Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Concarneau | Attouchements sur une adolescente : deux ans de prison ferme

Reconnu coupable d’attouchements sur la copine de sa fille qu’il accueillait à son domicile, un Concarnois âgé de 32 ans a été condamné, hier, à trois ans de prison dont un an avec sursis et mise à l’épreuve.

« Je jouais, on chahutait… C’est possible que j’aie mis la main sur son sexe ». À la barre du tribunal correctionnel, le trentenaire jugé, hier, pour des faits multiples d’agression sexuelle sur la copine de sa fille, peine à s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés.

Il avait pourtant été catégorique lors de son audition par la police, reconnaissant que ce qu’il avait fait n’était pas normal. « Vous l’avez caressée une fois alors qu’elle était allongée à côté de vous, lui rappelle la présidente du tribunal, Marie-Anne Kerisit, avant d’énumérer les faits qui lui sont reprochés.
C’était un moment d’égarement ? » Comme il l’avait fait devant l’expert psychiatre, le trentenaire retourne la responsabilité de ses gestes vers l’enfant, décrivant son comportement qu’il qualifie de déviant. « Je n’ai pas pris conscience qu’elle se rapprochait. J’ai eu l’impression qu’elle voulait quelque chose de moi », finit par indiquer le prévenu. Il peine pourtant à s’expliquer lorsque le tribunal l’interroge sur la raison pour laquelle il avait continué à accepter de l’accueillir chez lui.

« Elle a un physique de petite fille »

Une jeune adolescente dont la maman est pourtant venue expliquer qu’elle jouait encore à la dînette avec son petit frère. « Elle a un physique de petite fille », éclaire l’avocat de la partie civile pour enfoncer le clou.

La répétition des gestes, à chaque nuit passée au domicile de sa copine, avait amené l’enfant à se confier à sa maman, en février, conduisant à l’interpellation du prévenu. Placé en garde à vue, il avait reconnu les attouchements évoqués par la jeune victime. « J’ai craqué en garde à vue », a commencé par expliquer le prévenu, aux premières minutes de l’audience. Les aveux, il les avait pourtant passés dès le début de sa première audition par les enquêteurs. « À la barre, cela devient très difficile d’avouer l’inavouable », admet la vice-procureure, Marie-Noëlle Collobert qui invite le tribunal à s’en tenir aux déclarations conformes à celle de la fillette, livrées en garde à vue. Soulignant une absence de prise de conscience, elle a requis une peine de trois ans de prison dont un an de sursis avec mise à l’épreuve.

« Pas de risque de déviance sexuelle »

Les déclarations obtenues durant la garde à vue sont accablantes. Me Vincent Omez, son avocat, en convient, rappelant toutefois que les aveux avaient été passés dans le rapport coercitif de la garde à vue et sans la présence d’un avocat. Le défenseur retient surtout les conclusions de l’expert psychiatre pour qui « rien ne fait penser à un risque de déviance sexuelle » chez ce père de famille qui avait toute la confiance des parents de l’enfant. Le tribunal a suivi les réquisitions, ordonnant une obligation de soins et d’indemniser la victime, et une interdiction d’exercer toute activité en contact avec des mineurs pendant cinq ans. Il a constaté l’inscription du trentenaire au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles.

Source: Le Télégramme