Foix | Un beau-père condamné à 18 mois de sursis pour agressions sexuelles

oui

Pédocriminel En liberté

Elle dit s’être couchée sur un matelas pour dormir et a été rejointe par son beau-père…
Le tribunal correctionnel de Foix jugeait, ce mardi 14 novembre, un homme de 28 ans accusé d’atteintes sexuelles sur ses belles-filles mineures. Il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis.

“Je ne voyais rien de sexuel à faire ce jeu avec les petites”, lance Kévin* évoquant le “jeu du camion pouet-pouet” qu’il confie avoir fait à plusieurs reprises avec les jeunes filles de sa compagne.

Tout commence quand, Lola*, adolescente de 14 ans, se confie à des amis sur des attouchements qu’elle aurait subis de la part de son beau-père Kévin.

L’établissement scolaire dans lequel elle étudie, fait un signalement auprès de l’assistante sociale.

La jeune fille dénonce plusieurs faits.

D’abord, elle explique que Kévin aurait, à son égard mais aussi à celui de ses sœurs, des comportements inappropriés : caresses sur la cuisse, fessées ou encore “jeux” malsains.

Lola évoque aussi une soirée où son beau-père l’aurait agressée sexuellement.

Elle dit s’être couchée sur un matelas pour dormir et a été rejointe par son beau-père.

La jeune fille indique que Kévin s’est installé contre elle, qu’il était en érection et qu’il avait tenté de la pénétrer avec ses doigts avant de lui toucher la poitrine.

Un passif d’inceste dans la famille

La présidente du tribunal revient sur la situation familiale “compliquée”.

Le père biologique des filles est incarcéré pour avoir commis des agressions sexuelles sur sa fille aînée.

Lola a été très marquée par ce passif et souffre de traumatismes divers, c’est pourquoi elle s’automutile régulièrement.

Lorsqu’elle raconte ce qui s’est passé à des membres de sa famille, elle n’est pas crue.

Même sa propre mère doute de sa version.

Lola se sent alors “trahie et en colère car personne ne la croit”, indique son avocate Me Meyer.

Quand la jeune fille est auditionnée, elle reste sur la même position et ne change pas de version.

Sa sœur, Dorine*, a, selon l’avocate, un discours “ambivalent” car elle chercherait à protéger sa mère qui “a déjà un passé difficile et qui est fragile”.

Quand elle évoque Kévin, elle parle d’un homme “bizarre” avec des “comportements étranges” mais décrit tout de même “quelqu’un de gentil”.

“Lola est une enfant provocatrice”

Des proches de la famille vont décrire Lola comme “provocatrice” avec “des tenues pas adaptées à son âge” ou encore le fait qu’elle “s’assoit parfois sur les genoux de son beau-père”.

Concernant le “jeu” du “camion pouet-pouet”, Kévin semble ne pas comprendre la portée de ce geste.

Le tribunal le questionne :

“Vous savez très bien ce qu’est une agression sexuelle, on l’a lu dans vos auditions et là vous vous permettez de toucher la poitrine de jeunes filles qui en plus ont déjà été confrontées à des affaires d’inceste dans la famille, cela ne vous interpelle pas ?”

Le prévenu répond :

“je ne pensais pas du tout en mal, il n’y avait rien de sexuel quand on faisait ça. Je le faisais aussi avec ma compagne.”

Ce à quoi la présidente répond :

“Monsieur, que vous fassiez ce genre de geste avec votre conjointe, si elle est consentante, il n’y a aucun souci mais le faire à de jeunes adolescentes c’est autre chose”.

Maître Baby, avocat de la défense parle de son client comme d’un “grand enfant stupide” mais qui a cessé ses agissements concernant ce “jeu” lorsque ses proches lui ont dit de stopper cela.

Concernant les actes d’agression sexuelle dénoncés par Lola lors d’une soirée, il évoque un discours qui aurait pu être modifié car la jeune fille a déjà été confrontée à ce genre d’agissements dans le passé.

“Il se peut qu’elle ait eu une grande confusion dans son esprit et qu’elle ait recomposé cette scène par peur”, indique Me Baby.

Kévin, qui va devenir père dans quelques mois, est finalement reconnu coupable de tout ce qui lui est reproché et est condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire de deux ans.

Il a aussi une obligation de soins, une interdiction d’entrer en contact avec les victimes et devra indemniser celles-ci.

Le prévenu est aussi inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (Fijes).

*Les prénoms ont été modifiés.

Source(s):