Vesoul |Déjà condamné début 2025 pour détention d’images pédocriminelles
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 30/05/2026
- 21:02
Dominique B. est en garde à vue au commissariat de police de Vesoul depuis ce mardi 12 mai en fin d’après-midi, après avoir été piégé en ligne par un internaute se présentant comme un “chasseur” de pédocriminels. La garde à vue a été prolongée ce mercredi 13 mai, annonce le parquet de Vesoul dans un communiqué.
Dans une vidéo diffusée en direct sur Twitch, on voit Dominique B. dialoguer avec Finnyzyy, un internaute qui revendique aller “à la chasse aux prédateurs sexuels” en ligne. Le dispositif est simple : grâce à l’intelligence artificielle, le visage de l’internaute est modifié pour laisser apparaître une adolescente de 14 ans. La cible pense dialoguer avec une jeune fille alors qu’il s’agit d’un adulte, qui retransmet l’échange à sa communauté.
“Est-ce que je pourrais t’embrasser ? Est-ce que ça te ferait envie ?”
Dominique B. propose à la jeune fille “de l’emmener au parc pour aller voir un match de football”. L’échange prend rapidement un tour effrayant.
“En rentrant, quand on sera tranquille tous les deux, est-ce que je pourrais t’embrasser ?”,
interroge l’ancien directeur de l’UNSS, qui se targue “d’avoir été connu”.
“Est-ce que ça te ferait envie? Est-ce que tu as déjà fait des nudes (photo nue) sur Snap (le réseau social Snapchat)“,
lance l’ancien directeur de l’UNSS en Haute-Saône. Face à ces propositions, la jeune fille transformée par l’intelligence artificielle, lui répond qu’elle est âgée de “14 ans”.
Si la séquence fait autant réagir, c’est que Dominique B. n’est pas inconnu. Il a été responsable du sport scolaire en Haute-Saône pendant plusieurs années et il a été condamné en début d’année 2025 pour détention d’images de mineurs à caractère pornographique et tentative de corruption de mineurs par le tribunal correctionnel de Vesoul. Le scandale avait éclaté en 2020. À l’époque, il est mis en examen pour agression sexuelles sur mineurs.
Plusieurs familles avaient saisi la justice pour dénoncer des envois de SMS à caractère sexuel à des lycéennes de Lure. S’il avait relaxé pour agression sexuelle, il avait été condamné pour détention d’images à caractère pédocriminel et tentative de corruption de mineurs.
Dès lundi soir, lors du direct des internautes qui reconnaissent l’individu écrivent son nom dans les commentaires. La toile s’embrase et à la première heure le mardi matin tous les services sont mobilisés. En moins d’une heure la gendarmerie de Haute-Saône, le commissariat de la Police Nationale à Vesoul et le parquet de Vesoul sont sur l’affaire.
Au même moment, la cellule de veille sur les réseaux sociaux de la Police Nationale à Paris appelle Vesoul. Les enquêteurs cherchent dans un premier temps à identifier l’individu, puis dans un second temps à le localiser. Ils n’ont pas le temps d’aller l’interpeller chez lui, l’homme se présente de lui même ce mardi après-midi au commissariat de Vesoul où il est placé immédiatement en garde à vue.
Une garde à vue de 24 heures qui a été prolongée ce mercredi 13 mai, annonce le parquet de Vesoul dans un communiqué.
Le parquet de Vesoul précise que ses supports numériques ont été saisis : ordinateur portable, tablette, clefs USB, téléphone ou encore carte SD. Une enquête est ouverte des chefs de “fabrication, diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité accessible à un mineur, propositions sexuelles faites à un mineur de quinze ans par un majeur utilisant un moyen de communication électronique et sollicitation d’un mineur par un majeur pour la diffusion ou la transmission de son image à caractère pornographique“.
Les enquêteurs de la division de la criminalité territoriale de la police de Vesoul sont en charge des investigations. Les policiers doivent notamment procéder à l’exploitation des supports informatiques du mis en cause et “vérifier les circonstances dans lesquelles cette vidéo a été réalisée”, précise le procureur de la République de Vesoul, Arnaud Grécourt.
L’homme qui a été piégé est en récidive légale : en janvier 2025 il avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire par le tribunal judiciaire de Vesoul pour détention et transmission d’images à caractère pédocriminel. Il avait été relaxé pour les faits de tentative de corruption qui lui étaient reprochés.
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