Bréauté | Un homme de 27 ans déficient mental condamné à 4 ans avec sursis pour des agressions sexuelles sur deux fillettes âgées de 2 à 6 ans

Un homme a été condamné à quatre ans de prison avec sursis pour avoir agressé deux fillettes que gardait sa mère à Bréauté, entre 2010 et 2013.

Illustration : Adobe Stock

L’échange verbal est compliqué. Aux questions de la présidente du tribunal correctionnel du Havre, le prévenu répond souvent, et seulement, par l’affirmative ou par la négative. Après un énorme blanc. La juge reformule les questions.

Mais cela ne change pas grand-chose.

Beaucoup d’hésitations, de contradictions entre les déclarations faites en auditions et celles apportées devant le tribunal.

Pourtant, les faits reprochés à Jean*, qui les conteste, sont graves.

D’abord qualifiés en tentative de viol, il y a requalification en agression sexuelle sur mineur de 15 ans pour être jugé devant un tribunal correctionnel.

Le jeune homme, à la déficience mentale légère, est aujourd’hui âgé de 27 ans.

On le soupçonne d’avoir commis des attouchements sexuels sur deux fillettes de 2010 à 2013, entre l’âge de 2 ans et demi à 6 ans.

Deux petites filles que gardait sa mère, assistante maternelle, au domicile familial à Bréauté.

C’est en 2011, après un cours d’instruction civique à l’école abordant le sujet sur le rapport au corps, que les deux petites plaignantes de 8 ans, amies à l’époque, ont parlé à leur mère respective.

Lors de siestes, le garçon alors âgé de 18 ans couchait parfois seul les petites filles.

Parce que sa mère qui souffrait d’une grave maladie et qui est depuis décédée, avait du mal à faire certains mouvements.

Les fillettes racontent avec leurs mots que le fils de la nourrice les déshabillait parfois entièrement et qu’il « baladait » son sexe sur leur corps.

Qu’il frottait son sexe contre le leur.

Et parfois, il tentait de l’introduire légèrement dans le leur, instruit la présidente.

Les actes pouvaient se dérouler alors que les deux enfants étaient présentes.

Selon l’une des deux victimes, la mère du prévenu « a été témoin au moins à une reprise, et elle aurait ricané », rapporte la juge.

Examinées et expertisées par des médecins, les fillettes ne présentent aucune trace, aucune lésion gynécologique.

Psychologiquement, aucun syndrome post-traumatique n’a été décelé.

Pour la défense, qui plaide la relaxe, ces arguments sont avancés.

Le procureur, qui requiert trois ans de prison dont un an avec sursis, considère qu’il y a assez d’éléments, et notamment le contexte de révélation des faits.

Il exclut d’ailleurs l’argument du prévenu qui parle de « complot » des parties civiles envers sa famille, alors que les faits ont été révélés un an après que les parents se sont séparés de cette nourrice.

La défense, représentée par Me Cécile Paul, s’étonne que les parents des fillettes n’aient pas arrêté la garde après que la nourrice n’a pas eu de renouvellement d’agrément en 2011.

Les parties civiles parlent de « confiance » qu’elles avaient en elle.

Et que leur fille respective était « contente » d’y aller.

Le prévenu, primo délinquant, a finalement été condamné à quatre ans de prison avec sursis.

Et notamment à une interdiction de contact avec des mineurs, et une interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole en contact avec des enfants.

*Prénom d’emprunt

Source : Paris-Normandie

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