Monistrol-sur-Loire | Le coiffeur a bien violé le garçon de 16 ans

Le salon de coiffure proposait également soins esthétiques et massages

Monistrol-sur-Loire

Le coiffeur-masseur de Monistrol-sur-Loire qui comparaissait devant la cour d’assises de la Haute-Loire a été condamné vendredi soir à 5 ans de prison dont 2 avec sursis.

Coupable de viol et d’atteinte sexuelle sur mineur

Durant deux jours, jeudi et vendredi, la cour d’assises de la Haute-Loire s’est penchée sur le cas d’un coiffeur de Monistrol-sur-Loire dont l’homosexualité (bisexualité auparavant), l’avait conduit à s’intéresser à un mineur, un jeune garçon âgé de 16 ans à l’époque des faits, le 28 décembre 2010.

Le salon de coiffure proposait également soins esthétiques et massages. La séance à laquelle l’adolescent participait (le soin lui avait été offert par sa belle-mère) devait très vite déraper.

Toute la question que devaient trancher les jurés étant de savoir si le rapport sexuel, avéré, était consenti ou non. Autrement dit, fallait-il en conclure que le mineur avait bel et bien été victime d’un viol et d’une agression sexuelle comme le stipulaient les chefs d’accusation ?

Pour l’avocate générale, sa culpabilité ne faisait guère de doute et Marie Moschetti de s’efforcer de démontrer qu’il n’y avait pas eu de violences et de menaces, certes mais que l’accusé, âgé de 51 ans aujourd’hui, avait bien agi « par contrainte et surprise ».

Et la magistrate de dépeindre, non pas un « monstre ou un prédateur sexuel », plutôt un homme parfaitement intégré socialement mais présentant « des traits pervers ».

Cet homme mûr avait face à lui un adolescent sans expérience, qui cherchait encore à l’époque son orientation sexuelle. Et si celui-ci n’avait pas franchement protesté pour empêcher l’acte sexuel, son silence, valait-il acceptation ?

La question du plaisir qu’avait pu prendre le jeune garçon était abordée sans détour lors des débats, y compris par Me Joëlle Diez pour la partie civile. L’avocate avançait la thèse de la « sidération psychologique », état empêchant l’adolescent de réagir.

« Un état que les psychiatres et psychologues ont mis trente ans à décrire et que la justice commence tout juste à comprendre », expliquait le conseil de la victime.

Il aura fallu au jeune garçon neuf mois pour sortir de sa torpeur, avant de réagir sous la forme d’une rébellion. Ensuite la procédure judiciaire aura duré sept ans.

Pas convaincus par le « jeu amoureux »

Après tant d’années et la qualification criminelle longtemps écartée jusqu’à ces derniers temps, comment savoir s’il y eut « sidération » s’interrogeait Me Salomé Degoud pour la défense ?

Pour celle-ci, son client n’a jamais contesté la matérialité des faits, mais ses intentions n’étaient pas pour autant délictueuses. Un « jeu amoureux » faisait-il pour autant de lui un criminel ? L’avocate clermontoise plaidait l’acquittement.

Une plaidoirie sonnant étrangement face aux réquisitions du ministère public qui quelques minutes plus tôt venait de réclamer 8 ans de réclusion et un suivi socio-judiciaire pendant dix ans.

Les jurés ont réduit la peine requise mais bien reconnu coupable le quinquagénaire des chefs de viol et d’atteinte sexuelle, le condamnant à 5 ans de prison dont 2 avec sursis. Il se voit inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes.

La cour a justifié sa décision :

« Si la victime est restée constante jusque dans ses ultimes déclarations », l’accusé en revanche aurait servi « des déclarations divergentes, voire contradictoires ».

Source : leveil.fr

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