Strasbourg | 15 mois de prison pour consultation de fichiers pédopornographiques
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 02/06/2026
- 10:40
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Face aux juges des comparutions immédiates, l’homme de 47 ans admet avoir consulté des fichiers et vidéos pédocriminels.
Les gendarmes de Haguenau, destinataires d’un signalement émanant de la justice parisienne, ont établi que le mis en cause détenait plus de 2 000 photos et vidéos pédopornographiques sur son téléphone, ainsi que 380 fichiers sur l’une de ses tablettes. Les clichés ciblent des mineures âgées de 10 à 15 ans.
« Pour moi, c’étaient des adolescents, pas des enfants »
Depuis le box, le prévenu se lance dans un monologue pour expliquer le point de départ de sa dérive :
« Je souffre de solitude et de dépression depuis des années. Je suis tombé sur le site Coco, où l’on pouvait parler librement et facilement avec beaucoup de gens, sans être jugé. »
« Je suis d’abord tombé sur des sites pornographiques pour adultes. Puis on m’a proposé des liens qui m’ont amené à voir de la pédopornographie. Sans parler d’excitation, je ressentais des palpitations qui engendraient de l’adrénaline. Ça me sortait de l’ordinaire. Je bravais l’interdit. »
« Tous les dépressifs ne consultent pas de la pédopornographie », le recadre la présidente du tribunal correctionnel.
« Pour moi, c’étaient des adolescents, pas des enfants, glisse maladroitement le prévenu. Je me trompais. »
« Et si c’était votre fille sur ces photos, vous en penseriez quoi ? » l’interrompt Célia Hoffstetter.
« J’ai pris conscience qu’ils étaient des victimes. Je regrette », assure le mis en cause.
Déjà condamné en 2014
Lors de ses réquisitions, le procureur Stéphane Renard enfonce le clou :
« Ce sont des mineurs sur ces vidéos, des mineurs en pleine construction qui ont été plongés dans l’horreur. Ce n’est pas du virtuel ! »
Le représentant du ministère public discerne « une véritable dépendance à ce type de contenu », d’autant que le mis en cause avait déjà été condamné en 2014 pour des faits similaires.
Me Ludivine Budria, avocate de la défense, en convient : les agissements de son client « interrogent et inquiètent ».
Elle se fait l’écho de la honte de son client et témoigne de sa fragilité psychologique depuis sa séparation avec son épouse, au point de bénéficier de l’allocation adultes handicapés (AAH) en raison d’un état dépressif sévère.
L’avocate préconise une obligation de soins psychiatriques en lien avec les faits pour éviter toute réitération.
Le prévenu est condamné à quinze mois de prison, dont neuf mois avec sursis probatoire, assortis d’une obligation de soins.
La partie ferme de la peine est aménagée sous bracelet électronique à l’audience.
Les juges ordonnent également l’interdiction d’exercer toute activité en lien avec des mineurs, même à titre bénévole.
Le prévenu est désormais inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
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