Saintes | Un trentenaire récidiviste sous contrôle judiciaire enfin incarcéré

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« Les filles auxquelles vous vous adressez ne sont même pas au collège »
Mardi 8 septembre, le tribunal judiciaire de Saintes a condamné Corentin Cartier, 27 ans, à trois ans de prison ferme. Il s’est fait piéger par l’association Team Moore, qui lutte contre la pédocriminalité.

Je ne sais pas.

Une phrase qui revient beaucoup dans la bouche de Corentin Cartier ce mardi 8 septembre devant le tribunal judiciaire de Saintes, en comparution immédiate, présidée par Karima Djemali.

Le Charentais-Maritime de 27 ans doit répondre de plusieurs délits en lien avec des mineurs : sollicitation pour la diffusion de son image à caractère pornographique, corruption de mineur, propositions sexuelles en ligne… entre courant 2026 et le 30 juin 2026…

Jeudi 20 février, le tribunal judiciaire de Saintes a jugé un Charentais-Maritime à qui il était reproché d’avoir demandé des vidéos et photos à caractère sexuel à trois fillettes rencontrées en ligne, de les avoir menacées de les diffuser si elles arrêtaient de lui en envoyer.

C’est un membre de la Team Moore, une association de cybercitoyens, qui luttent contre la pédocriminalité en France, en Suisse et Belgique, qui a piégé cet homme sans emploi. Durant plusieurs semaines, l’un d’eux a imaginé de faux profils de jeunes filles et le prévenu du jour est tombé dans le panneau. La preuve des échanges a ensuite été transmise à la gendarmerie de Saint-Jean-d’Angély, qui l’a appréhendé le 2 juillet dernier.

Discussions très sexualisées

Pourtant, il avait déjà été clairement prévenu par le tribunal judiciaire de Saintes, le 20 février 2025, de ne pas recommencer à approcher en ligne de très jeunes filles et d’avoir des discussions très sexualisées, quémandant des photos.

Avec dix ans de suivi sociojudiciaire, il devait entreprendre des soins. Il n’en a rien été. « Le psychologue à côté de chez moi a refusé et je n’ai pas le permis. »

Cet attrait pour les plus jeunes, c’est pour combler un manque d’affection de ses parents.

La présidente de l’audience insiste pour entendre le mis en cause s’expliquer. En vain. Pourtant, il dit qu’il avait compris la sentence de son précédent procès. Il n’avait écopé que de sursis alors qu’il avait approché trois vraies jeunes filles pour le coup, alors âgées entre 10 et 12 ans, via un salon de discussion en ligne pour enfants et préadolescents.

Pour l’affaire de ce mardi 8 septembre, c’est notamment sur rencontres-ados.net, déjà ciblé cette dernière décennie.

Précarité psychique

« À chaque fois, la personne vous prévenait qu’elle avait 12 ans mais vous engagiez la conversation en des termes très sexualisés », gronde la présidente. Comme, « tu es un peu coquine ou beaucoup ? » ; « tu es trop bonne ! »

« Les filles auxquelles vous vous adressez ne sont même pas au collège », souligne la juge.

Lui reconnaît savoir que c’est mal, mais vu sa mine, il ne semble pas du tout en être convaincu.

« Va falloir arrêter ça et répondre au tribunal. »

Énième silence dans le box des prévenus.

« Mon client vous répond pour faire plaisir, c’est comme ça qu’il est, argumente son avocate Me Legwinski. Cet attrait pour les plus jeunes, c’est pour combler un manque d’affection de ses parents. »

Personne de sa famille n’était présent ce mardi. La dernière expertise psychiatrique fait ressortir une précarité psychique mais ne considère pas de dangerosité chez lui.

Point sur lequel la substitute du procureur n’est pas du tout d’accord.

« Il est dans le déni, je suis très inquiète. »

Plus tôt, elle avait tenté de le faire réagir :

« Vous rendez-vous compte qu’en échangeant un millier de fichiers avec des enfants violés par des adultes, vous contribuez à ça ? »

Il baisse la tête comme s’il venait d’être grondé par sa maîtresse d’école… Pour la substitute du procureur, il est clair qu’il ne comprend toujours pas.

Le tribunal va au-delà des réquisitions du ministère public en le condamnant avec maintien en détention à 36 mois de prison ferme dont 18 mois de révocation de son sursis probatoire, avec interdiction d’activités avec les mineurs pendant dix ans. Le suivi sociojudiciaire pendant 10 ans avec l’obligation de soins continue.

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