Saint-Fulgent | Condamné à 14 ans de réclusion pour avoir violé la nièce de sa compagne
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 16/06/2026
- 23:18
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Jugé devant la cour criminelle de la Vendée, ce jeudi 11 juin 2026, Stanislas Rideau, 50 ans, a été lourdement condamné.
“Je m’en veux toujours de ne pas avoir parlé plus tôt. Si je l’avais fait, ma tante ne serait pas restée avec lui. Elle n’aurait pas eu son accident et serait encore en vie”.
La voix de la victime tremble à mesure qu’elle triture son élastique pour maîtriser son stress devant la cour criminelle de la Vendée.
Le temps n’a rien effacé, constate Nathalie Demorand, l’avocate générale. Ni la peur, ni la culpabilité.
Jeudi 11 juin, Stanislas Rideau, 50 ans, a été jugé pour la dizaine de viols qu’il a imposés, entre 2005 et 2007, à la nièce de sa compagne, dans leur maison de Saint-Fulgent.
Ces agressions, il les reconnaît sans en prendre totalement la mesure.
“Elle n’a jamais dit non. Je ne me rendais pas compte de tout le mal que j’avais pu lui faire”, souffle-t-il.
Ce n’est qu’en 2020, quinze ans après le premier viol, que la victime s’est décidé à parler.
“J’ai entendu dire qu’il avait agressé quelqu’un d’autre. Je ne voulais pas qu’il y ait d’autres victimes”.
Le tragique décès de la tante de la victime
Elle raconte alors cette première agression contre une gazinière. La peur que cet oncle, violent, alcoolique et tout juste sorti de prison, lui inspirait.
Ou encore, cet épisode où il lui demande de porter la lingerie de sa tante.
“Je voulais peut-être qu’elle ressemble à ma compagne”, analyse maladroitement l’accusé.
Plus que ces années de silence, c’est le poids de la culpabilité qui ronge la victime.
“Ma tante est morte après avoir sauté de la voiture alors qu’il conduisait. Elle était enceinte de cinq mois et je devais être marraine de l’enfant”, a-t-elle confié à la psychologue.
Les viols, qui ont commencé lorsque sa tante était en vie, se sont poursuivis lorsqu’elle venait garder sa cousine.
“Où était votre fille quand vous agressiez votre nièce ?”, questionne la présidente, Emilie Rayneau.
“Elle était sûrement à la sieste”, assure le quinquagénaire.
Cette réponse illustre l’analyse des experts.
“Il est construit sur un mode psychopathique et antisocial”, pose le psychiatre.
Et la psychologue d’abonder.
“Il présente une absence totale d’empathie”.
Des éléments confirmés par le casier judiciaire de Stanislas Rideau qui compte 19 condamnations, dont deux pour agressions sexuelles.
Que s’est-il passé en 2015 ?, l’interroge l’avocate générale.
“Une femme que j’hébergeais a dégradé mon logement, on a voulu se venger”, élude-t-il.
« C’était pour la punir, pour la salir ? »
Une vengeance qui a consisté à voler, frapper et surtout agresser sexuellement cette femme.
“C’était pour la punir, pour la salir ?”, appuie la présidente.
“Oui, peut-être que c’était ça”, convient le quinquagénaire.
Cette absence de réflexion inquiète particulièrement le ministère public.
“Monsieur est dangereux. Même après sa condamnation, on ne peut pas le laisser dans la nature sans suivi”, tranche-t-elle.
En défense, Meriem Abkoui tente de redorer l’image de son client.
“Quand on le place en garde à vue, les faits datent d’il y a quinze ans. Il n’y avait aucun témoin et aucune preuve matérielle. Il aurait pu mentir, mais il a fait le choix d’assumer. C’est déjà beaucoup”.
Elle décrit aussi ses addictions passées au cannabis et à l’alcool. Ce drame vécu à la perte de sa compagne enceinte. Ou encore la situation de précarité dans laquelle il se trouve aujourd’hui.
Quant à Catherine Rabin-Boutin, le conseil de la victime, elle rend hommage à sa cliente.
” A 13 ans, celui qu’elle considérait comme son oncle lui a imposé son premier rapport sexuel. Elle redoutait de tomber enceinte. Aujourd’hui, elle a un mari, un enfant, elle s’est construite en occultant tout ça. Je la trouve incroyablement digne”.
Stanislas Rideau a été condamné à quatorze ans de réclusion par la cour criminelle de la Vendée.
À sa sortie de prison, il fera l’objet d’un suivi sociojudiciaire pendant sept ans.
Il devra se soigner, aura l’interdiction d’entrer en contact ou de paraître au domicile de la victime et ne pourra plus jamais exercer d’activité professionnelle ou bénévole au contact de mineurs.
De quoi permettre à la victime de se reconstruire. Enfin.
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