Maubeuge | Un beau-père violeur prend 12 ans

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Le consentement à toutes les sauces.
Un Maubeugeois de 36 ans a été condamné par la cour criminelle du Nord à 12 ans de prison pour avoir agressé sexuellement et violé sa belle-fille, mineure au moment des faits, durant plusieurs années.

Elle a accepté.

L’accusé répète comme pour s’en convaincre lui-même. Face à lui, la présidente recadre :

« À 15 ans, elle ne peut pas être d’accord. »

Dans la salle d’audience de la cour criminelle du Nord, à Douai, ce Maubeugeois est jugé, ces mardi et mercredi, pour viols et agressions sexuelles sur Marie*, sa belle-fille, mineure au moment des faits, entre 2017 et 2020.

La question du consentement aura été centrale lors de ce deuxième et dernier jour d’audience. Par plusieurs questions, la juge tente de connaître les motivations du prévenu.

« Elle a accepté qu’on couche ensemble », a-t-il affirmé à plusieurs reprises.

La cour essaie alors de savoir l’accusé avait des sentiments envers la victime, mais à ses yeux c’était l’inverse : « Je ne suis pas persuadé à 100 %, mais elle était un peu amoureuse de moi. »

L’homme parle vite, s’énerve et s’embrouille dans ses propos pour se justifier.

La présidente poursuit : « Qui prenait l’initiative ? »

« C’est moi », admet-il.

Une contradiction que la cour exploite patiemment : « Mais si elle était amoureuse de vous, elle aurait pu aussi prendre l’initiative ? »

Une magistrate relaie : « Comment vous percevez qu’une personne est d’accord ? » . Une réponse hésitante : « Je lui ai fait une proposition et elle a accepté… Je sais pas… ». Après plusieurs relances restées vaines, elle en conclut : « C’est peut-être ça, le problème. »

« Défouloir sexuel »

Dans ses plaidoiries, l’avocate générale insiste la « non-réciprocité d’amour » :

« Au-delà de l’autorité parentale, de l’âge, il ne peut pas avoir de consentement. Sa sœur a entendu des pleurs, la victime a crié et a parlé de violences. Il faut que le prévenu l’entende. »

Pour l’avocat de la victime, Olivier Gaillard, Marie* n’était ni plus ni moins que le « défouloir sexuel » du Maubeugeois. Il rappelle d’ailleurs une première condamnation en 2016, déjà pour violences à l’encontre de la victime.

Quant à la défense du prévenu, assuré par Corentin Moreau, l’explication des faits tient de son « immaturité » :

« C’est finalement un adolescent dans le corps d’un adulte. Il a agi parce qu’il a d’abord pensé à lui, à ses besoins, et ensuite il a réfléchi à ses actes. »

Après près de deux heures de délibéré, la cour a tranché.

L’homme de 36 ans est condamné à douze ans de prison. À cette issue, il devra se faire accompagner psychologiquement durant quatre ans et ne peut approcher la victime, ni son domicile.

S’ajoutent une inscription au fichier des auteurs d’infraction sexuelle et l’interdiction de travailler avec les mineurs durant dix ans.

Le Maubeugeois devra également dédommager la victime à hauteur de 28 000 euros.

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