Quebec | Un éducateur jugé dangereux placé en détention provisoire

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Une décision qu’on aimerait voir appliquer en France
Il a été éducateur dans une vingtaine de garderies. Il habitait à 100 mètres d’une école primaire… et il était le pédophile le plus actif du Québec dans les bas-fonds du web. Un Montréalais arrêté avec du matériel illégal « jamais vu » restera derrière les barreaux en raison de sa dangerosité.

Jeudi au palais de justice de Montréal, la juge Isabelle Charles souligne :

« La présence d’un gros bac de jouets d’enfant dans sa chambre à côté de son lit est un détail glaçant qui démontre une obsession continue et active envers les enfants »

La magistrate de la Cour du Québec a refusé de libérer Jonathan Malouin pendant le processus judiciaire. Le Montréalais de 40 ans a été accusé le mois dernier de plusieurs chefs d’accusation relatifs à du matériel d’abus et d’exploitation pédosexuels (anciennement de la pornographie juvénile). Il risque une peine importante.

La preuve présentée à l’enquête sur sa mise en liberté brosse le portrait d’un véritable prédateur. Un homme qui a déjà agressé une fillette de 4 ans dans une garderie, et qui a travaillé comme remplaçant dans une vingtaine de garderies et de centres de la petite enfance (CPE) en 2011.

Un homme qui habitait à deux pas d’une école primaire dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Jonathan Malouin était visiblement une figure importante sur les groupes pédophiles en ligne. Il était même classé au premier rang des « partageurs » de matériel d’abus d’enfants au Québec, selon la preuve. Il a partagé sur un forum 12 histoires inspirées en partie par des faits réels et des enfants de son voisinage. Ce qui démontre une « idéation et une planification inquiétante », selon la juge.

« L’expression de ses préférences pour les très jeunes enfants est particulièrement préoccupante », affirme la juge Charles.

Dans un troublant échange avec un autre prédateur, Jonathan Malouin prône la décriminalisation de la pédophilie. Il se plaint que les pédophiles sont victimes d’une « chasse aux sorcières ». Il confie à son interlocuteur être particulièrement attiré par une fillette de son entourage. Ses propos sont choquants.

« Danger évident » de récidive

Jonathan Malouin détenait une quantité « phénoménale » de fichiers pédosexuels. Un enquêteur d’expérience les a qualifiés de « jamais-vu », relate la juge. Il est question de dizaines de milliers de fichiers d’une « brutalité et d’une perversité extrêmes », montrant des actes de bestialité et des enfants ligotés.

« L’utilisation de moyens sophistiqués pour masquer son activité en ligne et le partage de conseils pour éviter la détection souligne une conduite délibérée et un désir de continuer ses activités illicites », ajoute la juge.

Jonathan Malouin souhaitait demeurer chez sa mère pendant tout le processus judiciaire. Or, ce plan de sortie n’était pas suffisant pour protéger le public. Car l’accusé présente un « danger évident » de récidive s’il est mis en liberté, selon la juge. De plus, la probabilité de condamnation est « accablante ».

L’accusé présente un profil « très inquiétant », selon la juge. Il a déjà agressé une enfant dans le passé. Il tente délibérément de se placer dans des situations de confiance auprès d’enfants et il s’automédicamente avec du cannabis au lieu de chercher de l’aide professionnelle, énumère la juge.

Également, la libération de Jonathan Malouin viendrait miner la confiance du public dans le système judiciaire, estime la juge.

« Le Tribunal considère que votre mise en liberté représente un trop grand risque et qu’il y aurait des probabilités trop marquées que vous puissiez récidiver, donc vous en prendre à des personnes vulnérables », a conclu la juge en s’adressant à l’accusé, présent par visioconférence.

Me Catherine Sheitoyan a représenté le ministère public.

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