Caen | Un ex-entraîneur de foot visé par une enquête pour agressions sexuelles sur ses joueuses

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Il a retrouvé un club dans le sud de la France
Un homme de 29 ans, ancien responsable de la section féminine d’un club de Caen, est sous le coup d’une enquête pour agressions sexuelles et corruption de mineures. Interdit d’exercer pendant six mois, il a retrouvé un club dans le sud de la France

Il était unanimement considéré comme un très bon éducateur, un « super coach », compétent et très impliqué.

Son équipe avait d’ailleurs réalisé une superbe saison 2024/25, obtenant 12 victoires en autant de matches de championnat, conclu par une promotion au plus haut niveau régional, ainsi qu’un beau parcours en coupe de France.

Mais, moins d’une semaine après la dernière rencontre, le 23 mai 2025, plusieurs licenciées ont signalé un « comportement inadapté » du responsable de la section féminine de la Maladrerie, un club de Caen.

Âgé de 29 ans, l’entraîneur aurait eu des « échanges à caractère sexuel » sur les réseaux sociaux avec des mineures, certaines de moins de 16 ans.

Il aurait également fait des propositions de relations sexuelles à des jeunes filles placées sous sa responsabilité.

Selon une décision de justice que nous avons pu consulter, il aurait utilisé des « réseaux sociaux plus privés que des plateformes d’échange plus traditionnelles pour masquer la teneur de certains échanges ».

Il aurait même entretenu une relation pendant deux ans avec l’une d’elles.

Deux plaintes ont été déposées et le parquet de Caen a ouvert une enquête pénale pour « agression sexuelle et corruption de mineure », confirme le procureur de la République de Caen, Joël Garrigue, contacté par Liberté Actu.fr. Plusieurs victimes ont été recensées.

À ce stade de l’enquête, l’ex-entraîneur maladien est toujours présumé innocent.

Pour se défendre, il aurait plaidé l’usurpation de son identité sur les réseaux sociaux, toujours selon la décision de justice que nous avons consultée.

À la Maladrerie, « l’affaire a fait beaucoup de mal »

Du côté de la Maladrerie OS, cette affaire a « fait beaucoup de mal », ne cache pas Thierry Deslandes, le président du club.

« De nombreuses joueuses ont quitté le club, souffle-t-il. Il y a clairement un avant et un après ».

Nombreux sont ceux qui sont tombés des nues en ayant vent de l’histoire.

Alerté par des joueuses seniors du comportement du responsable de la section, le président a pris le temps de vérifier ce qui était en son pouvoir de faire, avant de signaler ces faits aux autorités, dès le 30 mai. Soit tout juste une semaine après avoir été mis au courant.

Après avoir constaté qu’il y avait un « problème grave », il a pris ses « responsabilités de dirigeant ».

En tant que personne morale, le club ne pouvait pas déposer plainte directement.

Mais j’ai effectué un signalement auprès du procureur, via l’article 40, pour dénoncer ce que je savais. J’ai également fait remonter l’information à la Ligue de football de Normandie et auprès des services de l’État affirme Thierry Deslandes, président de la Maladrerie

Le club a pris le problème à bras-le-corps

Le président a ensuite reçu l’entraîneur incriminé pour un entretien préalable au licenciement, le 7 juin.

Sous contrat à durée indéterminée après deux ans comme alternant, le trentenaire a été licencié pour « faute grave », le 12 juin 2025.

La MOS a aussi organisé des échanges avec les familles, mis en place une référente sur ces sujets et recruté une femme comme responsable de la section féminine.

Interdit d’exercer pendant six mois, il a retrouvé un club dans le sud de la France

Suite au signalement auprès du service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (SDJES), le coach a aussi fait l’objet d’une sanction administrative.

La Préfecture du Calvados a en effet prononcé une interdiction d’exercer pour une durée de six mois, à compter du 18 juin 2025.

Celle-ci a pris fin en décembre 2025 et l’entraîneur a, depuis, retrouvé un club. Il entraîne une équipe féminine dans le sud de la France.

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