Ballan-Miré | Bruno Boudoux condamné à onze ans de réclusion criminelle pour agression sexuelle et viol sur mineures, a fait appel

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La cour confirme l’ordonnance de rejet de sa demande de liberté
Agressions sexuelles et viol à Ballan-Miré : l’accusé Bruno Boudoux condamné à onze ans de réclusion, a interjeté appel, le 3 juillet 2023, de l’arrêt de la cour d’assises d’Indre-et-Loire.

Actualisation du 7 Septembre 2023:

Après son procès aux assises, le père de famille a fait appel

Le 29 juin 2023, Bruno Boudoux a été condamné à onze ans de réclusion criminelle pour l’agression sexuelle de sa fille et le viol de son amie à Ballan-Miré, toutes deux mineures, entre 2015 et 2016.

Il a demandé à être libéré dans l’attente de son procès en appel. En vain.

Chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Orléans

Il avait fait part de ses intentions aussitôt après l’annonce du verdict. Bruno Boudoux a interjeté appel, le 3 juillet 2023, de l’arrêt de la cour d’assises d’Indre-et-Loire, le condamnant à onze ans de réclusion criminelle.

Après cinq ans de contrôle judiciaire, le quinquagénaire avait été incarcéré à l’issue de l’audience de trois jours.

Jeudi 27 juillet 2023, il s’est présenté devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Orléans, pour demander sa mise en liberté dans l’attente de son prochain procès. En vain.

Bruno Amouret, avocat général, s’y est opposé, souhaitant éviter toute pression et interférence avec les victimes.

Il craint également un renouvellement des faits compte tenu de son comportement inadapté envers les mineures.

De plus, même si son contrôle judiciaire antérieur n’a pas présenté de difficultés, la perspective d’une longue peine risque de conduire à une non-comparution.

Son conseil, Me Marc Morin, qui avait plaidé la relaxe au bénéfice du doute devant la cour d’assises, souligne que pendant six ans, son client a respecté scrupuleusement son contrôle judiciaire avec ses obligations de refus de contact avec les victimes, la plaignante et les témoins.

Il évoque également ses problèmes médicaux qui lui valent un arrêt maladie depuis trois ans alors qu’il a un CDI depuis 1986.

De plus, « il a toujours clamé son innocence ».

La cour confirme l’ordonnance de rejet de sa demande de liberté.

Article du 4 Juillet 2023:

Les dénégations de Bruno Boudoux n’auront pas suffi.

Le père de famille a été condamné à onze ans de réclusion criminelle, hier, pour l’agression sexuelle de sa fille et le viol de son amie à Ballan-Miré, entre 2015 et 2016.

Cour d’assises d’Indre-et-Loire

La réalité a brutalement rattrapé Bruno Boudoux, jeudi 29 juin 2023.

Jusqu’alors « peu concerné » par les faits d’agressions sexuelles et de viol aggravé dont il était accusé par sa fille et son amie, l’homme de 55 ans n’a jamais paru envisager la possibilité de partir en prison à l’issue de son procès.

Jusqu’à l’annonce du verdict.

Le quinquagénaire a été condamné à onze ans de réclusion criminelle, une peine assortie d’un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans, comprenant une injonction de soins.

« Vous êtes donc écroué dès ce soir à la maison d’arrêt de Tours »,

l’informe la présidente Aude Cristau.

Sous contrôle judiciaire depuis août 2018, il n’avait encore jamais été incarcéré.

Un comportement « alarmant » au collège

Jusqu’au bout, Bruno Boudoux aura martelé son innocence, accusant sa fille et son amie d’être des « menteuses », instrumentalisées par son ex-compagne dans le but de lui « nuire ».

Une fable mise à mal par la chronologie des faits, implacable, les témoignages concordants, et la déposition de l’ancienne principale du collège, jeudi matin.

« En vingt-deux ans de carrière, je n’avais jamais été confronté à un tel comportement »,

s’offusque-t-elle, sept ans après les faits.

Regards insistants et attitude inadaptée avec des collégiennes, omniprésence aux grilles de l’établissement, propositions tendancieuses…

Des faits « alarmants » signalés dans deux courriers, une missive envoyée à Bruno Boudoux, en avril 2015 (1), pour le rappeler à l’ordre, et une autre adressée à l’Inspection académique, en novembre 2016.

Des témoins « manipulés » et « menteurs »

Une fois de plus, le père de famille nie tout en bloc.

« C’est absurde,

conteste-t-il, à l’instar de tous les autres faits qui lui sont reprochés.

Tous ces gens sont sous l’influence de mon ex-compagne.

Elle a recruté les témoins. »

L’effarement se lit sur les visages des avocates des parties civiles.

« Vous nous dites que les dix témoins et la directrice d’enquête ne disent pas la vérité ?

Qu’ils sont manipulés ? »,

traduit Me Marie Huygens.

« Oui »,

assène l’accusé.

Du haut de son pupitre, l’avocate générale Ségolène Attolou secoue la tête, désabusée.

« Vous avez conscience que votre positionnement est difficilement entendable ? »,

l’interroge-t-elle.

« Peut-être que je m’explique mal ou que vous ne comprenez pas ma logique »,

élude l’intéressé.

À plusieurs reprises, Bruno Boudoux coupe la parole à la présidente.

« Ce serait bien que vous m’écoutiez et que je puisse en placer une,

finit par s’agacer Aude Cristau.

Vous avez compris que l’enjeu du procès, c’est la prison ? »

Ce n’est qu’à l’annonce des réquisitions – quatorze ans – que le quinquagénaire semble enfin prendre la mesure de la peine encourue. Trop tard.

Son conseil, Me Marc Morin, rappelle que

« seules trois personnes connaissent la vérité

« son client, sa fille et son amie.

« Il existe plusieurs versions : pourquoi retenir la plus sévère ? »,

questionne-t-il les jurés, avant de plaider l’acquittement au bénéfice de doute.

Un doute écarté par les jurés à l’issue de trois heures de délibération.

Bruno Boudoux annonce d’ores et déjà son intention d’interjeter appel.

(1) Antérieur au fait de viol, survenu en juillet 2015.

Des viols conjugaux dénoncés en 2008

Bruno Boudoux est quitté par sa compagne en 2008. La quadragénaire explique s’être refusée à lui, une nuit, et avoir été frappée au visage en représailles.

Elle dépose alors une main courante pour dénoncer les viols conjugaux qu’elle dit subir.

La procédure, enregistrée, se serait « perdue » au commissariat de Tours.

« Il y a beaucoup de dossiers en attente, tempère le ministère public.

Aux yeux du parquet, cette procédure est toujours en cours. »

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