Arras | Une pionne prend 12 mois de sursis pour agression sexuelle sur mineure

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« Je ne saurais pas dire comment ça a dérapé »
Ce mardi, l’assistante d’éducation d’un collège de l’Arrageois comparaissait devant le tribunal judiciaire d’Arras pour corruption de mineur et agression sexuelle, après avoir entretenu une relation intime avec une élève en classe de 4e, deux fois plus jeune qu’elle.

Comment cette assistante d’éducation (autrefois appelée « pionne ») dans un collège de l’Arrageois en est-elle arrivée à entretenir une relation sentimentale avec une élève de 4e ?

« J’ai un suivi psychologique pour essayer de comprendre mais pour l’instant, je n’ai pas de réponse », témoignait-elle à la barre du tribunal judiciaire d’Arras, ce mardi.

Tout est allé très vite. À peine un mois après la rentrée scolaire, la jeune femme alors âgée de 25 ans et l’adolescente qui, elle, en a 13, sympathisent. « Elle se confiait beaucoup à moi pendant les heures de permanence. » Que ce soit sur son attirance assumée pour les filles ou ses problèmes familiaux qui font écho à ceux qu’elle-même a vécus. « Je me suis reconnue à travers elle. »

Elles échangent d’abord des messages via les réseaux sociaux, un premier baiser – qui sera suivi d’autres – puis des photos plus intimes.

« Je ne saurais pas dire comment ça a dérapé », indique la prévenue,

Tout en précisant qu’à chaque fois l’initiative venait de la collégienne, décrite comme très mature pour son âge.

« Même si elle a fait le premier pas, c’était à vous, en tant qu’adulte responsable, de prendre les distances requises », appuie le procureur, conscient néanmoins d’une forme d’engrenage dans ce dossier.

« Je n’ai pas réussi à mettre de limites à ce moment-là. Je m’en veux ! », regrette-t-elle.

D’autant que le 17 décembre, les choses vont beaucoup plus loin. Toutes les deux ont un rapport intime dans la voiture de la jeune femme. Consciente qu’elle a outrepassé les limites, l’assistante d’éducation, par ailleurs en couple avec un jeune homme, met un terme à leur histoire. Ce que la collégienne, déjà fragile, aurait très mal vécu.

« C’est très compliqué, révèle le père de cette dernière, hospitalisée à deux reprises suite à des tentatives de suicide. Les crises d’angoisse, les scarifications, le mal-être… Tout s’est aggravé. »

Et son épouse de renchérir : « Tous les jours, on est sur le qui-vive. On vit dans la peur de ce qui peut se passer. »

Présente à l’audience, leur fille, visiblement affectée, n’a pas souhaité prendre la parole.

Poursuivie pour corruption de mineur et agression sexuelle, la surveillante a été condamnée à 12 mois de prison avec sursis assortis d’une interdiction d’exercer une activité en contact avec des mineurs durant cinq ans. Elle devra, par ailleurs, indemniser la collégienne et ses parents, qui se sont constitués parties civiles, à hauteur de 4 500 euros.

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