Guéret | Douze ans de prison pour avoir battu à mort Loan, bébé prématuré de 4 mois

Ils l’ont tué à force de claques, puis ont tout fait pour tenter de se disculper, allant même jusqu’à promener un poupon dans une poussette pour faire croire au voisinage que leur bébé de quatre mois était encore vivant. Quatre jours après avoir tenté de faire croire à un enlèvement – et déclenché de grandes recherches dans la Creuse – ce couple à la dérive était finalement passé aux aveux. Le cadavre de Loan avait été découvert enterré à proximité d’un étang.

Cédric Danjeux, 32 ans, ici lors de son arrivée chez le juge d’instruction en septembre 2014, et Christelle Mourlon, 26 ans, avaient simulé un enlèvement pour échapper à la prison.(PHOTO PQR/« LE POPULAIRE DU CENTRE »/PASCAL LACHENAUD.)
Cédric Danjeux, 32 ans, ici lors de son arrivée chez le juge d’instruction en septembre 2014, et Christelle Mourlon, 26 ans, avaient simulé un enlèvement pour échapper à la prison.(PHOTO PQR/« LE POPULAIRE DU CENTRE »/PASCAL LACHENAUD.)

Cédric Danjeux, 32 ans, et Christelle Mourlon, 26 ans, ont été condamnés ce vendredi respectivement à douze et trois ans de prison, dont deux avec sursis.

Vingt ans de réclusion avaient été requis la veille devant la cour d’assises de Guéret contre le père, décrit au procès comme un petit délinquant violent avec sa compagne, un «dur», victime jadis de rejet par un père dont il a lui-même reproduit la «toute-puissance».

Jugé pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec la circonstance aggravante qu’elles avaient été exercées sur mineur par ascendant ayant autorité, le père encourait 30 ans de réclusion. Sa condamnation à 12 ans a été assortie d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans à l’issue de la peine.

Sa compagne, Christelle Mourlon, 26 ans, encourait cinq ans de prison pour non-assistance à personne en danger, recel de cadavre et dénonciation mensongère. Pour avoir «laissé faire» les violences mortelles, puis avoir été ensuite «totalement solidaire pour simuler» l’enlèvement, l’accusation avait requis quatre ans de prison.

Condamnée à trois ans dont deux avec sursis, aucun mandat de dépôt n’a été émis à l’encontre de la jeune femme, qui avait déjà effectué quatre mois de détention.

Un bébé trop « criard » pour ses parents

Fin août 2014, le couple, suivi par les services sociaux, avait semé l’émoi partout en France en affirmant qu’un «inconnu» avait enlevé leur bébé de 4 mois, dans son couffin, sur une aire de loisirs près d’un lac à Chénérailles (Creuse). Un terrible mensonge pour tenter d’échapper à la prison.

Leur bébé prématuré, opéré quelques semaines après sa naissance d’une malformation cardiaque, « criard », selon le père, « n’arrêtait pas de pleurer  ».

Tout bascule le 21 août. Alors qu’il lui donne le biberon, Cédric Danjeux administre au nourrisson plusieurs claques. La mère, qui joue à la console dans le salon, lui demande de cesser. Mais le petit Loan continue de pleurer. Et le père, selon l’acte d’accusation et ses aveux devant les gendarmes, continue à taper plus fort encore, « à la volée ».
Jusqu’à ce que l’enfant suffoque et « tourne de l’œil  ».

L’autopsie révélera que l’enfant a subi un traumatisme crânien avec un hématome sous-dural suivi d’une tentative de strangulation.

Source : http://www.leparisien.fr/

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