Reims | Sursis pour un pédo de 56 ans piégé par un ado

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Pédocriminel En liberté

« Il y a peut-être eu confusion, je n’ai pas vraiment compris » qu’elle était mineure
À Reims, ébranlé par l’histoire d’une amie, victime d’une agression sexuelle commise par un homme plus vieux qu’elle, un adolescent s’est mis en tête de débusquer un pédophile de 56 ans sur un site de rencontre. La cible a mordu à l’hameçon.

Sa petite amie s’est confiée à lui. Quelques mois auparavant, elle a été victime d’une agression sexuelle commise par un adulte rencontré via les réseaux sociaux, celui-ci a d’ailleurs été condamné pour ses agissements.

Dans le même temps, le jeune homme découvre tous les abus qui ont pu avoir lieu grâce au site Coco, fermé après avoir alimenté bien des chroniques judiciaires.

« Cela l’a beaucoup choqué, rapporte Me Braconnier, avocate de celui qui n’a alors que 17 ans. Il s’est dit que ce n’était pas normal, qu’il fallait arrêter les gens comme ça. Il ne l’a peut-être pas fait de la meilleure des façons, mais c’était un acte citoyen. »

Le jeune homme de 17 ans au moment des faits crée un profil et se fait appeler Julia. Très vite, Thierry le contacte.

Dès les premiers messages,

« Julia » l’informe, « j’ai 15 ans, ça ne te dérange pas ? »

Il répond « non » et ajoute, « et toi, mon âge te convient ? » « Oui, j’aime les hommes d’âge mûr. »

Le piège se referme tandis qu’il lui envoie des messages plus lubriques les uns que les autres.

Thierry lui demande une photo. « Julia » en trouve une sur Internet et la lui envoie.

« Il n’y a aucun doute sur le fait que cette image représente une mineure », atteste la substitut du procureur.

« Pour moi, c’était une jeune femme », dit Thierry qui vient de se mettre d’accord avec elle pour une relation sexuelle. Ils se retrouvent place René-Clair, quartier Murigny. «

Quand je suis arrivé, je me suis rendu compte que ce n’était pas une femme mais un homme qui m’attendait », explique le Rémois de 56 ans qui assure avoir été menacé avec un couteau.

Il se réfugie dans un supermarché voisin où il est interpellé. La police n’a pas trouvé la moindre trace d’un couteau et le directeur du magasin, qui a assisté à la scène, n’a vu aucune arme.

« Il s’est fait son petit scénario, ça va avec le reste », commente la substitut du procureur.

Thierry est un habitué des tribunaux, il a déjà été condamné à 21 reprises, essentiellement pour des atteintes aux biens et des délits routiers.

C’est la première fois qu’il doit répondre de corruption de mineur mais conteste tout ce qui lui est reproché. Il assure qu’il ne savait pas qu’il discutait avec une personne de 15 ans, quand bien même elle le lui a dit d’entrée de jeu.

« Il y a peut-être eu confusion, je n’ai pas vraiment compris », dit-il.

« Un peu facile comme réponse », lui fait remarquer le parquet. « On peut lui mettre n’importe quelle preuve sous les yeux, c’est toujours faux », ajoute Me Braconnier.

18 mois de prison avec sursis probatoire

« Malheureusement, on a souvent ce discours dans de tels dossiers, regrettait la substitut du procureur. Or, les échanges qu’il a avec « Julia » démontrent parfaitement le fantasme qu’il s’est fait autour de l’âge de cette jeune fille. »

Thierry a été condamné à 18 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans. Il a l’interdiction d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs et son nom est désormais inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.

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