Bourgoin-Jallieu | Un prédateur pédophile jugé pour avoir entretenu une centaine de relations virtuelles avec des mineures, il leur réclamait des photos dénudées ou en train de se masturber

Un père de famille avait entretenu pendant près d’un an une relation virtuelle avec une jeune fille de 15 ans. Dans son téléphone, les enquêteurs ont également découvert qu’il entretenait une centaine de conversations avec des mineures, à qui il exigeait des photos dénudées.

Photo d’illustration archives Le DL

« Je voulais juste me sentir désiré… » Bafouillant ses déclarations, ce jeudi à la barre du tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, un père de famille berjallien, poursuivi pour corruption de mineur et diffusion de message pornographique, éprouve les plus grandes difficultés à reconnaître ses penchants pédophiles.

« C’était un moment de ma vie où plus rien n’allait, en pleine rupture sentimentale.

Je me suis coupé du monde ».

Du monde réel, mais assurément pas du monde virtuel comme l’atteste l’enquête.

En juillet 2017, une mère de famille d’une petite commune du Rhône découvre, par hasard, d’inquiétants messages à caractère sexuel dans le téléphone portable de sa fille de 15 ans.

Une plainte est déposée et les gendarmes exhument alors du téléphone de l’adolescente le fil d’une discussion, sur près d’un an, avec un quadragénaire de Bourgoin-Jallieu.

Tout a débuté sur un forum de discussion de jeux vidéo.

Puis ils vont parler musique, et lui déviera rapidement et systématiquement sur le registre sexuel.

Jusqu’à lui proposer de partir en voyage à Londres ou bien de participer à une rencontre à trois dans une chambre d’hôtel afin de « te décoincer », ose-t-il.

À chaque fois, la jeune fille lui rappelle son âge tout en lui disant que ses propos la mettent mal à l’aise.

« Oui, je reconnais tout cela, mais je savais que tout ça ne se ferait pas.

Ça me procurait un certain bien-être.

J’ai honte aujourd’hui de tout cela », admet le prévenu qui dit avoir le plus grand mal à rencontrer des femmes de son âge.

Mais les enquêteurs ont découvert bien plus que cela.

Grâce à l’exploitation de son téléphone et de son ordinateur, ils ont établi que l’homme, qui vivait en couple – contrairement à ce qu’il déclare – entretenait simultanément des discussions avec une centaine de jeunes filles, âgées de 13 ou 14 ans.

À qui il réclamait des photos dénudées ou en train de se masturber.

Ou encore qu’il avait chargé des photos depuis des sites à caractère pédopornographique.

Face à l’insistance du président Devaux, le prévenu finit par lâcher :

« Je sais que j’ai de l’attirance pour les jeunes filles.

Mais je suis allé voir depuis un psychologue ».

Présente à l’audience, la mère de l’adolescente est abasourdie par tant de révélations.

« On avait l’impression que notre fille était en sécurité à la maison…

On est encore choqué aujourd’hui et notre fille a dû être suivie par une psychologue.

Elle n’a plus confiance en elle ».

Pour le ministère public, le prévenu présente « un comportement de prédateur.

Il met en confiance ses victimes, les rassure et parvient à instaurer une emprise.

À deux reprises, il s’est même fait passer pour un mineur de 13 ans.

Ce profil est assez inquiétant ».

Une peine de 5 ans de suivi socio-judiciaire est requise.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 1er juillet.

Source : Le Dauphiné

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