Limoges | Une proxénète de 18 ans s’en sort avec un an ferme
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 29/05/2026
- 18:26
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Le sentiment dominant à la fin de l’audience, est la conviction que la justice n’a pu qu’entrapercevoir, par le petit bout de la lorgnette, un système souterrain glaçant mais bien réel concernant la prostitution de mineures placées en foyer, au cœur même de Limoges.
Ce jeudi 21 mai, en audience de comparution immédiate devant le tribunal correctionnel, une toute jeune fille qui aura 19 ans début juin, était jugée pour des faits de corruption de mineur et de proxénétisme aggravé.
Une jeune fille absente à l’audience, qui s’est fait représenter par son avocat, Me Jean-Christophe Romand. « Je crois qu’elle est souffrante », a justifié le conseil.
Alors, sans prévenue à interroger, la présidente Valérie Lecrohart a synthétisé les éléments du dossier où apparaît comme par flashs la vie de mineures fragiles, exploitées, tombées dans l’enfer de la prostitution.
Signalements et témoignages
En 2024, l’aide sociale à l’enfance (ASE) avait signalé au parquet de Limoges la prostitution supposée de certaines jeunes filles placées en foyer, souvent en fugue. L’implication de la prévenue, elle-même pourtant encore mineure, était déjà suspectée.
Certains jeunes auraient assuré qu’elle accueillerait des filles chez elle ou louerait ponctuellement des appartements pour qu’elles s’y prostituent. Elle aurait organisé des « partouzes » entre ces jeunes et des couples majeurs. Un témoin mineur aurait confié qu’elle aurait fait passer « cinq contrats » à des filles à qui elle reverserait dix euros pour une passe, les menaçant de s’en prendre à leur famille ou de les faire violer si elles ne s’exécutaient pas.
Poursuivant son résumé, la présidente évoque ces deux mineures qui disent avoir été agressées par la prévenue parce qu’elles auraient refusé de se soumettre à la prostitution, un autre assure qu’une des filles avait dû être transportée aux urgences après avoir eu un rapport avec quatre hommes en même temps…
« Parcours traumatique »
Violences, intimidations, complètent ces témoignages concernant les actes qu’aurait commis cette toute jeune femme, dont le casier judiciaire comporte six mentions, toutes pour des violences. Elle-même a vécu un « parcours traumatique ».
Placée dès l’âge de onze ans, ayant déjà fait de la prison, elle présente d’après l’expert psychiatre « des troubles de la personnalité antisociale ». Entendue par la police, elle a nié les faits reprochés.
Trois mineures ont été identifiées comme victimes. Représentant deux d’entre elles, deux sœurs, ainsi que leur mère, Me Fadiaba-Gourdonneau assure que si elles ne sont pas présentes à l’audience, c’est parce que l’une « a peur », et l’autre « est détruite ». Et l’avocate de regretter qu’une information judiciaire n’ait pas été ouverte pour tenter d’y voir plus clair dans « ce dossier tentaculaire »…
Peur et soumission
« Je n’ai pas de preuve irréfutable et absolue pour vous prouver la culpabilité de la prévenue et c’est normal, le proxénétisme se base sur le secret et la peur. Il y a rarement des aveux et les victimes, soumises à la peur, se rétractent, se contredisent… », regrette le parquet en la personne de Mélanie Montagnac.
« Mais vus dans leur globalité, les témoignages, les écoutes téléphoniques où elle menace une personne de faire tapiner sa fille, où elle fait référence à des hôtels, les différents signalements de l’ASE, apportent une force probante »…
Dix-huit mois de prison assortis d’un mandat d’arrêt ont été requis.
Malgré l’absence de preuve matérielle soulevée par Me Romand qui déplacera l’attention sur deux autres hommes apparaissant dans les témoignages mais pas inquiétés par la justice, le tribunal a reconnu la prévenue coupable et l’a condamnée à un an de prison ferme. Interdiction lui a été faite d’exercer une activité avec des mineurs durant cinq ans.
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