Ain | Il vivait avec une adolescente de 14 ans 

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Comment des parents normalement constitués ont pu approuver cette relation
En 2021, un surveillant de collège et une adolescente de 14 ans avaient entamé une relation amoureuse. Avec l’assentiment de leurs familles, ils avaient ensuite vécu ensemble. L’homme avait une fille un peu plus jeune qui vivait avec eux. Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis.

Même si toute comparaison en la matière est parfois hasardeuse, l’histoire rappelle celle de l’actrice Judith Godrèche.

En 1986, âgée de 14 ans, elle avait entamé une liaison avec le réalisateur Benoit Jacquot.

Une relation amoureuse au vu et au su de tous.

Elle était partie s’installer chez ce quadragénaire, avec l’assentiment de ses parents.

Ce n’est qu’en 2024, à la suite du mouvement #MeToo, que l’actrice avait porté plainte pour « viols » contre Benoit Jacquot.

Une « histoire d’amour » selon leur entourage

La rencontre de l’homme jugé le 24 février par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse avec une adolescente remonte à 2021.

Elle était scolarisée dans un collège bressan où il était alors surveillant.

La jeune fille était fragile et vivait des moments difficiles, entre antécédents de harcèlement et phobie sociale.

Il l’avait trouvée en pleurs dans les toilettes et l’avait rassurée.

Un peu plus tard, ils avaient commencé à converser sur Snapchat.

Avant d’échanger un baiser, puis d’entamer une liaison.

Elle avait 14 ans et lui 34 ans.

Mais elle était partie vivre chez lui en janvier 2022 où il hébergeait déjà une de ses filles, un peu plus jeune qu’elle.

La mère de la jeune fille ne s’y était pas opposée et leurs proches respectifs non plus, les accueillant lors des fêtes de famille.

Finalement, c’est le signalement d’une voisine qui a déclenché une enquête de la gendarmerie en 2023.

L’entourage de la jeune fille avait alors décrit une véritable « histoire d’amour ».

Mais selon le Code Pénal, depuis la loi du 21 avril 2021 , il ne saurait être question d’un quelconque consentement entre un mineur et un adulte.

Après avoir été mis en examen pour « viol », l’homme a finalement été renvoyé en correctionnelle pour « agression sexuelle sur un mineur de 15 ans par un majeur avec différence d’âge d’au moins cinq ans ».

À la barre, l’homme raconte posément son « coup de foudre » et la vie commune avec sa « compagne ».

« Vous trouvez que c’est possible moralement, psychologiquement, qu’une ado de 14 ans soit la compagne d’un adulte ? », s’étonne la présidente Magali Guyot.

« Et s’il arrivait la même chose à une de vos filles ? »

« J’en ai pris conscience tardivement. C’était tout beau, tout neuf, j’étais heureux. J’étais sincère. Je faisais abstraction de l’âge. C’est le destin, je ne sais pas si ça serait arrivé si elle avait été plus âgée. Je savais qu’elle était en difficulté, mais je n’ai pas profité de son mal-être », assure le prévenu.

« Et s’il arrivait la même chose à une de vos filles ? », insiste la magistrate. « J’y ai réfléchi », lâche le trentenaire, sans trop s’attarder.

L’expert psychiatre a relevé chez lui une sorte « d’insouciance juvénile » et « peu de remise en question de l’interdit ».

« C’était une ado qui n’allait pas bien, tombée amoureuse d’un adulte qui aurait dû stopper cette relation », rappelle alors l’avocate de la jeune fille.

Cette dernière lui a écrit qu’elle n’avait rien à reprocher au trentenaire et ne réclamait rien en tant que partie civile.

« Cet homme invoque le destin à propos de leur histoire d’amour, sans jamais s’être posé la question des limites, de l’interdit. Quant à la mère, elle n’a pas protégé sa fille », s’indigne la substitute du procureur Julia Rey.

Et la magistrate du parquet de relever que « la loi est là pour protéger le mineur. Il n’y a pas d’égalité avec l’adulte, surtout quand le mineur est vulnérable. En l’espèce, cette ado était fragile et cherchait une figure sécurisante ».

Elle requiert deux ans de prison dont un an avec sursis probatoire.

Le prévenu, qui se présentait sans avocat, écope finalement de 24 mois de prison avec sursis.

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