Nord | Un homme condamné pour agressions sexuelles et viols sur sa fille
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 22/06/2026
- 18:14
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- 59 | Nord , Agressions sexuelles incestueuses, Agressions sexuelles sur mineurs, Annœullin, Cantin, FIJAIS, Inceste, Injonction de Soins, Interdiction d'Exercer auprès des Mineurs, Interdiction De Contact Avec des Mineurs, Interdiction De Contact Avec Victime, Pédocriminalité, Prison Ferme, Roubaix, Suivi Socio Judiciaire, viol incestueux, viols sur mineurs
L’avocat de la partie civile a estimé le nombre d’actes sexuels infligés à 1302.
Un calvaire auquel l’un de ses frères a mis fin en le dénonçant.
« Huit ans et quatre mois durant lesquels la victime a subi des agressions sexuelles et des pénétrations (ndlr, des viols) », lance Me Frédéric Dartigeas, avocat de la partie civile. « Si je prends la fourchette haute, ce sont 1 302 actes subis par cet enfant. Plus de mille fois, elle a subi les assauts de ce corps de 115 kg sur son corps qui ne fait que 10 à 15 kg lorsque l’auteur commence. »
Des chiffres vertigineux qui en disent long sur l’horreur qu’a subie la victime aujourd’hui âgée de 18 ans.
De 2014 à 2022, dès l’âge de six ans jusqu’à ses 14 ans, Virginie (1) a été agressée sexuellement et violée par son père environ deux fois par semaine dans les différents domiciles familiaux, d’abord à Roubaix en 2014, à Annœullin de 2015 à 2017, puis à Cantin jusqu’en août 2022.
Un dossier sordide auquel s’ajoutent des viols tout aussi répétés durant huit ans également de la part de son grand frère, Cédric (1), quasiment durant la même période.
Ce frère avait 11 ans lorsqu’il a commencé les pénétrations sur la fillette de six ans.
Il sera jugé la semaine prochaine devant la cour d’assises des mineurs.
Il est aujourd’hui âgé de 23 ans.
À 6 ans, Virginie s’était confiée à son père sur les agissements de son frère.
« Elle va rechercher chez son père la protection qu’il lui doit. La seule protection qu’il lui apporte, c’est de faire encore pire et pendant plus longtemps », appuiera Me Dartigeas.
« Le passage à l’acte est un choix »
L’avocate générale, Hélène Berbion, avec beaucoup de pédagogie, expliquera aux jurés pourquoi selon elle l’accusé doit être condamné à 25 ans de réclusion criminelle et à un suivi socio-judiciaire de dix ans avec emprisonnement de cinq ans en cas de non-respect de ce suivi.
Elle précise qu’il « faut prendre en compte » les aveux immédiats de l’accusé, réitérés lors du procès, « même s’il y a eu des discordances dans les récits », mais elle rappelle aussi sa dangerosité.
« Il sait depuis vingt ans qu’il est pédophile. Il sait depuis 20 ans qu’il a des pulsions. Il y a vingt ans, il a agressé sexuellement sa première fille (issue d’une autre union) à l’âge de six ans. »
Il a été condamné à de la prison ferme en 2003 pour ces faits.
« Oui, il va voir le psychologue et le psychiatre en prison mais en termes de cheminement, on est très très loin. (…) Le passage à l’acte est un choix. »
La présidente, Cécile Guillo, exposera aussi à la cour différents éléments de l’enquête en questionnant à nouveau l’accusé sur la détention dans ses deux ordinateurs d’une photo de viol d’un homme sur une petite fille, de recherches sur le darknet d’images pédocriminelles ou encore de son attrait pour les mangas animés avec du contenu pédocriminel et zoophile.
Une déviance confirmée par l’expert psychiatre.
« Un climat horrible de violence »
L’homme, aujourd’hui âgé de 53 ans, en détention provisoire depuis 2022, travaillait à l’époque des faits.
Il était décrit comme « un travailleur agréable ».
La famille vivait recluse sans vie sociable en dehors du travail et de l’école dans une grande insalubrité.
À la maison, il était un homme violent et craint par les enfants.
Il frappait les trois enfants à coups de martinet, de coups de poing, de pied.
Sa femme les frappait aussi.
Ils ont été condamnés à de la prison en janvier 2024 pour ces faits.
« Ils évoluaient dans un climat horrible baigné de violence », redira l’avocate générale.
Quelle plaidoirie alors pour l’avocate de la défense, Me Diana Tir ?
Qui a espéré « qu’il y ait encore un peu de place pour la justice de monsieur » après l’ensemble des faits exposés durant deux jours.
Et de rappeler elle aussi que son client a tout de suite reconnu ses actes.
« Cette reconnaissance n’efface rien mais elle compte. »
Elle a aussi évoqué que celui que l’on a surnommé le « violeur de la Sambre » a été condamné à vingt ans de réclusion pour trente années de viols sur 56 victimes.
Le père incestueux a été reconnu coupable et condamné, vendredi, à 18 ans de réclusion criminelle avec suivi socio-judiciaire d’une durée de cinq ans, une injonction de soins, l’obligation d’indemniser les victimes (son frère s’était aussi constitué partie civile), l’interdiction d’entrer en contact avec elles et avec des mineurs et son inscription au Fijais (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).
Il encourt quatre ans d’emprisonnement s’il ne respecte pas son suivi.
Deux peines complémentaires ont été ajoutées, à savoir l’interdiction de travailler avec des mineurs et une peine d’inéligibilité de dix ans.
(1) Les prénoms ont été modifiés.
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