Saint-Brieuc | Un homme suspecté de plusieurs tentatives d'enlèvement

Plusieurs enfants auraient été agressés par un inconnu à Saint-Brieuc

Samedi 12 septembre 2020 une adolescente de 13 ans dit avoir été agressée dans le centre-ville de Saint-Brieuc (©Le Penthièvre) 

Les témoignages de plusieurs parents concordent : leurs enfants auraient été agressés en pleine rue à Saint-Brieuc par un inconnu depuis mi-septembre 2020.
Un prédateur est-il en maraude dans les rues de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) en ce mois de septembre 2020 ? C’est ce que prêtent à penser les témoignages de plusieurs parents. Nous les avons rencontrés.
En pleine rue et en plein jour
Frédéric est un homme discret et n’a pas pour habitude de publier sur les réseaux sociaux. Mais lorsque sa fille, Noa, lui a expliqué ce qui venait de lui arriver, il a ressenti le besoin de lancer un appel à témoin et à la vigilance. Un post partagé depuis plus de 3000 fois sur Facebook.

Samedi 12 septembre, vers 11h, ma fille se rendait au skatepark des Promenades. Elle a été abordée rue Palasne de Champeaux, non loin de la gare, par un individu qui a baissé la vitre de sa voiture pour lui demander s’il pouvait utiliser son téléphone portable. Elle a refusé et changé de trottoir mais l’homme a insisté et l’a suivie.

La petite Noa, 12 ans, fait remarquer à l’individu qu’il n’est pas normal d’aborder ainsi une enfant dans la rue. L’homme prétexte une urgence, qu’il doit prévenir son fils qu’il s’est fait voler sa voiture et qu’il a été drogué. Puis il s’énerve et la menace de porter plainte pour non assistance à personne en danger.
La gamine presse le pas, cherche du regard la présence d’adultes dans cette rue très passante, bifurque boulevard Prigent. Le conducteur contourne le rond-point et place son véhicule en travers du trottoir. Un homme présent à l’arrêt de bus situé juste à côté intervient, se fait insulter, l’homme s’en va sans demander son reste.
Le témoin de la scène s’avère être enseignant au collège Le Braz. Contacté depuis par le papa de la jeune fille, il lui a expliqué que l’homme avait l’air agité, probablement drogué. Il décrit un individu âgé d’environ la quarantaine, type afro, vêtu d’une veste grise, lunettes teintées, barbe naissante, parlant français sans accent.
Plus tard, un habitant du quartier dira avoir remarqué que la voiture était immatriculée dans le 29. Frédéric tient à préciser un point important à ses yeux :

Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit. J’ai des voisins et des amis noirs. Ce n’est pas du tout le sujet.

Le fait est que la description de cet agresseur présumé concorde avec un autre témoignage. Une deuxième jeune fille aurait été accostée quelques heures plus tard, dans le quartier Cesson cette fois. La maman raconte :

Un véhicule a stoppé devant l’arrêt de bus rue de Génève, son conducteur a baissé la vitre, fait un signe de la main puis est sorti de sa voiture et ouvert la porte arrière. Il s’est dirigé vers ma fille et lui a attrapé le bras. Il lui a dit : tu vas monter, ça sert à rien de te débattre… Il a essayé de la ceinturer mais une personne présente à l’arrêt de bus est intervenue.

Là encore, l’homme aurait quitté les lieux en insultant tout le monde copieusement. Quelques jours plus tard du côté des Villages, vendredi 18 septembre vers 7h30, un garçon de 11 ans raconte qu’une voiture a stoppé net, qu’un homme en est sorti, a ouvert la portière arrière, sans dire un mot… Il faisait nuit, l’enfant était seul, il est parti en courant.
Sa maman, Murielle, le dit choqué :

Timéo est depuis très tourmenté, il est tout le temps rendu à l’infirmerie, n’arrive plus à faire ses devoirs. J’en ai informé le conseiller principal d’éducation et il est suivi par la psychologue scolaire. Il m’a dit aussi qu’il avait très peur qu’on le prenne pour un menteur.

Ces trois parents ne se connaissaient pas il y a encore quelques jours. Mais le message posté par Frédéric sur Facebook leur a permis d’entrer en relation. Sans se concerter, les uns et les autres s’étaient rendus entre temps au commissariat de Saint-Brieuc. Une plainte et deux mains courantes y ont été enregistrées.

Des enquêtes ont été ouvertes mais il n’y aurait pas suffisamment d’éléments, selon la police, pour caractériser des tentatives d’enlèvement, comme le rapportent nos confrères de Ouest-France. Un tweet a même été posté lundi 21 septembre :

Le terme « rumeurs » ne passe pas. Frédéric et les autres parents se disent consternés, d’autant que d’autres signalements concordants leur sont parvenus.
Deux petites filles auraient été abordées en début de semaine rue Jean Macé et une nouvelle plainte déposée. Murielle envisage de saisir le procureur de la République. Des coups de téléphone ont été passés en mairie.

On a la sensation de ne pas être écoutés, d’être mis dans une case… On ne sait pas quoi faire. Et si quelque chose de grave finit par arriver ? Au mieux on peut penser à un déséquilibré qui s’amuse à faire peur aux enfants mais si c’était pire ?…
Source : actu.fr

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