Foix | 8 mois de sursis pour avoir envoyé une photo de son sexe à une fillette de 11 ans
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 28/04/2026
- 18:24
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La honte est palpable : c’est la première fois qu’il se retrouve devant le tribunal judiciaire de Foix, ce mardi 24 mars 2026, pour répondre de faits de corruption d’une mineure de moins de quinze ans.
Il écope de huit mois de prison avec sursis et obligation de soins.
Le visage dissimulé sous des cheveux ondulés, Rémi*, 24 ans, ose à peine lever les yeux vers la présidente.
Les faits remontent au 9 mars 2025. En dépression après une rupture, il envoie une “dick pic” (photo de son sexe) à une fillette de 11 ans.
Emilie*, 11 ans, qui habite la commune de Châlons-en-Champagne, vient de créer un compte TikTok.
Très vite, ses vidéos attirent l’attention de plusieurs hommes, qui n’hésitent pas à commenter. L’adolescente finit par échanger avec eux et reçoit, en retour, des photos de leur sexe.
Lorsque sa mère découvre ces messages à caractère sexuel, elle se rend immédiatement à la gendarmerie pour déposer plainte.
Rémi, qui utilisait la ligne téléphonique de sa mère depuis le domicile familial à Pamiers, est rapidement identifié.
“J’ai du mal avec le contact humain, tout court”
À la barre, les mots lui manquent. Le mis en cause ne nie rien, mais semble incapable d’ajouter quoi que ce soit. Il ne pouvait ignorer le très jeune âge d’Émilie : elle le lui avait dit.
“On voit que vous êtes sur le plan de la drague, on comprend vers quoi vous allez, et elle, ne comprend pas du tout”, retrace la présidente face au mutisme du jeune homme.
“Vous lui dites que vous êtes en train de vous branler et vous envoyez une photo de votre sexe”, poursuit-elle. Aucune réponse.
Mais la magistrate n’a pas l’intention de lâcher l’affaire. Elle veut comprendre.
Que se passe-t-il dans la tête de Rémi lorsqu’il reçoit, à sa demande, une photo de la poitrine de l’adolescente ?
Que se passe-t-il lorsqu’il lui demande si elle aimerait coucher avec un adulte, ou lorsqu’il lui ment d’emblée en affirmant avoir 15 ans, puis 20 ans ?
“On peut se demander si vous l’aviez rencontrée en vrai, ce qui se serait passé”, s’inquiète la magistrate.
Lorsqu’il finit par admettre qu’il ne se serait strictement rien passé avec la fillette, la présidente s’intéresse à son rapport avec les femmes.
“Ce n’est pas un objectif principal”, glisse-t-il, avant d’ajouter :
“J’ai du mal avec le contact humain, tout court.”
Peu à peu, Rémi se confie sur cette période compliquée de sa vie, au moment des faits : une relation qui a pris fin parce que sa copine voyait quelqu’un d’autre, l’arrêt de sa formation en développement web à Toulouse, puis son retour chez sa mère à Pamiers. Aujourd’hui, rien n’a évolué.
“Ça peut se rapprocher du syndrome de la dépression ?”
“Vous comprenez bien que vous n’allez pas rester chez votre mère à vous tourner les pouces toute votre vie, s’enquiert la présidente.
Vous ne vous êtes pas dit que vous n’alliez pas bien sur le plan psychologique ? Je ne suis pas psychiatre, mais ça peut se rapprocher du syndrome de la dépression ?”
“Ça y ressemble”, lâche-t-il d’une voix à peine inaudible, admettant qu’il n’a pas souhaité consulter de peur d’être jugé.
Une assesseuse, surprise, rebondit immédiatement :
“C’est plus compliqué d’appeler un psy que d’envoyer une photo de son sexe ?”
“Je ne sais pas quoi répondre”, murmure le prévenu.
Pour le procureur de la République de Foix, le doute n’existe pas. Huit mois de prison, assortis d’un sursis probatoire de deux ans et d’une obligation de soins, sont requis ainsi qu’un stage de cyberdélinquance.
En guise de peine complémentaire : interdiction d’exercer toute activité professionnelle en lien avec les mineurs pendant trois ans.
À l’audience, son avocate, Me Plais-Thomas, insiste sur sa posture “de repentir, pas d’évitement, ni de déni”.
“Il y a une forme de courage même, de se présenter alors que c’est difficile pour lui.”
Elle décrit un jeune homme figé depuis les faits. Figé dans sa vie personnelle et professionnelle.
“Il ne s’est autorisé à rien.{…} Ce n’est pas quelqu’un qui respire la joie de vivre. Sa chambre est désordonnée, remplie de mégots : c’est quelqu’un qui ne va pas bien. Je pense qu’il doit être suivi médicalement.”
Rémi est reconnu coupable, le tribunal s’appuie sur les réquisitions du procureur de la République.
* Le prénom a été modifié
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