline Kojfer-Lomont, mère des 2 enfants de 13 et 15 ans.

 

 

Chronologie des faits:

Janvier 2020:

Reprise de contact avec un “ami” perdu de vue depuis longtemps.

“C’était quelqu’un que j’avais perdu de vue, mais qui avait été très proche, quand les enfants avaient 1 et 4 ans. Je venais de le retrouver douze ans après,” raconte-t-elle

Alors quand, à la sortie du confinement, il lui propose de venir profiter de la campagne, Caroline ne voit pas de piège.

“Il avait dit avoir de quoi nous coucher avec deux grands lits, dans deux chambres, et un lit d’appoint pour moi.”

Juin 2020:

Mais le plan ne se déroule pas comme prévu, il manque un lit.

L’ami aurait proposé comme un jeu :

“Le premier qui vient dans ma chambre aura droit au portable jusqu’à minuit!”

Le plus jeune des garçons se porte volontaire.

“Naïvement je n’ai pas tiqué, regrette la maman. J’étais fatiguée par le voyage et je n’ai pas vu ce qui était en train de se passer.”

Le lendemain, samedi 13 juin, son fils ne dit rien, mais au moment du coucher, dit vouloir “dormir avec maman”. Son grand frère rejoint alors à son tour l’autre chambre.

Le dimanche, Caroline remarque que les enfants étaient énervés et un peu tendus. A tel point que sur le chemin du retour, elle sermonne le plus jeune à qui elle reproche d’avoir été intenable.

Là, il lâche:

“Tu sais ce qu’il m’a fait “ton ami”. Il m’a tripoté.”

Le plus grand confirme avoir subi la même chose.

Dès 8h le lundi 15 juin elle porte plainte pour agressions sexuelles, qui seront requalifiées en viols le lendemain, quand les enfants auront tout raconté dans le détail.

“Au cours de l’enquête en flagrance, démarrée après que j’ai déposé plainte, au lendemain et surlendemain des faits, mes deux ados ont été auditionnées et soumis à une expertise psychiatrique, relate leur mère.”

Elle a également remis à la police de Boulogne-Billancourt (Hauts de Seine), où elle réside, un tee-shirt tâché de sperme, en cours d’analyse.

De retour à Lisieux, depuis samedi, où elle est soutenue par des amis, Caroline bout au vu des délais de la procédure.

Le suspect “n’a été mis en garde à vue que le 21 août et a été laissé libre”.

“Je peux comprendre qu’il faille prendre le temps de vérifier les témoignages, mais 2 mois pour qu’il soit entendu, je suis à bout d’arguments.”

Elle a démarré une grève de la faim tout en faisant le siège du commissariat et du bureau du procureur pour faire accélérer les choses.

Depuis le 14 août, elle s’est aussi lancé sur les réseaux sociaux dans une campagne “shame and name” où elle dénonce le suspect de l’agression de ses enfants.

Le parquet de Nanterre (Hauts de seine) où avait été instruite l’affaire, s’est depuis dessaisi du dossier au profit du parquet de Lisieux où l’enquête préliminaire est toujours en cours.

“Elle dénonce des faits graves, confirme le substitut du procureur de Lisieux, Christophe Bogliolo. Les expertises sont en cours, depuis le mois de juin il n’y a pas eu rien de fait. Pour une enquête judiciaire c’est un délai relativement normal.”

Le procureur a statué que la demande de placement en détention provisoire de Mr Emmanuel Bossharth, que les enfants accusent de viols, “ne pouvait être prononcé sur le seul fondement d’une accusation sans autre élément corroborant.”

Ce à quoi l’avocat de Mme Caroline Kojfer-Lomont, maître Gabriel de FROISSARD de BROISSIA répond :

“Cette affirmation est néanmoins difficile à entendre pour ma cliente, après deux mois d’enquête et de promesses de délais butoirs de la part des différents intervenants.

Si les délais d’enquête sont encore en effet habituels à ce stade en matière d’enquête préliminaire, je vous rappelle néanmoins que l’enquête débutait sous la forme de la flagrance.

Vous disposez à ce stade, Monsieur le Procureur :

– du dépôt de plainte initial,

– des auditions des deux enfants victimes,

– du rapport d’expertise psychologique

– du tee-shirt de l’un des enfants sur lequel a été retrouvé du liquide spermial.

Si l’on ajoute à cela la tentative de suicide du mis en cause, preuve s’il en était besoin de l’existence à tout le moins d’un conflit intérieur, vous comprendrez qu’il est relativement difficile pour ma cliente d’apprendre que le mis en cause jouit de liberté en l’absence d’autre élément corroborant.”

Monsieur Bossharth ne s’est pas présenté à sa convocation, la semaine du 17 aôut dernier ; les enquêteurs se sont alors rendus à son domicile.

Aurait été constaté une émanation de monoxyde de carbone et l’intervention des pompiers.

Pour autant l’état de M. Bossharth aurait été stable et sans gravité.

Nous ne pouvons à ce jour attester de l’intention réelle de Monsieur : tentative de suicide ou tentative de victimisation ?

Précisons ici que Emmanuel Bossharht est chimiste, directeur recherche et développement – SODEL

 

M. Emmanuel Bossharth suspecté de viols sur mineurs

 

L’avocat de la mère des enfants, a adressé un courrier au procureur le 25 août, dans lequel il précise :

“Le commissariat de Boulogne indiquait à Madame KOJFER-LOMONT à l’issue d’une audition qu’il serait désastreux que le mis en cause soit mis en garde à vue pendant 24 heures puis relâché, parce qu’il effacerait toutes les preuves de culpabilité le cas échéant. C’est la raison pour laquelle le commissariat de Boulogne indiquait à Madame KOJFER-LOMONT qu’il fallait attendre le rapport d’expertise psychologique des enfants, et lui seul, car ledit rapport attesterait à lui seul de la crédibilité du récit des enfants.

La situation est d’autant plus difficile pour Madame KOJFER-LOMONT que cette dernière, sur le conseil de Maître Heyraud et moi-même et en accord avec les services de police du commissariat de Boulogne, a simulé pendant deux mois une parfaite naïveté auprès du mis en cause, alors même que celui-ci lui demandait de lui envoyer pour un weekend l’un des enfants, ou l’autre, ou les deux, et ce à plusieurs reprises. Le non-respect des promesses de résultats de la part des différents intervenants a finalement eu raison de la détermination de Madame KOJFER-LOMONT.”

Le vécu des enfants :

Caroline a mis en place un accompagnement psychologique pour ses enfants et pour elle-même.

Hier le cadet, 13 ans, a exprimé qu’il ne voulait pas poursuivre cet accompagnement car il était trop en colère.

il dit “être en colère contre le psy qui les a auditionnés le 1er juillet et qui a rendu son rapport vers le 11 août. Être en colère contre les OPJ de Boulogne-Billancourt qui auraient pu, grâce à la flagrance, mettre l’agresseur en garde à vue. Et être en colère contre les magistrats.”

L’aîné, 15 ans, exprime texto :

“Je n’ai pas de mots pour décrire à quel point cette procédure est un désastre.”

Les enfants ont peur des représailles et expriment également leur inquiétude à voir monsieur Bossharth les attendre à la sortie du collège ou du lycée.

Ils expriment que leur colère est avant tout due au fait que leur agresseur soit libre.

Concrètement, cette colère et le sentiment d’insécurité qu’il ressentent est un réel frein au travail de libération du trauma et à l’accompagnement psychologique.

Le cadet exprime ne pas vouloir poursuivre cet accompagnement pour le moment car la colère est trop présente.

Sans la base d’une reconnaissance officielle de leur statut de victimes et leur protection physique, ou ne serait-ce qu’une réactivité gageant d’une réelle considération de leurs vécus, comment débuter le processus d’une guérison solide ?

La présomption d’innocence prime, mais devant les incohérences et la lenteur dans la recherche de preuves, la famille est dans une profonde incompréhension.

Concernant le prélèvement ADN, je cite Caroline Kojfer-Lomont dans son courrier au tribunal de justice de Lisieux :

“Hier, l’opj Drelon, un peu confus, avouait n’avoir toujours pas pris attache avec les services de police scientifique et leurs laboratoires. En somme, le prélèvement d’adn du prévenu n’était ni expédié, ni le responsable de cet envoi n’en connaissait les modalités pour ce faire. Pour seule excuse à cet impair qu il admettait, il a bafouillé “mais nous ne sommes pas un pôle judiciaire en fait”.”

Après plus de 2 mois de sollicitations du parquet et des enquêteurs, Caroline a débuté une grève de la faim.

Ne rien dire c’est accepter, ne rien faire c’est cautionner !

L’équipe Wanted Pedo,

Sources : ouest-france  | Courriers de Madame Kojfer-Lomont et son avocat | Entretiens téléphoniques avec Madame.

 

Actualisation le 17 septembre 2020 :

Lettre de Mme Caroline Kojfer-Lomont à Mme Florence Provendier, députéedes Hauts-de-Seine

Chère Madame la Députée,

Je vous mets en copie du courriel ci-dessous.
Pour votre parfaite information, non seulement le pédocriminel de mes fils est libre, mais en plus il travaille comme si de rien n’était au sein de l’entreprise qui l’emploie.

J’ai donc non seulement alerté la direction de la SODEL, que sans licenciement de son salarié pédocriminel, je médiatiserais par la voie de mes avocats dans la presse nationale, le traitement privilégié dont jouis un violeur dont les éléments à charge sont accablants.

Des salariés outrés du maintien de cet “élément” dans leur entreprise, m’ont écrit en privé pour me dire qu’ils s’opposaient à l’omerta que leur direction leur demande dans cette affaire, arguant de faits que je colporterais de nature diffamatoire à l’encontre du pédocriminel, qui ne relèveraient que de la sphère “privée”. Il semble que ce soient surtout des femmes mères de famille, qui s’offusquent de devoir fréquenter professionnellement E. BOSSHARTH.

Je rappelle que le violeur anime des sortie pédagogiques dans “son” laboratoire SODEL pour des mineurs issus de différents lycées de la région. Je ne parierais pas que les directeurs de ce prévenu y laissent y participer leurs propres enfants, etc.

On me propose de déposer un courrier directement sur le bureau de Mme MACRON, ce que je vais finir par faire.

Ce matin, avez-vous écouté France Inter ce matin qui évoque le fléau des 165 000 enfants violés chaque année en France?
Médiapart vient également de sortir un article traduisant le manque terrible de moyen sur le sujet des enfants agressés sexuellement.

Que proposez-vous comme solutions concrètes dans ce dossier, compte tenu de l’expérience incroyable que vous semblez avoir grâce au milieu associatif dans lequel vous occupez des fonctions cadres?

Bien cordialement,

 

Actualisation du 26 novembre 2020 :

Lisieux : sur les réseaux sociaux, elle donne le nom de l’agresseur présumé de ses enfants, il l’assigne en justice

Une femme a dévoilé, sur les réseaux sociaux, l’identité de l’auteur présumé de viols et d’agressions sexuelles sur ses enfants.

Il l’a assigné en référé à Lisieux (Calvados).

L’affaire a été examinée jeudi 19 novembre 2020 au tribunal de Lisieux (Calvados). Une femme était assignée devant le juge des référés pour avoir donné, sur les réseaux sociaux, le nom et le prénom de l’auteur présumé de viols et d‘agressions sexuelles sur ses enfants.

L’affaire est encore en instruction

Selon nos confrères de Ouest-France, qui ont assisté à l’audience, la mère de famille avait qualifié de « violeur, pédocriminel » le plaignant, en précisant son identité.

Cet homme est mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, mais il est toujours présumé innocent, le dossier étant encore en instruction à Caen.

L’avocate de l’homme a fustigé l’attitude de la mère de famille.

« Cette femme se fout de la présomption d’innocence et des lois de la République, en se servant des réseaux sociaux comme défouloir public, afin de se faire justice elle-même » a-t-elle déploré, comme le rapportent nos confrères.

Elle a ajouté que depuis les posts sur les réseaux sociaux, en août 2020, son client vivait « un enfer » et qu’il aurait fait l’objet de représailles dans son quartier.

La mère de famille veut faire accélérer le dossier

La partie adverse a souligné que la mère de famille était éprouvée par « la lenteur » avec laquelle la justice traitait cette affaire et qu’elle avait entrepris une grève de la faim cet été pour tenter de faire accélérer le dossier.

Depuis, le nom et le prénom de l’auteur présumé ont été retirés des posts.

Le tribunal rendra son délibéré le 17 décembre 2020.

Source(s):

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