Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Paimpol | Condamné pour agressions sexuelles sur ses deux petites-filles

Papy m’a fait des choses bizarres

Un homme de 73 ans a été condamné ce 19 mars à 3 ans dont 2 ans et 6 mois avec sursis par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc pour des agressions sexuelles infligées à ses petites-filles de 7 et 9 ans.

Ce sont les révélations de la benjamine à une tante qui ont mis au jour les agressions sexuelles d’un grand-père sur ses deux petites-filles, dans la région de Paimpol.

« Papy m’a fait des choses bizarres. »

Une première fois en 2021 sur l’aînée, âgée de 9 ans et une seconde sur la plus jeune, 7 ans, en 2022.

Prévenue par sa sœur, la mère des fillettes porte plainte.

Hier, à la barre, le prévenu avance des pulsions. « Je ne m’explique pas comment j’ai pu passer à l’acte », assure celui qui qualifie ses agressions sexuelles de « bêtises » (sic).

« Ce sont des infractions extrêmement graves, pas des bêtises, reprend la présidente. Quand en avez-vous parlé à votre épouse ? »

Il se serait confié après la deuxième agression.

La magistrate s’étonne : « Et pourquoi pas avant, si c’était pour apaiser votre conscience comme vous dites ? » L’homme met en avant une dépression, qui sera démentie par un expert psychiatre attestant d’un état postérieur au dépôt de plainte.

Le procureur lui demande : « Vous n’aviez pas peur que ça se sache ? » « Si, mais je ne savais pas quoi faire» , répond le grand-père qui espère « que leur traumatisme s’atténuera dans le temps ».

Invitée à la barre, la maman ne pensait pas se retrouver face à son père devant un tribunal.

« La confiance en mes parents est détruite », sanglote-t-elle. Son mari la rejoint.

« La colère bouillonne en moi. J’attends de la justice que mes filles soient prises en charge. »

Durant sa plaidoirie, l’avocate des parents atteste que « la benjamine fait des cauchemars, quant à l’aînée, qui s’enferme sur elle-même, elle dit qu’elle n’a plus aucun rêve ».

Pour Nicolas Heitz, le procureur : « Les mots des parents disent toute la douleur d’une famille. Le prévenu nous dit qu’il n’a rien prémédité, certes. Des pulsions ? Peut-être. Mais l’intention était bien là chez un homme qui se pose en victime. »

Il requiert trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis probatoire.

L’homme est condamné à trois ans d’emprisonnement dont 30 mois avec sursis.

Il devra verser 9 000 € aux parties civiles et sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).