Caen | Un pédocriminel ne respecte pas son interdiction d’exercer auprès des mineurs

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Pédocriminel En liberté

Comme quoi les interdictions d’exercer auprès des mineurs ne sont pas controlées
Illustration | Tribunal de Caen. (©DR, actu.fr)
Un homme de 68 ans était jugé devant le tribunal judiciaire de Caen, mardi 2 juin 2026. Il lui était reproché d’avoir exercé une activité d’entraîneur dans un club de football auprès de mineurs malgré une interdiction administrative permanente, du 1er au 31 juillet 2021, à Caen.

Au cours de l’été 2021, à Caen, le prévenu avait encadré des jeunes âgés de 6 à 15 ans au sein d’un club de football.

Après avoir pris connaissance de son interdiction d’exercer, le club avait effectué un signalement le 16 mars 2022 auprès de la Direction départementale de la jeunesse et des sports ainsi qu’au procureur de la République.

Cette interdiction résultait d’un arrêté ministériel pris en 1997 à la suite d’une condamnation pénale prononcée l’année précédente pour une agression sexuelle commise sur un mineur de moins de 15 ans.

Les faits remontaient à 1995 lors d’une séance de plongée.

Malentendant, le prévenu comparaissait assisté d’un interprète en langue des signes.

À l’audience, il soutient que cette interdiction ne concernait que les centres de loisirs et les colonies de vacances, s’appuyant sur une décision ambiguë rendue par la cour d’appel plusieurs années auparavant.

Le procureur rappelle toutefois que le Code du sport interdit également l’encadrement sportif de mineurs aux personnes ayant fait l’objet d’une condamnation pénale pour ce type de faits.

L’expertise psychiatrique évoque une personnalité psychorigide, des traits paranoïaques ainsi qu’une dangerosité potentielle.

L’expert relève également une altération du discernement au moment des faits.

Il note enfin les difficultés rencontrées lorsqu’il a tenté d’aborder la sexualité du prévenu.

Interrogé sur ce point, ce dernier répond :

« J’ai le droit d’être catholique pratiquant. Je ne mets pas mon énergie dans le sexe. »

« Pour quelle raison vous focalisez-vous sur l’entraînement de mineurs plutôt que de poursuivre votre activité auprès de majeurs ? »

, lui demande la présidente.

Le sexagénaire ne répond pas à la question.

Son casier judiciaire comporte une seule condamnation.

Célibataire et sans enfant, cet ancien éducateur affirme qu’« il n’y a jamais eu de problème » dans son activité auprès des jeunes.

Estimant que « la loi est là pour protéger les mineurs des personnes qui ont commis des infractions sur eux », le procureur requiert six mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’une interdiction d’exercer toute activité au contact de mineurs pendant trois ans.

Le prévenu soutient pour sa part que le texte invoqué n’était pas applicable au moment des faits.

À l’issue de l’audience, il a été condamné à six mois de prison avec sursis simple.

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