Yvelines | Huit mois sous bracelet pour un trentenaire pédo
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oui
Pédocriminel En liberté
- 29/05/2026
- 18:08
Pour les juges, son profil est inquiétant. Et si les faits datent de 2022, c’est avec une attention très particulière qu’ils ont été examinés le jeudi 21 mai 2026 au tribunal de Versailles (Yvelines).
Dans le box, on retrouve un homme de 28 ans, résidant à Élancourt. Il est poursuivi pour détention (et importation) de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique. En soi, c’est déjà préoccupant. Encore plus quand on sait que l’individu en question exerce la profession d’animateur dans la vie de tous les jours, et qu’il est en contact quotidien avec de très jeunes enfants (scolarisés en maternelle).
La vidéo en question, celle d’une très jeune fille se faisant imposer une fellation par un adulte, a été téléchargée le 6 août 2022 à 23 h 05. C’est grâce à des investigations menées sur le site coco.gg, tristement célèbre pour ses contenus illégaux et fermé depuis le 25 juin 2024, que les enquêteurs sont remontés jusqu’à lui.
« Je ne m’en souvenais plus »
Face à ses juges, le jeudi 21 mai 2026 au tribunal de Versailles, le prévenu a reconnu les faits, sans vraiment les assumer.
« Un jour, sur un canal de discussion, j’ai cliqué sur une vignette fixe. C’est là que la vidéo s’est téléchargée. Je me suis rendu compte de ce que c’était, je l’ai refermée et je l’ai supprimée. Honnêtement, quand j’ai été interpellé, je ne m’en souvenais même plus. »
« Face à l’horreur de ce que vous avez vu, vous n’avez pas eu l’idée de signaler la vidéo ? », l’interroge le président du tribunal. « Non, je n’y ai pas pensé », avoue-t-il.
« Je ne demandais pas l’âge à tout le monde »
Ce qui est aussi inquiétant avec le mis en cause, et il le reconnaît lui-même sans être poursuivi pour cela, c’est que sur le fameux site, il discutait régulièrement avec des mineures, au point de leur demander des nudes (des photos nues).
« Je ne demandais pas l’âge à tout le monde. Et ces filles-là (les mineures, N.D.L.R.), je n’avais aucunement envie de les rencontrer. Les photos en question, je n’en ai rien fait. Il y a une période où j’étais mal, je fumais et je buvais beaucoup. Depuis deux ans, j’essaye de me réparer psychologiquement. »
« Sur le coup de l’excitation »
Il admet toutefois que c’était parfois « sur le coup de l’excitation » qu’il demandait ces fameuses photos.
« Mais ce n’est pas parce que je demande une photo que j’imagine coucher avec la personne », assure-t-il.
Forcément, le tribunal s’interroge sur le danger qu’il a pu représenter à son travail. Ces derniers mois, il effectuait un CDD pour la mairie de Villiers-Saint-Frédéric.
« À aucun moment dans mon travail, je n’ai eu une attitude douteuse, promet-il. J’ai toujours été bienveillant. »
Après une jeunesse difficile (il a été placé en famille d’accueil de 2 à 10 ans puis de 13 à 19 ans), travailler avec des enfants lui aurait permis de « s’apaiser ».
« C’était soit ça, soit rejoindre l’armée. J’avais aussi comme objectif de faire famille d’accueil. »
« Quelle est la part de confiance qu’on peut lui faire ? »
En dépit de ce parcours cabossé, l’infraction reste caractérisée pour le procureur de la République qui s’interroge sur la profession du prévenu et son manque de discernement.
« Quelle est la part de confiance qu’on peut lui faire alors qu’il a demandé des photos à une dizaine de mineures. Je suis inquiet de savoir qu’il travaille avec des enfants de moins de 12 ans. Je ne supporte pas qu’on oublie que derrière les images, il y a de vrais enfants. C’est un éducateur et il l’oublie. À sa décharge, on n’a qu’une vidéo, j’en suis bien conscient. »
Il ne pourra plus travailler avec des mineurs durant dix ans
Faut-il le punir sévèrement ou lui donner une seconde chance ? Pour le procureur, un mandat de dépôt s’impose. Il requiert une peine de huit mois d’emprisonnement avec, comme peine complémentaire, une interdiction de toute activité avec des mineurs durant dix ans.
L’avocate du prévenu aura beau jouer la carte de « l’erreur et du manque de maturité », les réquisitions du ministère public seront suivies par le tribunal. La peine sera toutefois aménageable sous forme de détention à domicile sous surveillance électronique.
Par ailleurs, il devra respecter un suivi sociojudiciaire très strict au cours des cinq prochaines années. Enfin, son inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv) a été actée.
« Les infractions mettant en scène des mineurs sont sévèrement punies », rappelle le président du tribunal. « Nous avons toutefois pris en compte votre enfance qui dessine ce que vous êtes aujourd’hui », conclut-il.
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