Grenoble | Octogénaire écroué pour viols sur mineurs et agressions sexuelles

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J. Leveugle a consigné ses hauts faits en quinze tomes, sur clé USB
Un homme de 79 ans écroué en 2024 pour des viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs a également reconnu les meurtres de sa mère et sa tante, a annoncé ce mardi 10 février le procureur de Grenoble. Il a aussi lancé un appel à témoins pour que d’autres victimes se manifestent.

Un homme de 79 ans a été mis en examen et écroué en 2024 pour des viols et agressions sexuelles aggravés commis sur 89 mineurs entre 1967 et 2022, a annoncé ce mardi 10 février le procureur de Grenoble.

Le suspect, un personnage particulièrement complexe, aimait à se présenter comme un «boy-lover», terme qu’il jugeait plus joli que pédéraste.

Le nombre de victimes a été établi à partir d’écrits compilés dans une clé USB par le septuagénaire qui évoque des rapports sexuels sur des mineurs âgés de 13 à 17 ans, a précisé le procureur Étienne Manteaux lors d’un point presse.

Les faits auraient été commis en Allemagne, Suisse, Maroc, Niger, Algérie, Philippines, Inde, Colombie et Kanaky-Nouvelle-Calédonie, où il était éducateur, a-t-il détaillé.

La clé USB sur laquelle des documents écrits ont été enregistrés par le septuagénaire a été découverte par son neveu qui se questionnait sur la vie affective et sexuelle de son oncle, a ajouté Étienne Manteaux. Il s’agit d’un document de « 15 tomes, une matière très dense », a-t-il précisé, de mémoires dans lesquels il apparaît que l’homme s’était livré pendant des décennies à des rapports sexuels avec des garçons mineurs.

Le mis en cause, «cultivé et charismatique», prenait ces jeunes sous son aile et procédait par «séduction intellectuelle du mineur et (pour le) côté sexuel, l’approche se faisait ensuite par le rire».

Il se voyait «comme un Grec antique formant de jeunes éphèbes», rapporte Etienne Manteaux.

«Il n’y a jamais eu de violence commise. On est vraiment sur des contraintes morales», a renchéri le colonel Serge Procédès.

Le magistrat a indiqué que le nom de Jacques Leveugle, né en 1946 à Annecy,

«Doit être connu parce que l’objectif est de permettre à d’éventuelles victimes de se manifester».

L’homme a aussi reconnu deux meurtres

Dans ses mémoires, l’homme, mis en examen en février 2024 pour des viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs, écrit avoir volontairement donné la mort à deux personnes, a indiqué le procureur.

L’homme a reconnu au cours de l’enquête avoir étouffé à l’aide d’un coussin sa mère cancéreuse en phase terminale dans les années 1970, puis sa tante, âgée de 92 ans, dans les années 1990, de la même manière, a précisé Étienne Manteaux.

Concernant sa tante, « parce qu’il devait repartir dans les Cévennes et qu’elle le suppliait de ne pas partir, il a fait le choix de lui donner la mort également et donc profitant de son sommeil a pris un coussin et l’a étouffée », a relaté le procureur.

Une enquête distincte de celle sur les viols et agressions sexuelles a été ouverte pour ces deux faits  là aussi tout à fait reconnus et admis par le prévenu qui

«Légitime son passage à l’acte en considérant qu’il aimerait bien qu’on lui fasse la même chose s’il se trouvait dans cette situation de fin de vie », a indiqué cette même source.

Le temps presse

Dans le dossier des viols et agressions, à ce jour environ 150 personnes ont été entendues et l’appel à témoins vise à consolider le parcours de vie de Jacques Leveugle.

Il sert aussi à aller chercher les victimes non identifiées, qui n’apparaissent pour certaines que par leur nom ou prénom, notamment les faits qui ont été commis en Nouvelle-Calédonie entre 1983 et 1985, a expliqué le colonel Procédès.

Car de fait, le temps presse, a souligné le procureur, évoquant l’âge du mis en cause mais aussi les questions de prescription pour les crimes sexuels dont il est soupçonné (20 ans après la majorité jusqu’en 2018 et 30 ans depuis) et qui excluraient ainsi a priori les faits commis avant 1993.

«Si des victimes souhaitent se manifester, qu’elles le fassent maintenant, parce qu’il faudra, dans l’année 2026, clôturer cette information judiciaire si on veut effectivement pouvoir juger dans des délais raisonnables», a conclu Etienne Manteaux.

 

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