Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Roubaix | Un septuagénaire condamné à 5 mois avec sursis pour l’agression sexuelle d’une jeune fille handicapée

Anaïs, 18 ans, accusait le prévenu de lui avoir « malaxé les seins » alors qu’elle était assise sur un banc près de la station Eurotéléport

Il a 71 ans, elle en a 18 et souffre de déficience mentale. Elle l’accuse de lui avoir « malaxé les seins » le 30 septembre alors qu’elle était assise sur un banc près de la station Eurotéléport. L’homme était jugé mardi dernier en comparution immédiate.

Anaïs comprend difficilement les questions du président.

« Elle avait peur de venir au tribunal », explique sa mère qui l’accompagne à la barre.

La dame est formelle, sa fille, depuis les faits a changé de comportement.

« Elle est beaucoup plus agressive.

Et vous savez, Monsieur le président, ma fille ne sait pas mentir ».

Sur le banc des prévenus, Mohamed M. clame avec force son innocence :

« Pourquoi j’irais toucher les seins de cette jeune fille ?

Si je veux toucher des seins, j’ai ma femme, je suis marié… »

Entre les deux versions, le président Jacques Huard pousse les questions avec beaucoup de précautions.

L’agression sexuelle a été dénoncée par Anaïs et ses deux amis.

Tous trois sont sous curatelle.

« Ils ont dit exactement la même chose mais l’élément le plus à charge est donné par le prévenu quand il dit que sa main sur l’épaule a glissé vers le sein » relève Me Alexandre Demeyere-Honoré en partie civile.

Le président insiste auprès du prévenu :

« Comment expliquez-vous que ces trois jeunes vous accusent, vous prennent en photo et appellent la police ? »

Mohamed M. se défend en disant qu’il s’est approché pour dire bonjour et que « peut-être » sa main « a dérapé… »

Le président s’étonne une nouvelle fois :

« On est en pleine ville et vous allez dire bonjour à trois jeunes que vous ne connaissez pas ? »

Me Servane Squedin vient à la rescousse de son client qu’elle suit depuis longtemps en assistance éducative parce qu’il a une fillette handicapée :

« C’est un homme bien, avec des valeurs ».

L’avocate pointe les contradictions dans les déclarations de la victime et des témoins mettant en doute « leur perception et leur retranscription des choses ».

Elle plaide la relaxe.

De son côté, le procureur Xavier Laurent n’a aucun doute sur la culpabilité du prévenu :

« Une cabale serait inexplicable. »

Il requiert six mois de prison avec sursis contre un prévenu au casier judiciaire vierge.

Mohamed M. a été condamné à cinq mois de prison avec sursis.

Il a été inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Source : Nord Eclair