Manche | Un homme condamné à 2 ans avec sursis pour des années d’agressions sexuelles

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Pédocriminel En liberté

La victime avait 6 ans au début des faits et le prévenu 29 ans
©Illustration Photographee.eu
Un homme, dont l’épouse avait deux filles, a harcelé sexuellement ces dernières lorsqu’elles étaient encore enfants. Il a même recommencé lorsque l’aînée était âgée de 50 ans.

Il a aujourd’hui 79 ans.

En 1967, il en avait 24, et épousait une femme qui avait deux filles, toutes petites puisque l’aînée avait 3 ans et la cadette 1 an.

Pour des raisons qui n’ont pas été précisées, la mère des petites, dépressive, voire suicidaire, cesse toute relation sexuelle avec son mari, qui, ayant 29 ans, n’a pas vocation à cette chasteté forcée.

C’est alors qu’il se tourne vers l’aînée des filles de sa femme, laquelle n’a que… 6 ou 7 ans.

Personne à l’époque n’a compris pourquoi la petite baladait son matelas pour dormir au pied du lit de sa mère.

Elle n’avait pas connu d’autre père

C’est surtout lorsqu’elle entre dans l’adolescence qu’il se fait le plus pressant : ses mains actives sur le sexe de la gamine, sur ses seins, toutefois toujours au-dessus de vêtements.

La fille objet, devenue femme, ne s’est pas dégagée de l’emprise sexuelle de son beau-père.

Celui-ci a continué à s’en servir pour satisfaire ses exigences.

Il l’embrassait sur la bouche, s’emparait d’elle, sans qu’il y ait pénétration, donc viol.

Quand il était loin d’elle, il lui envoyait des textos enflammés.

En fond d’écran d’ordinateur, il avait une photo d’elle.

« J’étais amoureux, dit-il.

Je l’aimais vraiment et je pensais qu’elle ressentait quelque chose pour moi. »

« Quand elle avait 15 ans, vous ne pensiez tout de même pas qu’elle était amoureuse de vous ?, lui demande la présidente du tribunal.

Vous êtes-vous demandé si elle était d’accord ? »

« Elle pouvait me repousser si elle n’était pas d’accord ! »

« Elle vous a demandé d’arrêter.

Elle tenait serrés ses vêtements pour que vous ne glissiez pas votre main dessous.

Pour elle et sa petite sœur, que vous avez ennuyée elle aussi quand elle était en maternelle, vous étiez leur père.

Elles n’ont connu que vous comme père.

Vous n’avez pas compris ça ?

Le fait qu’elles étaient vos filles, cela n’était pas un obstacle pour vous ? », ajoute amèrement la juge.

« Ça ne se commande pas », a-t-il répondu.

« Qu’avez-vous fait de sa souffrance ? »

Parce qu’il avait recommencé chez elle, en 2018 (elle avait 52 ans !), en lui glissant la main entre les cuisses, elle a déposé plainte, sous la pression de ses enfants.

« J’ai eu plaisir à te caresser, lui avait-il écrit dans un SMS. J’attendais tellement plus de toi. Je suis à ta disposition pour recommencer. »

« Pourquoi avoir attendu autant ? », demande la présidente à la victime. « Je n’osais pas. Il y avait la honte, et j’avais peur. »

Une victime sous tutelle renforcée, un prévenu sans état d’âme

De son âge de 6 ans jusqu’en 2018, soit plus de 50 ans, elle a été sous l’emprise psychologique du beau-père, soumise, fragile, vulnérable.

Le traumatisme vécu depuis l’enfance l’empêchait de réagir.

Elle a connu pendant ces décennies l’humiliation, la salissure.

Elle a dit que cet homme lui avait pourri la vie.

Son avocate a souligné que « depuis 50 ans, affectée d’une dépression sévère, elle revit sans arrêt la sidération qui fut celle de la fillette de 6 ans. »

L’expert psychologue n’a pas caché qu’il était alarmé par la situation psychique de la victime.

Quant au prévenu, il s’est montré tout au long du procès tel que les experts l’avaient cerné : indifférent, voire plein de mépris pour les autres, psychorigide, montrant une surestimation de lui-même.

Seule larme : c’était pour dire qu’au fil des années, il perdrait inéluctablement l’usage de ses jambes.

Me Tréhel, qui plaidait pour la victime, ne s’est pas étonnée qu’il n’ait pas remis en cause son comportement pendant des années.

« A-t-il besoin de soins psychiatriques ou psychologiques ? », s’était interrogée l’avocate.

C’est lui qui a répondu : « Je n’en vois pas la nécessité. »

Deux ans de prison avec sursis probatoire

L’homme a été condamné à 2 ans de prison, avec sursis probatoire pendant 2 ans, avec interdiction de tout contact avec sa victime, d’approcher de son domicile.

Il devra l’indemniser à hauteur de 4 000 € pour ce qu’il lui a fait endurer.

Son nom figure désormais au Fijais, le fichier des délinquants sexuels, inscription qui le contraint à quelques obligations.

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