Brive | Un an de bracelet pour un septuagénaire pédo
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
oui
Pédocriminel En liberté
- 26/06/2026
- 21:28
Quand cette mère était venue chercher sa fille chez son voisin, ce 5 juillet 2022 à Brive, elle a tout de suite compris que quelque chose n’allait pas. Son enfant, âgée de 6 ans, restait cachée sous la table et au moment de partir, cet ami qui la gardait régulièrement s’est fendu d’un petit « chut », en direction de l’enfant, en mettant son doigt sur la bouche.
Une fois à la maison, un étage plus bas, la fillette avait révélé la nature du secret.
« J’ai vu le zizi du voisin, il m’a dit de le toucher pour le faire grossir et de lui faire un bisou dessus car il était dur », avait-elle déclaré à sa mère.
Puis, face aux policiers, elle avait maintenu ses déclarations et expliqué avec ses mots que les jeux de bagarre avec le voisin se terminaient régulièrement par une main d’adulte dans son entrejambe, dessus ou dessous la culotte.
« Cette fille avait conscience des interdits. Mais au prétexte du jeu de bagarre, il a commis des attouchements. Ce qui finalement fait rompre le silence, c’est l’épisode où, trop confiant, il a voulu se faire toucher le sexe. Et après cela, il a tenté d’instaurer un secret », a dénoncé Me Audrey Pradier, pour la partie civile.
L’avocate rappellera au passage la sidération des parents face à la situation, le traumatisme et l’anxiété chez l’enfant victime qui se sont exprimés physiquement au moment de l’évocation des faits.
Confirmant dans son audition les jeux de bagarre, le prévenu de 77 ans, jugé ce jeudi 26 février à Brive en son absence pour des raisons de santé, a toujours nié les faits. Mais sa version n’a jamais été aussi constante que celle de la fillette.
« Cette fillette a dû subir un véritable parcours du combattant. Pour dénoncer les faits, elle a dû parler à maman, puis à papa, puis au médecin, au psychologue, aux policiers. Et ses récits seront toujours les mêmes, avec ses mots à elle. Cette constance dans ses récits est la démonstration de la véracité des faits reprochés. On ne peut mettre sa parole en doute », a insisté Florence Leroux-Ghristi, procureure de la République.
Malgré l’âge du prévenu, son casier vierge, elle n’hésitera pas à requérir quatre ans de prison ferme à son encontre.
Une deuxième victime en 2015
Les investigations permettront aux policiers de trouver une seconde victime qui, elle aussi, en 2015, avait été abusée par ce locataire. Sur son lit, elle avait entendu l’homme monter l’escalier, senti sa main sur sa poitrine faisant des va-et-vient et son souffle saccadé, faisant penser à un acte de masturbation. Elle avait rapporté les faits à ses parents qui ne l’avaient pas cru. Elle avait 13 ans.
Malgré ces déclarations, le prévenu restera dans la dénégation, par la voix de son avocat Me Noël Coulaud.
« Si une chose est constante chez le prévenu, c’est son problème de prostate qu’il décrit et qui l’empêche d’avoir une érection. Cela n’a jamais été vérifié par la juge d’instruction. L’expertise n’a pas mis au jour une éventuelle paraphilie chez lui. Concernant la deuxième victime, qui dénonce un acte de masturbation (donc une exhibition sexuelle), cela n’a pas été retenu. Mais l’agression sexuelle l’a été. On ne peut pas poursuivre une infraction et pas l’autre », a déclaré l’avocat.
Entre la relaxe demandée et les quatre ans de prison requis, le tribunal a fait un autre choix, en condamnant le septuagénaire à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous la forme d’un bracelet électronique. Un sursis probatoire de deux ans a été prononcé avec injonction de soins, et une interdiction de contact avec les victimes. Il lui est également interdit d’avoir une activité en lien avec les mineurs pendant dix ans.
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