Vesoul | Dominique Bouvet piégé en direct par un “chasseur” de pédocriminels

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Voilà ce qu’il se passse quand nos pédocriminels sont laissés en liberté par notre belle justice
Dominique B, ancien directeur de l’UNSS de Haute-Saône, a été mis en examen ce jeudi 14 mai 2026 à Vesoul. Une enquête avait été ouverte après la diffusion d’une vidéo sur Twitch qui le montrait en conversation “sexualisée” avec une personne qu’il pensait être une adolescente de 14 ans.

L’ancien directeur du sport scolaire de Haute-Saône a été mis en examen à Vesoul après la diffusion sur Twitch d’une vidéo le montrant échangeant des propos sexualisés avec une personne qu’il croyait être une adolescente de 14 ans, a indiqué ce jeudi 14 mai 2026, Arnaud Grécourt, le procureur de la République.

La garde à vue de cet homme de 66 ans avait été prolongée ce mercredi.

Une enquête a été ouverte pour “fabrication, diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur“, “propositions sexuelles faites à un mineur de moins de quinze ans par un majeur utilisant un moyen de communication électronique” et “sollicitation d’un mineur par un majeur pour la diffusion ou la transmission de son image à caractère pornographique“.

Dominique B. a été présenté à un juge d’instruction et a été mis en examen pour ces trois chefs, confirme le magistrat dans un communiqué.

Présenté au juge des libertés et de la détention, le sexagénaire a été placé en détention provisoire.

Piégé par un avatar sur internet

La vidéo, diffusée lundi par le streamer “Finnyzzy”, qui se présente comme un “chasseur” de pédocriminels, montre l’ancien responsable de l’UNSS en Haute-Saône en train de dialoguer avec une personne dont le visage et la voix ont été modifiés grâce à l’intelligence artificielle (IA) pour prendre l’apparence d’une adolescente.

L’échange, qui dure près d’une demi-heure, a été retransmis en direct à une communauté en ligne.

À la suite de la publication d’extraits de cette “conversation à contenu sexualisé” sur le réseau social Tik Tok, c’est Pharos, la Plateforme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements, qui a informé les fonctionnaires de police de la direction départementale de la police nationale de Haute-Saône.

Dans la foulée, le retraité s’est rendu de lui-même au commissariat mardi, vers 14h30, avant d’y être arrêté et placé en garde à vue.

De nombreux supports numériques saisis

Les policiers ont aussitôt effectué une perquisition au domicile du suspect, qui a permis la saisie “de nombreux supports numériques : ordinateur portable, tablette, clef USB, téléphone ou encore carte SD”.

Les investigations ont été confiées à la division de la criminalité territoriale de Vesoul, qui va “procéder à l’exploitation des supports informatiques saisis et vérifier les circonstances dans lesquelles cette vidéo a été réalisée”.

L’ancien professeur de sport avait été condamné le 9 janvier 2025 par le tribunal correctionnel de Vesoul pour diffusion et détention d’images pédopornographiques à 18 mois de prison avec sursis, et “interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs”.

Il avait cependant été relaxé des faits d’agressions sexuelles et corruption de mineur pour lesquels il était également poursuivi.

Il avait été mis en examen en 2020 pour agressions sexuelles sur mineurs.

Plusieurs familles avaient saisi la justice pour dénoncer des envois de SMS à caractère sexuel à des lycéennes de Lure (Haute-Saône).

Les réactions du CNOSF et de l’UNSS

Sur son compte X, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a exprimé son “effroi” après les révélations.

Le CNOSF a précisé que l’intéressé n’exerçait plus de fonctions au sein de l’instance depuis janvier 2020.

“Si les faits nouvellement rapportés devaient être confirmés, ils seraient d’une gravité absolue”, poursuit le comité, en rappelant sa position de tolérance zéro concernant les comportements pouvant relever de violences sexuelles sur mineurs.

De son côté, l’UNSS avait rappelé dès mardi soir, dans un communiqué, que l’homme “n’exerce plus aucune fonction au sein de l’UNSS depuis 2020”, que sa suspension a été immédiate sitôt les faits connus et que la protection des élèves reste la priorité pour l’institution.

“Ne pas se faire justice”

211 Organisation, l’association proche du tiktokeur Finnyzyy a par ailleurs publié un communiqué de presse ce mercredi sur son compte Instagram, pour demander “à toute personne de ne pas se faire justice elle-même”.

La plateforme de sensibilisation contre la pédocriminalité indique que “plusieurs tentatives de doxxing ont été constatées sur des sites ainsi que des chats TikTok”.

Le doxxing vient de l’anglais “document tracing”.

Il consiste à dévoiler la véritable identité d’un internaute et à menacer sa vie privée.

Le doxxing est sévèrement réprimé par l’article 223-1-1 du Code pénal.

Toute personne diffusant des informations personnelles dans le but de nuire risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

“Nous souhaitons que la violence n’ait pas lieu, même envers ce type d’individu”, ajoute l’association.

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