Arbérats-Sillègue | En appel un retraité pedo prend 18 mois ferme pour agression sexuelle

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“Il a déjà fait 8 mois de détention provisoire, il ne lui en reste que dix”
L’homme de 79 ans, bénévole à la mairie d’Arbérats-Sillègue, au Pays basque, accueillait dans son jardin les enfants de l’école voisine dans le cadre d’activités périscolaires. Il a été condamné à 18 mois de prison ferme pour l’agression de deux petites filles.

Gérard Vincent, un ancien conseiller municipal de 79 ans, a été condamné par la cour d’appel des Pyrénées-Atlantiques, ce jeudi 18 juin, à cinq ans d’emprisonnement dont 18 mois ferme qui pourraient être aménagés pour avoir agressé sexuellement deux fillettes de 7 et 8 ans, dans le village d’Arbérats-Sillègue.

Il avait fait appel de sa première condamnation en septembre 2024 (cinq ans de prison dont trois avec sursis) dans le but d’obtenir une peine moins sévère, demandant une détention à domicile « en raison de son grand âge et de son état de santé dégradé », avait plaidé son avocat Me Lionel Bounan. L’homme souffre notamment d’un cancer.

C’est précisément ce que voulaient éviter les familles des victimes, défendues par Me Sandrine Larié, qui réclamaient un éloignement du département et un passage par la case prison. La mère d’une des fillettes avait exprimé à « Sud Ouest » ses craintes de voir le pédocriminel « toujours habiter à deux pas de l’école où les faits se sont déroulés ».

Il a pu rester dans son logement social tout au long de la procédure (depuis 2022), car aucune exécution provisoire de sa première peine n’avait été prononcée, malgré l’obligation de quitter la commune.

Dans son nouveau jugement, la cour d’appel a prononcé une interdiction de paraître à Arbérats-Sillègue et dans les communes de Saint-Palais, Etcharry et Arbouet-Sussaute, ainsi qu’une interdiction d’exercer toute activité en lien avec des mineurs. La cour n’a pas prononcé d’aménagement sur la partie ferme, s’en remettant au juge d’application des peines.

« Il a été reconnu coupable, c’est une bonne chose, mais la peine n’est pas suffisante. Il a déjà fait 8 mois de détention provisoire, il ne lui en reste que 10 mois. Sur l’éloignement, je suis déçue car il pourra toujours se réinstaller dans une autre commune voisine. Ma fille risque toujours de le recroiser. J’espère une aide de la commune d’Arbérats pour que cette personne parte d’ici », a réagi la mère de famille.

Me Lionel Bounan assure que son client va désormais « déménager » et respecter ses obligations.

Activités périscolaires

Le retraité, ancien conseiller municipal dans la commune, accueillait les enfants dans son jardin, dans le cadre de temps d’activités périscolaires en tant que bénévole pour la mairie. C’est dans ce contexte qu’il avait agressé sexuellement deux écolières en 2017 et 2018.

Il avait invité les fillettes autour ou dans sa voiture pour faire semblant de conduire, « actionner les essuie-glaces et les phares ». Il leur demandait ensuite de passer la main dans son pantalon pour lui caresser le sexe.

« Soit il caressait, soit il mettait les doigts. Il me disait de n’en parler à personne », racontait l’une des victimes aux enquêteurs.

Une expertise psychiatrique a relevé une tendance pédomane. L’exploitation de son ordinateur montrait une grande consommation d’images pédocriminelles.

Sa propre fille avait témoigné aux enquêteurs des baisers sur la bouche, « avec la langue ». Lors de l’audience en appel, le 28 avril, l’homme avait reconnu les faits, demandé pardon aux victimes et exprimé des regrets. Le parquet avait requis cinq ans de prison dont 18 mois ferme, avec un aménagement de peine possible.

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