Rouen | Un homme de 42 ans fournissait en drogue une mineure de 16 ans
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 28/04/2026
- 08:09
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Le début de cette affaire remonte au 21 novembre 2025.
Ce jour-là, l’aide sociale à l’enfance (ASE) émet un signalement.
Marine*, une adolescente de 16 ans placée à l’Idefhi (Institut Départemental de l’Enfance de la Famille et du Handicap pour l’Insertion) et habituée aux fugues s’était présentée quelques jours plus tôt, le 17 novembre, au foyer.
Elle revenait justement d’une fugue.
Dans le dossier, il est indiqué que l’adolescente confie avoir été victime de violences de la part de son petit ami de 42 ans, chez qui elle consomme régulièrement des stupéfiants.
Toxicomane, la victime expliquait également avoir recours à la prostitution afin de se fournir en drogue.
Marine déclarait alors :
« Actuellement, je consomme beaucoup de crack, 10 grammes par jour, ça coûte environ 700 euros ».
Et lorsqu’on lui demandait comment elle s’approvisionnait, elle répondait :
« C’est mon copain, il est dealer ».
Le dealer en question est rapidement identifié : il s’agit de Jérôme, un homme de 42 ans résidant dans un squat à Beauvoisine et défavorablement connu des services de police.
Des investigations sur les lignes téléphoniques de la victime mettent en évidence qu’entre le 21 et le 22 novembre, Marine avait été en contact à de multiples reprises avec la ligne téléphonique du prévenu.
Le 23 novembre, l’adolescente est de nouveau déclarée en fugue.
Quelques jours plus tard, le 4 décembre, elle est finalement hospitalisée au centre d’addictologie de l’hôpital Saint-Julien.
Un jour plus tard, l’aide à l’enfance émet un nouveau signalement indiquant que Jérôme s’est présenté à l’hôpital afin de fournir Marine en stupéfiants.
Chose qu’il conteste à la barre du tribunal :
« Je n’ai jamais ramené de produit stups au centre de cure. Je n’ai pris que des manuels scolaires, des bonbons, du coca et des vêtements ».
Finalement, la mineure quitte l’établissement de santé.
Le 20 décembre, elle est réentendue par les enquêteurs. Elle se dit amoureuse et déclare ne plus vouloir déposer plainte pour les violences.
Lors de l’audience, elle ne s’est pas présentée au tribunal et a donc été représentée par une administrateure ad hoc, une personne désignée par décision judiciaire pour représenter une mineure et l’accompagner le temps de la procédure.
Interpellé, le mis en cause a quant à lui été déféré le 11 décembre 2025 devant le procureur de la République, puis placé sous contrôle judiciaire.
Face à la cour ce lundi 2 février, le prévenu au regard hagard, indique avoir fait la connaissance de Marine en 2024.
Il soutient que la mère de la mineure la prostituait et explique qu’il a voulu « la sortir de la prostitution ».
Il est interrogé par le président de la cour.
« Est-ce qu’on a consommé du stupéfiant ensemble ? Oui c’est vrai, c’est pour pas qu’elle aille se prostituer », lâche-t-il.
Le président poursuit :
« À vous écouter, vous lui rendiez service ».
Le prévenu répond alors, toujours l’air un peu hébété :
« J’étais amoureux, je ne voulais pas qu’elle fasse n’importe quoi. J’ai conscience que ce n’est pas une histoire anodine, mais des fois, les choses sont un peu plus compliquées que ça ».
Sa défense, c’est qu’il fournissait « un cadre » à l’adolescente et qu’il faisait en sorte qu’elle « ne fasse pas de conneries », en l’occurrence de la prostitution, afin de se fournir en drogues.
Interrogé sur les violences décrites le 21 novembre par la victime (tirage de cheveux et arrachage de robe), lui évoque simplement « une bousculade ».
L’administateure ad hoc de la mineure prend alors la parole.
Elle indique avoir rencontré l’équipe éducative qui suit Marine.
La jeune fille a été placée à l’Idefhi en janvier 2025 et était suivie notamment pour des problèmes avec l’alcool.
« Elle a fugué d’août à novembre 2025. Lorsqu’elle est revenue, elle était d’une maigreur extrême et a demandé de l’aide », poursuit la représentante de la victime.
“Elle n’a pas réussi à s’en sortir, le manque est trop important. C’est une jeune avec un mal-être conséquent. Elle a l’impression que son corps ne lui appartient plus.”
Elle explique par ailleurs avoir eu la jeune fille au téléphone il y a une semaine, « elle a minimisé les faits, elle a dit qu’elle était amoureuse ».
Un cercle vicieux destructeur et une relation toxique
L’avocate de la victime prend alors la parole et demande un renvoi pour intérêt civil soulignant que la situation en l’état ne permet pas de chiffrer le préjudice de la victime.
Elle déplore par ailleurs une situation où Jérôme et Marine « n’arrivent pas à rester séparés, malgré un contrôle judiciaire, et c’est extrêmement problématique ».
De son côté, le ministère public soutient que Jérôme participe à maintenir Marine dans ce cercle vicieux destructeur et réclame six mois ferme de prison.
L’avocat du prévenu reconnaît quant à lui « une situation dramatique » et une « relation toxique » mais insiste sur la volonté de son client de vouloir « prendre soin » de Marine.
Citant la victime, il dit :
« Il m’apprend la vie, il m’apprend à cuisiner, il m’a inscrit à la mission locale. Il m’apprend plus que mes parents en 15 ans ».
Il plaide pour une mise en semi-liberté afin d’offrir une transition à Jérôme, désireux de suivre des soins et de se réinsérer.
Après en avoir délibéré, le tribunal de Rouen a finalement déclaré Jérôme coupable des faits qui lui sont reprochés.
Compte tenu de leur gravité et des ses antécédents (neuf condamnations dans son casier), il reçoit la peine de 18 mois de prison dont 12 mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans.
« On marche sur la tête », déclare le prévenu avant d’être raccompagné par les policiers.
*Les prénoms ont été modifiés
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