Agen | l’oncle incestueux condamné à 15 ans, et après ?

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“Peut-on le soigner ? Les experts n’ont pas répondu à cette question.”
photo d'une femme agressée plaquée au sol maintenue et molestée
L’Agenais de 33 ans écope de 15 de réclusion criminelle pour les viols et les agressions sexuelles de trois de ses nièces.

Troubles sexuels.

L’expression a traversé ces deux jours d’audience dans les rapports d’experts entre autres.

“Il est parvenu à admettre l’impensable” poursuit l’avocate. “Ce n’était pas le cas il y a trois ans. Anthony sait que la thérapie sera longue.”

En arrière-plan de cet énième procès de l’inceste, se pose la question de la sortie de détention, de l’après. Autrement dit, de la récidive possible.

“Au bout du chemin, il y a toujours la lumière” affirme la défense.

Huit ans de soins prévus.

“Peut-on le soigner ? Les experts n’ont pas répondu à cette question.”

Cette fois, c’est Me Derisbourg pour les victimes qui évoquait ce vendredi une guérison flanquée d’un point d’interrogation. ”

Il existe aujourd’hui des techniques particulières pour les criminels sexuels mais à titre personnels je ne lui fais pas confiance. On n’est pas encore au bout du chemin vu qu’il ne reconnaît pas certains agissements” dont des fellations contraintes sur l’aînée, 12 ans à l’époque.

La condamnation d’Anthony à 15ans de réclusion criminelle est assortie d’une période de soins obligatoires pendant huit ans.

Le ministère public avait requis 13 ans de prison contre cet oncle considéré par les experts “comme un sujet à risques.

La prise en charge par un thérapeute ne suffira pas” estimait l’avocat général.

“Le risque de récidive n’a pas été exclu ni par les psychologues, ni par les psychiatres.” La “dangerosité” potentielle de l’intéressé a été relevée par ces experts dès jeudi.

“Derrière chaque photo, un enfant”

Rien n’a été épargné aux jurés de la cour d’assises pendant deux jours.

En regardant les images extraites du dossier d’enquête, ces hommes, ces femmes ont prix connaissance de ce que peut être la pédophilie, la pédopornographie et la cybercriminalité, que les pouvoirs publics tentent de combattre. C’est un fléau à l’échelle d’internet, donc souvent insaisissable.

5 millions de photos

Au cours du procès de cet oncle incestueux, Me Brussiau, avocate de l’association La Mouette, est revenue en chiffres sur cette cybercriminalité.

Dans le pays, affirme-t-elle, c’est 100 000 connexions par jour sur des sites pédopornographiques.

Autre chiffre, cinq millions de photos circulent.

“Et derrière chacune de ces photos, il y a un enfant.” explique la représentante de La Mouette.

” Personne n’aurait rien su s’il n’y avait pas eu cette enquête” indiquait dans son réquisitoire l’avocate générale Christine Chastenet.

“Les moyens ne sont pas à la hauteur de la lutte contre la pédopornographie.”

L’interpellation d’Anthony à son domicile d’Agen a été possible grâce à une enquête qui débute dans l’Orne, en Normandie, en novembre 2016.

Une rencontre virtuelle avec un dénommé Kenny S. mais sous pseudos informatiques a permis de pister Anthony et de le retrouver.

Les détails des questions et des réponses entre les deux hommes sont terribles.

Ils s’échangent des conseils qui franchissent la barrière de la morale pour atteindre l’immonde, l’innommable.

“Enfants touchés à jamais”

Me Brussiau n’a rien épargné aux jurés, décrivant les échanges qui peuvent circuler sur la Toile, sur le mode opératoire des pédophiles.

“On parle là d’enfants déchirés, écartelés, contraints quel que soit leur âge. Huit photos sur dix montrent des actes de pénétration. La cybercriminalité, la pédopornographie sur internet, c’est ça ! Des enfants victimes de crimes et touchés à jamais.”

L’oncle incestueux ne s’est pas arrêté aux viols et aux agressions sexuelles.

Les experts en informatique ont retrouvé des fichiers vidéo et des photos envoyés depuis son ordinateur.

“Cela veut dire” poursuit Me Brussiau “que les images salissantes des trois victimes circulent et vont continuer de circuler. “Ces enfants seront touchés à jamais.”

Dans ce dossier, résume Me Derisbourg leur avocate, “elles ont eu une chance, c’est l’enquête.”

Le silence a été rompu.

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