Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Saint-Nazaire | Un animateur condamné pour agression sexuelle sur une ado de 13 ans

Les messages de l'adulte était souvent a connotation sexuelle

Au camping de l'Eve à Saint-Nazaire, un animateur a séduit une ado de 13 ans. Il vient d'être condamné pour agression sexuelle.

Elle avait 13 ans, et son côté « fleur bleue » a été très attendri par les belles paroles de l’animateur du club ado du camping Capfun Eve à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), où sa famille avait prévu de passer une belle semaine de vacances.

Scarifications aux avant-bras

Mais les belles paroles ont fait place à des propos salaces et son prince charmant, de 17 ans son aîné, s’est retrouvé le mardi 9 avril 2024 à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, pour répondre d’agression sexuelle.

Fin août 2022, elle retrouve son séducteur au bloc sanitaire.

La première fois, elle a attendu que sa maman dorme pour le rejoindre.

La seconde, elle a reconnu la voix de son père qui l’appelait. Le couple s’est enfui.

La maman a regardé le téléphone de sa fille et relevé de nombreux messages.

Si ceux de l’adolescente étaient du genre : « Je t’aime à l’infini », ceux de l’adulte étaient « souvent à connotation sexuelle ».

La jeune fille s’est ensuite montrée triste et souffrante, notamment le lendemain « lors du pot de départ ».

« Je ne suis pas un prédateur »

Blême pendant tout son procès, le mis en cause a multiplié les regrets et les demandes de pardon, bien que la victime soit absente, affirmant : « Je n’avais pas conscience de la situation. »

Ce qui a surtout traumatisé l’adolescente, c’est d’avoir été embrassée avec la langue, comme le dira l’avocat de la famille, Maitre Morgan Loret :

« Elle devrait s’en souvenir comme d’un moment de tendresse. On n’a pas le droit de voler les souvenirs des jeunes. Il s’est totalement moqué d’elle. »

Il mentionne d’ailleurs que si les faits ont eu lieu le mercredi et le pot de départ le vendredi, « le jeudi, le prévenu avait une relation sexuelle avec une quadragénaire, amie de la maman de la victime ».

Maitre Loret appuie : « Les conséquences ne sont pas loin d’être catastrophiques. Le prévenu reste arc-bouté sur sa position. Il ne s’intéresse pas à l’autre, s’excusant platement ».

En effet, complètera la maman de l’élève de troisième en période de brevet blanc : « Son sommeil est perturbé, elle s’est scarifié les avant-bras… »

Les parents sont venus de l’Aisne la veille pour assister au procès.

« Des propos lourds et scabreux »

Le prévenu a réfuté la qualification de prédateur prononcée par le procureur : « Je reconnais mon erreur, mais je n’ai pas cette étiquette ».

Le ministère public a déploré l’attitude de ce professionnel, dont le personnel disait qu’il avait « des propos lourds et graveleux ».

À ses yeux, il était impossible que le trentenaire puisse ignorer l’âge de la jeune fille, à savoir 13 ans la semaine suivante. Ce qui n’est pas l’avis de Maitre Allali :

« Ça peut faire sourire, mais non, il ne s’est pas posé la question de son âge. »

L’avocate de la défense déplore des lacunes dans l’enquête : « Aucune de ses ex n’a été entendue ». Elle plaide la relaxe.

Le tribunal suit les réquisitions du parquet : trois ans de prison avec sursis probatoire pendant deux ans.

L’homme, de presque 34 ans désormais, a interdiction de tout contact avec la jeune fille et sa famille ; de travailler au contact de mineurs durant dix ans.

Il devra poursuivre les soins psychologiques qu’il a entamés.

Il est condamné à payer à l’adolescente : 280 € de remboursement de frais de santé, 1 150,80 € de déficit fonctionnel et 6 000 € pour les souffrances endurées.

Quant à ses parents, il devra leur verser 3 000 € à chacun et 3 895 € pour les frais d’avocat, de déplacements et d’hébergement occasionnés par ce procès.