Oise | Un père de famille, emprisonné pour les agressions sexuelles d’une petite voisine
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
non
- 18/06/2026
- 09:15
Catégories :
Mots clés :
La scène se déroule à Venette, au domicile de Amir, un père de famille poursuivi ce jeudi 4 juin, devant le tribunal de Compiègne, pour agressions sexuelles sur une petite voisine, une enfant âgée de 12 ans. Pour préserver l’anonymat des enfants, les identités sont modifiées. Lison est allongée dans le lit, sans pantalon ni culotte et Amir au-dessus d’elle. « Son fils a vu que je pleurais. »
Entendu à son tour, Nordine, 11 ans, confirme avoir été témoin de cette agression dans la chambre de ses parents. Il la situe en mai 2025. Il faisait beau, se souvient-il. Aux enquêteurs, il relate un autre épisode : durant une séance télé, en présence des autres enfants de la fratrie, son père met une couverture sur Lison et il lui fait des caresses à couvert.
Le jeune garçon dénonce aussi les claques sur la tête que son père lui donne pour un oui ou pour un non et comment il l’insulte de « débile » et de « raté ». Un mauvais traitement que son père lui réserverait parce qu’il a été témoin de son comportement avec la petite voisine, pense-t-il.
Mis en garde à vue le 19 mars, Amir conteste les agressions sexuelles à l’encontre de la jeune Lison et garde un tout autre souvenir de la présence de la petite voisine. « Ensemble, on s’amuse. » Leurs disparitions pendant les jeux de cache-cache ?
« Je ne faisais rien. Je lui montrais des cachettes… »
Durant son audition, comme devant les magistrats, il se présente en victime d’un complot entre son épouse, qui a demandé le divorce, et une voisine, la mère de Lison. Les magistrats lui font observer que les faits dénoncés par la fillette sont « précis » et « confirmés » par son fils. « Ils sont tout le temps ensemble », assure le prévenu.
Une thèse du complot qui n’est pas étayée par le dossier. Scolarisée en 5e, Lison s’est confiée d’abord à deux amies, qui vont alerter une enseignante. Un signalement est effectué par la direction du collège auprès du parquet de Compiègne et la préadolescente est incitée à parler à sa mère.
Le voisin, a-t-elle relaté, a commencé ses agissements deux ans plus tôt, alors qu’elle était en CM2. C’était d’abord des caresses furtives, sur sa poitrine et ses fesses, au-dessus de ses vêtements ; puis, dans son pantalon. « Il a mis sa main dans ma nénette », dénonce la fillette devant les enquêteurs et évoque des pénétrations digitales, vaginales et anales, lors de l’expertise médicale. Celle-ci ne note aucune lésion somatique.
L’expert psy, qui observe « des propos cohérents, structurés », relève chez la jeune victime les signes d’une résonance psychotraumatique, compatible avec les faits dénoncés, comme « les rires nerveux défensifs » et sa menstruation précoce.
Le prévenu a lui aussi été entendu par un expert psychiatrique :
« Lison était souvent dans la provocation : elle montrait ses fesses, écartait les jambes quand elle était sur le canapé. Elle me fixait sans rien dire. »
Marine Ravel, présidente de l’audience, pousse Amir dans ses retranchements :
« Ce serait un peu de la faute de Lison si tout ça est arrivé ? » A la barre, le prévenu répète : « L’expert a mal compris. Est-ce qu’elle avait des fantasmes ? Je ne sais pas. »
Le parquet demande une peine de prison de 5 ans, dont deux avec un sursis probatoire et une incarcération à l’issue de l’audience.
« À l’heure où il est reproché une certaine lenteur aux procédures police-justice, l’enquête a été assez rapide : il y avait une mineure toujours en danger. (…) La parole des enfants est le socle de ce dossier », souligne la procureure de la République, Caroline Gaziot.
Le prévenu est condamné à deux ans et demi de prison ferme, assorti de 18 mois de sursis probatoire pendant trois ans. Le tribunal prononce un mandat de dépôt en raison de son « absence de remise en cause ». Amir se voit par ailleurs interdit d’exercer une activité professionnelle avec des enfants pendant dix ans et il est inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Source(s):
Les articles en liens
Bogny sur Meuse | Il « employait » au noir un jeune mineur de 16 ans et exigeait ensuite des faveurs sexuelles
Nice | Plus de 6 ans après les premières plaintes le prêtre Jean-Marc Schoepff n’a toujours pas été jugé…
Canada | Il agresse sexuellement des mineurs et prend trois ans de prison



