Neufchâtel-en-Bray | Prison ferme pour le grand-père avoir agressé sexuellement sa petite fille

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« Il a mis son zizi entre mes jambes »
Un homme de 61 ans a été jugé à Dieppe le mardi 2 juin 2026, à la suite d’une agression sexuelle commise sur sa petite-fille en 2014 à Neufchâtel-en-Bray. Alors âgé de 49 ans, le grand-père s’était allongé sous la couette de l’enfant de 4 ans, glissant son sexe entre ses jambes. 

Les déclarations de Nina (*) font froid dans le dos. La fillette a 4 ans quand elle subit cette scène, en 2014, à Neufchâtel-en-Bray. Elle en a 11 quand elle témoigne devant des gendarmes, en 2021 :

« Papy s’est déshabillé. Il s’est glissé sous la couette. Il a mis son zizi entre mes jambes. Il m’a embrassée sur la bouche. Il avait sa langue qui entrait dans ma bouche. Il était tout nu. Il m’a enlevé le bas quand il est entré sous la couette »

Ses déclarations conduisent son grand-père par alliance, âgé de 61 ans, devant le tribunal correctionnel de Dieppe le mardi 2 juin 2026.

Nicolas y répond d’« agression sexuelle sur un mineur de 15 ans par un ascendant ».

« Nina a gardé le secret de 2014 à 2021 », explique la présidente, Élodie Quenot. « Elle avait peur de ne pas être crue et de faire du mal à sa mère et à sa grand-mère. »

Rose-Marie Capitaine, avocate de Nina et de sa mère, précise que les révélations font suite à un comportement inquiétant de l’enfant :

« À 10-11 ans, elle va sur des sites pornos pour voir si des adultes ont des rapports sexuels avec des enfants ou ont des rapports sexuels à côté d’enfants. »

La mère de Nina veut comprendre pourquoi sa fille effectue ces recherches. L’enfant parle.

La présidente revient sur la scène vécue par la fillette :

« Elle va dire qu’elle était dans l’incapacité de réagir. Son grand-père lui a dit « chut ! Mamie dort à côté. » Elle va dire qu’elle a eu mal mais il n’y a pas eu de pénétration L’examen gynécologique n’a rien décelé. Nina pleure pendant l’audition. »

À la barre, Nicolas, frêle, le visage émacié et le crâne en partie dégarni, tombe des nues :

« Je suis vraiment surpris par tout ce qui a pu être dit. J’ai toujours eu beaucoup de tendresse et d’affection pour elle, car je n’ai jamais eu d’enfant. »

Il n’a que 61 ans mais s’exprime avec une voix faible, digne d’un homme bien plus âgé.

Il ne nie pas la scène mais la situe un matin :

« C’est vrai que je l’ai prise dans mes bras, que je l’ai embrassée sur la bouche. Mon épouse était partie au travail. J’étais resté avec les deux petits-enfants. J’avais aussi beaucoup d’affection pour son petit frère. Il y a pu y avoir aussi des bisous sur la bouche de son petit frère. »

Il ne voit pas le mal :

« Pour moi, c’était pas une mauvaise chose. C’était un signe d’affection. »

La présidente veut être certaine de ses aveux :

 « Vous avez reconnu que vous avez embrassé Nina sur la bouche et que vous avez eu votre sexe entre ses jambes. »

Il répond encore :

« Pour moi, c’était de l’affection… »

À partir de 13 ans, j’ai été abusé par le fils des voisins

déclare Nicolas, Le prévenu.

La juge bondit :

« C’est de l’attirance sexuelle Monsieur ! Ce n’est pas de l’affection ! Vous étiez en train de combler à ce moment-là un désir sexuel. À 4 ans, on n’a pas à sentir un sexe en érection ! »

Par sa réponse, Nicolas, qui avait 49 ans au moment des faits, a le don d’agacer la magistrate :

« J’aimais profondément Nina. C’était l’enfant que je n’ai jamais eu. Ce n’était pas n’importe quel enfant. C’était ma petite-fille ! »

« On ne touche pas à un enfant, Monsieur ! C’est un interdit fondamental de notre société. »

La magistrate lui demande :

« Est-ce que vous reconnaissez une agression sexuelle sur votre petite-fille ? »

« Je ne l’ai pas fait dans ce sens-là », rétorque de sexagénaire.

Son passé est exploré, pour tenter de comprendre sa déviance :

« Quand j’avais une dizaine d’années, une tante que j’adorais m’embrassait sur la bouche. Pour moi c’était le bonheur. C’était comme être dans le monde des grands. Mais à partir de 13 ans, j’ai été abusé par le fils des voisins de mes parents. Il était plus vieux que moi. Je n’ai pas déposé plainte car j’ai eu peur. »

La présidente veut lui faire comprendre que Nina, aujourd’hui âgée de 16 ans et présente dans le prétoire, aimerait qu’il reconnaisse clairement le délit :

« Vous auriez aimé que votre voisin reconnaisse les faits à l’époque ? »

Il répond oui, en s’essuyant les yeux.

Nina ne cherche pas à grossir le trait. Elle témoigne à la barre :

« Il n’y a pas eu d’autre scène dans le lit. Mais il y a eu d’autres bisous sur la bouche. »

Le grand-père est inséré :

« Je travaille depuis novembre 1986 dans la même entreprise. Je pourrai prendre ma retraite dans un an ou deux. »

L’examen de sa personnalité dessine un homme peu pudique, ayant de forts besoins sexuels à l’époque. Un homme « qui n’est pas déficient, n’a pas de pathologique mentale ni de tendance pédophile. »

Il est séparé de son épouse depuis 2017. Son casier judiciaire est vierge.

Me Capitaine affirme qu’« à 11 ans, il y a des choses qui ne s’inventent pas. Nina dit :

« j’étais plus là. J’ai vu son zizi. Il était gros et poilu. »

Elle n’avait jamais vu le sexe d’un homme. À l’époque, Monsieur était plein de vigueur.

La substitut du procureur, Diane Arbus, souligne que le grand-père encourt 10 ans de prison.

S’agissant d’un fait isolé et ancien, elle requiert pour l’essentiel 4 ans de prison dont 3 ans assortis d’un sursis probatoire durant 2 ans.

Sylvie Amisse-Duval, pour la défense de Nicolas, annonce qu’il « est sous curatelle renforcée. Il s’est marié avec la grand-mère de Nina. »

La bâtonnière apprécie la sincérité de l’enfant devenue adolescente :

 « Elle ne grossit absolument pas le trait. Elle le dit, « c’est arrivé une fois ».

Il avait beaucoup d’affection pour elle. Monsieur ne conscientise pas parce que sa tante lui donnait des baisers comme ça. Elle lui disait que c’était comme ça qu’on marquait son affection. Lui aussi a été victime. Ce n’est pas une excuse. À 13 ans il a été violé.

L’avocate estime qu’« avec la curatelle renforcée, vous jugez un enfant, finalement. L’expert dit que ce n’est pas un pédophile. La peine demandée est excessive si l’on tient compte de tout cela. »

Le tribunal condamne Nicolas à 3 ans de prison dont 1 an ferme. Le juge de l’application des peines décidera des modalités d’exécution des 12 mois ferme.

Il doit se soigner, ne plus contacter Nina et lui verser 5000 € de dommages et intérêts, plus 800 € pour ses frais de justice.

Il n’a pas le droit d’exercer une activité en présence de mineurs pendant 10 ans. Son nom va être inscrit au fichier des délinquants et criminels sexuels.

(*) Le prénom de la victime a été changé.

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