Vendôme | Le Verdict est tombé, pour le quadragénaire récidiviste: 6 ans de prison pour le viol d’une jeune fille

MAJ 05/05/17

Le Verdict est tombé, 6 ans de prison pour le viol d’une jeune fille.


Article du 04/05/17

Vendôme | Un quadragénaire récidiviste jugé pour le viol de celle qui l’appelait ” papa “

Le procès d’un quadragénaire, accusé d’avoir violé une mineure il y a environ quatre ans, s’est ouvert, hier, devant la cour d’assises de Loir-et-Cher.

A la barre, l’accusé ne cesse de se passer la main sur le visage, de placer son pouce et son index entre ses yeux, de part et d’autre de son nez.

La présidente de la cour d’assises, Isabelle Raimbaud-Wintherlig, procède, le premier après-midi du procès du Vendômois soupçonné de viol, à une « mise au point » en matière de vocabulaire.

Lorsque le quadragénaire assure, mercredi 3 mai, n’avoir pas violé la jeune femme assise derrière lui dans la salle d’audience, cela signifie-t-il qu’il ne l’a pas pénétrée – contrairement à ce qu’il avait déclaré à la police lors de ses auditions – qu’il ne prend pas la mesure de l’acte qu’il a commis ?

L’accusé le répète à plusieurs reprises.

Ce jour-là, il y a un peu plus de quatre ans, dans son appartement vendômois, il n’a fait que donner à celle qu’il « appréciait comme [sa] fille » une « fessée cul nu », pour la punir de s’être mutilée.

L’enquêteur ayant entendu le Loir-et-Chérien de 44 ans retrace – à la barre, à son tour – les faits, tels qu’ils lui avaient été relatés lors de la garde à vue.

Le mis en cause avait déclaré avoir rencontré la victime, née en 1996, en 2012.

A la date des événements, il aurait conduit l’adolescente dans sa chambre en la forçant « un peu ».

Puis il l’aurait pénétrée, alors qu’elle se trouvait allongée sur le ventre, qu’il lui bloquait les mains.

Il n’aurait pas considéré son geste comme un viol, ce terme s’appliquant selon lui à une pénétration anale, précise le policier.

Les questions, réitérées, de la cour, de l’avocate générale, Delphine Amacher, quant à ses trois versions des faits différentes, arrachent à l’accusé une phrase, en fin de journée.

Il est « dur d’avouer ce qui s’est passé », lâche-t-il, après avoir exprimé sa peur de la prison.

Il explique, finalement, avoir pénétré la jeune femme, avec ses doigts, seulement.

Cet homme est un père, que des rapports d’expertise qualifient d’impliqué.

Il affiche sa souffrance d’être coupé de ses deux enfants.

Séparé de la mère de ceux-ci au moment des faits pour lesquels il est jugé, le mis en cause accueillait des jeunes en difficultés, parfois en mal de logement.

Des précédents

C’est en hébergeant le petit ami de la victime qu’il aurait pu rencontrer cette dernière.

Il y a deux ans, le quadragénaire avait comparu devant le tribunal correctionnel de Blois, qui l’avait condamné à huit mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve, pour des agressions sexuelles commises durant la même période envers deux autres jeunes femmes, dont une mineure.

Devant la cour d’assises, il évoque le manque de relations, autour de l’année 2012, avec des personnes de son âge.

« Je lui ai fait un peu trop confiance », regrette la jeune victime, au début de sa prise de parole.

Elle se remémore douloureusement avoir subi des pénétrations – digitale et pénienne – avoir été allongée sur le ventre, puis retournée.

S’être débattue.

Que l’accusé lui a éjaculé « sur le ventre ».

Au départ, il a été difficile pour elle d’en parler, son récit a évolué depuis la première version livrée aux gendarmes.

Alors adolescente au passé familial destructeur, elle a effectué des séjours en clinique psychiatrique.

Devenue « méfiante », « distante » avec les hommes, lassée des cauchemars, que « les images [lui] reviennent », elle souligne ne plus pouvoir compter que sur son actuel petit copain – avec lequel elle ne vit pas –, sur sa grand-mère, sur ses amies.

Ce petit groupe devrait revenir s’installer derrière elle ce jeudi, alors que se poursuivra le procès de l’homme qu’elle avait l’habitude d’appeler « papa ».

Le verdict devrait être connu en fin de journée.

Léa Bouquerot

Source : La Nouvelle République

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