Gournay-en-Bray | Un père handicapé accusé de gestes incestueux sur sa fille déficiente

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Une mission délicate pour le tribunal correctionnel
Le tribunal correctionnel a Dieppe a reçu la délicate mission de juger un homme handicapé, suspecté de gestes incestueux sur sa fille, elle-même victime d’un syndrome affectant ses facultés. Le tribunal a considéré qu’il existait un doute.

Le tribunal correctionnel de Dieppe est amené à juger une triste affaire, le 28 avril 2026.

D’un côté, une jeune fille de 13 ans, absente au procès mais soutenue par sa mère et par l’association dieppoise d’aide aux victimes.

De l’autre un homme de 54 ans, père de l’enfant, jugé pour « agression sexuelle incestueuse sur une mineure de moins de 15 ans, entre le 1er février 2018 et le 1er novembre 2023, à Gournay-en-Bray. »

La fillette avait à l’époque entre 4 ans et demi et 10 ans.

Le dossier est d’autant plus lourd que les parents et leur fille se trouvent en situation de handicap.

Léa (*) souffre du syndrome de Malan, hérité de sa maman.

Au moment où elle est interrogée par les gendarmes :

« Elle à un niveau scolaire CP (cours préparatoire) alors qu’elle va avoir 11 ans », indique le président. Par ailleurs, il s’agit d’une « petite fille joyeuse et spontanée. »

« J’ai rien fait »

Léa est placée dans une famille d’accueil.

« Elle a fait des déclarations laissant entendre que vous lui avez touché le sexe en dessous de sa culotte », rapporte le président au prévenu.

« Moi j’ai rien fait ! » jure le papa.

Il ajoute :

« Pour moi, c’est parce qu’elle a regardé des petits garçons faire pipi qu’elle m’accuse. »

Le juge lui fait comprendre qu’aucun rapport n’existe entre ces deux faits.

« C’est vrai, c’est pas la même chose. Mais moi j’ai pas touché ma fille. »

Le président reprend donc le dossier :

« Léa a eu beaucoup de mal à en parler. »

Elle a dit :

« Papa il m’a monté dessus. Il m’a montré son zizi. »

Le père apparaît sous le choc :

« C’est faux. Si c’était vrai, je l’aurais avoué. »

L’alerte initiale découle de propos sexualisés tenus par la fillette à un garçon.

« Elle lui a dit « je vais te sucer le zizi », relate le président.

Le dossier révèle que Léa et l’autre petit se sont mutuellement pris en photo nus.

« Au début la procédure a été enregistrée sur des faits de viols », déclare déclare Michaël Bouraya, Vice-procureur à Dieppe

L’avocat de la mère souligne que « d’un côté elle a son mari qu’elle aime. De l’autre, elle admet que sa fille a été victime d’une agression sexuelle par Monsieur. »

Pour l’avocate de la victime présumée, « Léa est dans l’incapacité d’intellectualiser quelque chose et d’inventer un stratagème. » Donc elle dirait vrai.

Le vice-procureur annonce qu’« au début, la procédure a été enregistrée sur des faits de viols. Vous avez le comportement et les propos d’une enfant qui prouvent que les faits se sont produits. »

Le ministère public fait notamment référence aux « larmes qui coulent sur sa joue à l’évocation de certaines scènes.

Il requiert essentiellement 8 mois de prison avec sursis.

Pour l’avocate du père, « Léa a peur de son papa depuis l’épisode d’une douche. Il l’a attrapée et déshabillée pour la mettre sous la douche. »

Pour le reste, « ses déclarations ont été extorquées. »

Elle sort une phrase de l’enfant qui plaide pour son client :

« Quand on demande à Léa si on lui a déjà touché les parties intimes, elle dit « oui à l’école » ».

Elle ajoute :

« Quand elle déclare « il m’a montré son zizi et s’est allongé sur moi », elle ne parle pas de son père. Cette petite fille a des traits autistiques, une hypersensibilité. La première fois qu’on l’auditionne, elle dit « il est déjà arrivé un truc, à l’école. » »

Pour la défense, le handicap de l’enfant comme ceux de ses parents ne permettent pas de condamner le quinquagénaire, « qui a un véritable attachement pour son enfant. » Il pleure.

Au terme d’un procès éprouvant, le tribunal décide de relaxer cet homme.

(*) Le prénom de l’enfant a été changé.

 

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