Recouvrance | Prison avec sursis pour l’agresseur sexuel d’une ado de 13 ans

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Pédocriminel En liberté

Les deux étaient entrés en contact via les réseaux sociaux
Un homme de 20 ans a été condamné ce mardi à 6 mois de prison avec sursis pour agression sexuelle sur une mineure âgée de 13 ans au moment des faits. Les deux étaient entrés en contact sur les réseaux sociaux, à l’insu des parents de la victime.

Un Belfortain de 20 ans a été condamné ce mardi pour une agression sexuelle sur une jeune fille.

L’homme avait 19 ans au moment des faits, la victime 13 ans.

Il écope de 6 mois de prison avec sursis, le tribunal judiciaire de Belfort n’ayant pas beaucoup d’éléments tangibles pour définir la nature précise de l’agression. Les deux étaient entrés en contact via les réseaux sociaux et s’étaient donné rendez-vous un soir à Recouvrance, dans le Territoire de Belfort.

Deux versions qui s’opposent

Nous sommes le 30 décembre, il est presque minuit.

Le prévenu se gare sur un parking de cette commune de 130 habitants. La jeune fille monte dans sa voiture.

Ils s’écrivent depuis deux semaines sur les réseaux sociaux, mais une fois côte à côte, c’est le silence.

L’homme se met à chatouiller l’adolescente, pour “la détendre”, selon lui. Ensuite, les versions s’opposent.

Elle dit qu’elle se retrouve sur lui, qu’ils s’embrassent, et qu’il lui touche les seins, puis l’entrejambe. Elle le repousse.

Lui, nie tout contact inapproprié, reconnaît “un bisou volé” par la jeune fille.

Le président du tribunal monte le ton, insiste :

“Pourquoi donner rendez-vous à une fille de 13 ans sur un parking la nuit ?”, demande-t-il.

“Vous aviez envie d’avoir des relations sexuelles avec elle ?”, renchérit une de ses assesseures.

“Non, pour moi c’était une amie, rien de plus”, répond le prévenu.

Il lui avait pourtant dit par message :

“Si je me déplace, ce n’est pas pour rien”.

Malgré ses contradictions, l’homme maintient sa version, selon laquelle il n’attendait rien de la jeune fille.

N’ayant pas plus de preuves, le tribunal le condamne à 6 mois de prison avec sursis. Il est inscrit au Fjais (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes) et toute activité en contact avec des mineurs lui est interdite pendant 10 ans. Il a également interdiction d’entrer en contact avec la jeune victime, qui est toujours suivie psychologiquement.

Contrôler ce que font les ados sur internet

Cette affaire montre bien à quel point il est difficile pour les parents de surveiller ce que font leurs ados sur internet. Même pour une maman qui se pensait vigilante, impossible de savoir avec qui sa fille discute sur les réseaux sociaux.

“Elle a été prise dans un engrenage qu’elle n’a pas vu venir non plus. On en parle encore aujourd’hui mais c’est compliqué. Elle est suivie psychologiquement parce que ça marque”, déplore la mère à la sortie de l’audience.

Surveillance d’autant plus complexe que les ados sont plus à l’aise que leur parents avec la technologie.

“Les jeunes savent très bien manipuler tous ces réseaux là et s’ils veulent supprimer des messages et éviter que leurs proches et leur entourage n’en prennent connaissance, ils savent très bien comment faire maintenant”, constate Me Laura El Moudni, avocate de la famille de la victime.

Sauf que des messages supprimés, ce sont des preuves en moins. Et sans preuves, les peines sont plus légères. Ici, le prévenu risquait jusqu’à 7 ans de prison et 150 000 euros d’amende.

 

Nicolas Joly
France Bleu Belfort-Montbéliard

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