Gers | Disparition de Lyhanna à Fleurance
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 03/06/2026
- 09:59
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Complément du 5 juin 2026
Alors que la jeune Lyhanna restait introuvable mercredi 3 juin après six jours de recherches dans le Gers, de nouvelles révélations sont venues alourdir le passé trouble du suspect Jérôme Barella, visé par trois plaintes pour viols sur mineures, dont une classée sans suite et une autre remontant à août dernier. Des antécédents qui mettent en cause l’efficacité de l’appareil judiciaire, alors que le ministre Laurent Nuñez a annoncé le lancement d’une enquête administrative.
Comment a-t-on pu en arriver là ? Cette question brûle certainement les lèvres des parents de Lyhanna, des habitants de Fleurance, du Gers et même bien au-delà, tant cette tragédie bouleverse aujourd’hui tout un pays.
Aperçue pour la dernière fois à la sortie du collège le vendredi 29 mai, la jeune fille de 11 ans était encore introuvable hier soir, après six jours de recherches intensives coordonnées par le colonel Philippe de Laforcade. Les moyens mobilisés – près de 180 hommes, assistés depuis hier d’une cinquantaine de chasseurs – sont colossaux à l’échelle du département et traduisent l’investissement total dont font preuve les autorités pour retrouver la trace de Lyhanna.
Mais aujourd’hui, l’efficience du système judiciaire est pointée du doigt : comment Jérôme Barella, le principal suspect, a-t-il pu passer entre les mailles de son filet ?
C’est précisément ce qui interroge le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui a annoncé hier le lancement d’une enquête administrative “pour identifier d’éventuels dysfonctionnements” sur le dossier de Jérôme Barella. Au-delà des nombreux témoignages recueillis depuis vendredi évoquant son comportement douteux avec les mineures, l’homme de 41 ans était ainsi connu de la justice depuis plus de huit ans, comme l’a confirmé hier la procureure de la République Clémence Meyer, à l’occasion d’un point presse tenu au tribunal d’Auch.
En un peu plus de huit minutes, elle a balayé le lourd passé du suspect, mis en examen lundi et placé depuis hier à l’isolement dans une prison de Mont-de-Marsan (Landes). Les faits reprochés sont accablants. Un premier renseignement judiciaire datant de 2017 fait mention d’une relation entretenue par Jérôme Barella avec une jeune fille de 17 ans, dénoncée par sa mère à la gendarmerie. L’affaire avait été classée sans suite l’année suivante par le parquet d’Auch.
“Au regard de l’âge de l’adolescente, aucune infraction n’était susceptible d’être caractérisée”, a déclaré Clémence Meyer.
Une autre procédure fera l’objet d’un classement sans suite : une plainte pour viol sur une mineure de moins de 15 ans déposée en 2022 à Béthune (Pas-de-Calais), pour des faits commis en 2020 à Montestruc-sur-Gers, au domicile du suspect.
“Les actes d’enquête diligentés, notamment le rapport d’examen médico-légal, l’examen psychologique et les témoignages recueillis n’ont pas permis d’étayer suffisamment ces déclarations”, a indiqué la procureure, tout en précisant que “l’infraction était insuffisamment caractérisée”.
À ces procédures s’ajoutent deux autres plaintes pour viols sur mineure de moins de 15 ans : l’une déposée hier à la gendarmerie d’Auch et l’autre datant de plus de huit mois. Déposée fin août 2025 à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch, celle-ci s’est retrouvée sur le bureau du parquet d’Auch en octobre suite au dessaisissement du parquet de Toulouse. La procédure a été par la suite adressée par le parquet à la gendarmerie de Lectoure en janvier 2026.
Et puis : plus rien, ou pas grand-chose.
“Il était prescrit à l’issue de ces actes d’enquête un placement en garde à vue du mis en cause pour audition”, a pourtant rappelé Clémence Meyer.
“Une problématique structurelle dans notre pays”
Face aux journalistes hier, la procureure de la République n’a pas tenu à faire d’autres déclarations et n’a pas souhaité répondre aux questions, notamment sur l’absence d’audition du mis en cause entre le 23 janvier et le 29 mai, date de la disparition de Lyhanna. Elle n’avait par ailleurs pas évoqué la plainte pour viol déposée en août 2025 lors de sa première conférence de presse, dimanche.
De nombreuses questions restent donc en suspens et jettent le trouble sur l’efficacité de la justice. Dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le député LIOT du Gers David Taupiac réclamait hier la lumière sur “de possibles dysfonctionnements judiciaires”. “Cette affaire est révélatrice d’une problématique structurelle dans notre pays liée à la prise en charge des plaintes pour violences sexuelles”, a-t-il ajouté après avoir pris connaissance de l’enquête administrative lancée par Laurent Nuñez.
Le maire de Fleurance Grégory Bobbato enfonce le clou :
“Les enfants sont victimes deux fois : de criminels pédophiles d’abord, et d’un système qui les écrase par sa lenteur ensuite”.
Plongés dans la détresse et “la plus grande inquiétude” depuis vendredi, selon les mots de leur avocat François Roujou de Boubée, les parents de Lyhanna assurent malgré tout garder “foi en l’institution judiciaire” après avoir pris connaissance des procédures visant Jérôme Barella. Mais pour combien de temps ?
Source : La Dépêche
Interview -«La justice ne priorise ni les investigations ni la protection des enfants»
La justice : a-t-elle été trop lente à instruire la plainte de 2025 contre Jérôme B. ?
Carine Durrieu Diebolt, avocate spécialisée dans le traitement des droits des victimes de violences sexuelles, déplore que les
«Affaires concernant les violences sexuelles commises sur les enfants et les femmes ne soient pas encore traitées comme une priorité nationale».
Cette ancienne membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants dénonce en particulier le «manque de moyens» de la justice. D’après les statistiques de la Chancellerie (https://www.justice.gouv.fr/documentation/etudes-et-statistiques/violences-sexuelles-atteintes-aux-moeurs-decisions-du-parquet-linstruction), l’instruction dans ces dossiers est d’une durée moyenne de vingt-neuf mois, soit près de deux ans et demi.
Jérôme Barella est visé depuis près de dix mois par une plainte pour viols sur mineures. Il n’avait jusqu’ici pas encore été entendu par la justice. Pourquoi ?
Carine Durrieu Diebolt : Il s’agit clairement d’un dysfonctionnement de la justice française. Les enquêtes sont beaucoup trop lentes dans les affaires de violences sexuelles commises sur les mineurs, et ne permettent pas de les protéger. Les familles de victimes sont dans un parcours de déshérence lorsqu’elles portent plainte. La carence dans cette affaire est d’autant plus grave qu’il est père de famille, et que des comportements sexistes et sexuels avaient été dénoncés dans le cadre de son travail.
Le mis en cause a deux enfants. Pourquoi aucune mesure de protection les concernant n’avait été mise en place depuis l’été 2025 ?
Carine Durrieu Diebolt : Tout simplement parce que Jérôme Barella n’avait jamais été auditionné par les enquêteurs. Et que pendant le temps de cette enquête préliminaire, le suspect mène une vie normale. Lui-même n’est pas au courant de la plainte, tout comme ses proches, pour éviter la disparition de preuves. Dans cette affaire, la femme de Jérôme Barella ne savait donc sans doute pas que des plaintes avaient été déposées pour violences sexuelles contre lui. Elle ne pouvait donc pas non plus protéger leurs enfants.
Les mesures de protection ne sont mises en place qu’à partir du moment où le suspect est présenté à un juge d’instruction. C’est pour remédier à cette carence que certaines associations demandent la création d’une ordonnance de protection pendant l’enquête en urgence.
Comment expliquer que ces enquêtes n’aient pas abouti ?
Carine Durrieu Diebolt : L’affaire concernant Jérôme Barella n’est pas une exception. Et c’est ce qui est le plus grave. Les enquêtes peuvent prendre des mois et des mois, voire des années. Et pendant ce temps, l’agresseur présumé peut réitérer des infractions et commettre de nouvelles agressions sexuelles et des viols. En résumé, en France, le temps de l’enquête n’est pas le temps de la protection des enfants.
Les enfants victimes de violences ne sont donc pas la priorité de la justice ?
Carine Durrieu Diebolt : Malheureusement, non. La justice ne priorise ni les investigations, ni la protection des enfants. C’est l’écueil de ce type de procédures. Or on sait que statistiquement, les affaires de violences sexuelles sont à fort risque de récidive : les agresseurs ne se contentent pas d’une seule victime. Dès lors qu’il y a un signalement concernant un prédateur sexuel, on devrait donc en réalité traiter l’affaire en urgence. Mais ce n’est aujourd’hui jamais le cas.
Pour quelles raisons ?
Carine Durrieu Diebolt : Il y a d’abord le manque de moyens de la justice, bien évidemment. Les violences sexuelles faites aux enfants sont le parent pauvre de la justice française. En avril 2025, la Cour européenne des droits de l’homme a même condamné la France pour carences de l’Etat dans certains dossiers, et notamment en raison de la lenteur de la procédure. Un exemple pour illustrer ces failles : en matière d’enquête sur les violences sexuelles, la mise sur écoute de l’agresseur n’est quasiment jamais mise en place. Cela relève de l’exception. Or cela nous permettrait d’avoir des preuves avant une garde à vue. Dans une enquête pour stupéfiants, les écoutes sont à l’inverse beaucoup plus répandues.
Ces affaires concernant les violences sexuelles commises sur les enfants et les femmes ne sont pas encore traitées comme une priorité nationale. Les moyens déployés ne sont pas du tout les mêmes que dans le cadre des enquêtes pour trafic de stupéfiants ou à la suite de manifestations, comme lors de la finale de la Ligue des champions du PSG. Les enquêtes médiatiques permettent parfois de palier ces manquements de l’Etat. Ce sont les journalistes qui en viennent à faire le travail de la justice dans certaines affaires, comme dans le cas du périscolaire à Paris.
Source : Libération
Article du 3 juin 2026
Nous n’avons pas les mots… nous avons un exemple supplémentaire qui met en évidence les lacunes de la justice.
La Procureure d’Auch, madame Clémence Meyer, nous a informé, le 3 juin, des antécédents judiciaires du principal suspect, Jérôme Barella.
Il a fait l’objet de plusieurs plaintes :
Une plainte déposée en 2022, pour viol sur une mineure commis en 2020. Cette mineure n’avait que 7 ans au moment des faits. Cette plainte a fait l’objet d’un classement sans suite en mai 2024.
Puis, il était visé par une plainte pour viol sur mineure depuis le mois d’août 2025. Ce dernier n’a jamais été entendu dans le cadre de cette affaire. De plus, quand la mère demandait aux gendarmes où en était la procédure, elle était menacée par le gendarme qu’elle serait poursuivie pour harcèlement. C’est de cette façon que les parents des victimes sont traités.
Malgré les antécédents judiciaires, malgré ce viol commis en 2020, l’enquête préliminaire pour cette nouvelle plainte était au ralenti.
Il y a deux cas de figure : Classement sans suite à la vitesse de la lumière en 1 mois, sans perquisition avec une simple audition de la personne visée ou des enquêtes qui s’éternisent, toujours sans perquisition, et il ne se passe rien. Jusqu’à ce qu’un nouveau drame se produise.
Article du 3 juin 2026 :
Le quadragénaire a fait l’objet d’une mise en examen et a été placé en détention provisoire lundi 1er juin dernier pour “enlèvement et séquestration d’une mineure de moins de 15 ans”.
En parallèle, les recherches se poursuivent dans le Gers pour tenter de retrouver la jeune Lyhanna, 11 ans. Près de 180 hommes sont mobilisés par la gendarmerie, qui reçoit également le soutien des sapeurs-pompiers du Gers, mais aussi des chasseurs et de clubs équestres. La Dépêche du Midi vous propose de suivre l’évolution de la situation dans ce direct.
07h17.
Les recherches se poursuivent dans le Gers pour tenter de retrouver la jeune Lyhanna
Les recherches se poursuivaient à Fleurance et dans les environs pour retrouver Lyhanna. Près de 180 hommes sont mobilisés par la gendarmerie, qui reçoit également le soutien des sapeurs-pompiers du Gers, mais aussi des chasseurs et de clubs équestres. Le colonel Philippe de Laforcade continue de coordonner les opérations : “Le temps joue contre nous mais ça n’entame pas notre détermination.”
07h11.
Une enfant de 10 ans violée, le suspect jamais entendu… ce que l’on sait de la plainte qui vise Jérôme B.
L’affaire de la disparition de Lyhanna, adolescente de 11 ans portée disparue dans le Gers depuis le vendredi 29 mai, prend une nouvelle tournure ce mardi 2 juin. En effet, selon des informations dévoilées par BFMTV et que nous sommes en mesure de confirmer, l’homme soupçonné de l’enlèvement de la collégienne faisait l’objet d’une plainte pour viols sur mineure depuis plusieurs mois. Le parquet de Toulouse nous a indiqué avoir eu connaissance de la procédure au mois d’octobre, bien que la plainte eût été déposée deux mois auparavant, le 22 août 2025, par la mère d’une fillette de 10 ans à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne). Début novembre, le parquet de Toulouse s’est alors dessaisi de la procédure, les faits dénoncés s’étant déroulés près d’Auch, à Montestruc-sur-Gers.
07h10.
“Il a toujours été sérieux…” Jérôme B., un “monsieur Tout-le-Monde” au comportement douteux avec les mineures
Mis en examen et placé en détention provisoire depuis lundi pour “enlèvement et séquestration d’une mineure de moins de 15 ans”, Jérôme B. est décrit comme un homme “souriant”, “poli” et “sérieux” par plusieurs personnes qui l’ont croisé dans la rue ou côtoyé au travail. Son comportement avec les mineures pose pourtant question alors qu’une plainte pour viol a été déposée contre lui en août dernier.
Source : La Dépêche
Dans l’affaire de la disparition de Lyhanna, 11 ans, on en sait plus sur le profil du principal suspect. Âgé de 41 ans, il est le père d’une amie de Lyhanna. Il avait déjà eu des comportements déplacés. Les enquêteurs s’intéressent aux dernières heures qui ont suivi la disparition de la fillette.
Jusqu’ici, il garde le silence et nie son implication dans la disparition de Lyhanna , 11 ans. Il est pourtant le principal suspect. Jérôme Barrella, 41 ans, est père de deux enfants. Il est mis en examen pour enlèvement et séquestration, car il est le dernier à avoir été vu avec la petite fille vendredi 29 mai.
À 15h05, après l’avoir récupérée au collège, il est filmé par la vidéosurveillance de la commune de Fleurance (Gers), la transportant dans sa voiture. Il dit l’avoir déposée aux abords de la piscine, or, cette dernière était fermée ce jour-là, et ses propos sont jugés incohérents par les enquêteurs.
Plus de trois heures après, entre 18h30 et 20h, il est aperçu par plusieurs témoins à la fête de l’école de sa plus jeune fille, dans le village voisin de Montestruc-sur-Gers.
“Le suspect était présent à la fête de l’école pour la bonne raison que sa fille participait au spectacle”
, indique Anne-Marie Pisoni, maire (SE) de Montestruc-sur-Gers.
“Mon fils, lui, l’a vu, il prenait la vidéo avec son téléphone, il était tout souriant”
, indique un homme. Une attitude a priori sereine.
Déjà signalé pour comportement inapproprié
Mais peu après, à 20h30, il retourne à Fleurance alerter les parents d’une amie de Lyhanna de sa disparition.
“Le téléphone de mon conjoint a sonné. Il m’a dit : “C’est Jérôme. Je le rappellerai après.“ Il a insisté plusieurs fois et, à 8h15, 8h30, on a entendu sonner à la maison et c’était lui. Il nous a dit : “La petite Lyhanna a disparu. Vous ne l’avez pas vue”
, rapporte Audrey Portalié, maman d’une amie de Lyhanna.
Le suspect demande, selon elle, si Lyhanna a pu fuguer, mais ne lui dit pas l’avoir emmenée dans sa voiture quelques heures plus tôt. Plusieurs témoins disent ensuite l’avoir vu participer aux premières battues avant son interpellation samedi 30 mai.
Jérôme Barrella est désormais au cœur de l’affaire, lui qui faisait déjà en 2021 l’objet d’un signalement. Alors qu’il travaillait dans plusieurs lycées du département, il a été renvoyé à cause d’un comportement jugé inapproprié avec une élève.
Mardi 2 juin au soir, dans un communiqué, ses avocats rappellent que l’homme de 41 ans est présumé innocent.
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