Europe | Plus de 200 personnes ont été interpellées pour avoir acheté en cryptomonnaies une série d’images à caractère pédocriminel sur le Darknet
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 08/04/2026
- 15:40
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Fin mars, il aurait dû s’envoler pour le Japon et la Corée du Sud en compagnie d’Emmanuel Macron et de la délégation française. Mais Simon (1), patron d’une entreprise de cybersécurité lauréate du programme French Tech 2030, a été interpellé la semaine dernière dans le cadre d’un vaste coup de filet européen sur une plate-forme pédocriminelle.
Comme 231 autres internautes démasqués à travers toute l’Europe, l’ingénieur, à la tête d’une start-up spécialisée dans l’anticipation des cybermenaces – qui compte parmi ses clients le FBI et la Commission européenne -, est soupçonné d’avoir acheté des images et des vidéos pédocriminelles via une plate-forme pédocriminelle du Darknet intitulée « Alice with violence CP ».
Selon nos informations, Simon, qui se trouvait à San Francisco, aux États-Unis, le 27 mars dernier, pour la conférence RSAC 2026, l’un des plus grands événements au monde sur la cybersécurité, a été interpellé à son retour en France.
Interrogé par les enquêteurs de l’Office mineurs (Ofmin), le nouvel office central de police judiciaire en charge des violences faites aux mineurs, le chef d’entreprise a reconnu « la matérialité des faits », mais il a expliqué qu’il s’agissait d’un « travail exploratoire dans le cadre de ses activités passées en lien avec la cybersécurité ».
Pourtant, ses explications, jugées « peu convaincantes », n’ont pas empêché l’ingénieur d’être déféré devant la justice puis d’être placé sous contrôle judiciaire.
Hasard du calendrier, il aurait dû faire partie de la délégation d’acteurs de la tech française conduite par la Mission French Tech et Business France qui a accompagné Emmanuel Macron au Japon et en Corée du Sud du 31 mars à ce vendredi 3 avril.
Et pour cause, le patron de la start-up, qui a rencontré le président de la République à l’Elysée en novembre dernier – selon une photographie de leur poignée de main postée sur son compte LinkedIn -, fait partie des lauréats du programme French Tech 2030, qui opère une sélection d’« acteurs émergents de l’innovation ».
Mais la venue de Simon. a été annulée in extremis. Selon nos informations, l’affaire est remontée jusqu’à Beauvau, qui a prévenu le cabinet du président de la République. Résultat, le Français a été débranché à la hâte et n’a pas participé au déplacement présidentiel.
Contacté par Le Parisien, l’Élysée confirme que le chef d’entreprise. n’était pas présent au sein de la délégation.
L’affaire remonte au mois de janvier dernier. À l’époque, les services de la police criminelle de Bavière, le BLKA, préviennent leurs homologues européens : ils ont en leur possession une liste d’internautes ayant acheté des images à caractère pédocriminel sur une plate-forme pédocriminelle du Darknet intitulée « Alice with violence CP ».
Les internautes pouvaient y acheter, contre un paiement en cryptomonnaies, des « packages » contenant des vidéos à caractère pédocriminel. En étudiant les portefeuilles de ces internautes, les enquêteurs du BLKA sont parvenus à identifier et localiser 232 acheteurs en Europe, dont 20 en France.
Le parquet de Nanterre décide de se saisir du dossier et ouvre, le 12 février dernier, une enquête préliminaire pour identifier formellement ces 20 Français. Car selon le BLKA, on est loin de la mauvaise manipulation.
« Le contenu acheté était labellisé avec un vocabulaire explicite et accompagné d’une image d’illustration de sorte que l’éventualité d’un achat involontaire était exclue », a-t-on appris de source proche du dossier.
Les 21 pays concernés se mettent alors d’accord, sous l’égide de l’Allemagne à l’origine de l’enquête, pour interpeller de manière conjointe les internautes soupçonnés d’avoir acheté du contenu pédocriminel au mois de mars.
Côté français, l’opération est confiée à l’Office mineurs (Ofmin), le nouvel office central de police judiciaire en charge des violences faites aux mineurs, qui décide de mener les interpellations du 23 au 27 mars.
Des profils divers
En quatre jours, les vingt suspects sont interpellés et placés en garde à vue pour « acquisition de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique », « détention de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique » et « consultation habituelle d’un service de communication au public en ligne mettant à disposition l’image ou la représentation pornographique de mineur », selon les informations du Parisien.
Parmi les vingt mis en cause, trois d’entre eux ont été relâchés sans poursuites : un retraité de 73 ans, un employé de boulangerie de 30 ans et un homme de 32 ans, salarié d’une société de construction, déjà condamné pour détention de contenus pédocriminels.
Les faits les concernant ont déjà fait l’objet d’une précédente procédure judiciaire, selon nos informations.
Sept autres hommes, eux, ont été laissés libres en attendant que les enquêteurs terminent l’exploitation de leurs supports numériques. Là encore, les profils sont divers : un jeune homme de 22 ans, autoentrepreneur dans le secteur de l’e-commerce et des jeux vidéo, un agent d’entretien de 50 ans, un quadragénaire salarié dans la restauration, un militaire de 33 ans et même un animateur périscolaire, également surveillant de collège, âgé de 21 ans.
Neuf autres ont été renvoyés en jugement. L’un d’eux, un homme de 24 ans, salarié dans la restauration, a été jugé en comparution immédiate devant le tribunal correction de Pontoise. Il a été condamné à 10 mois de prison avec sursis.
Le dernier, quant à lui, a été placé en détention provisoire dans le cadre d’une information judiciaire. Un « grand nombre de contenus pédocriminels » ont été découverts au domicile de cet homme de 36 ans, sans emploi.
Le patron de la tech, lui, devra s’expliquer le 7 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Nanterre. Dans le cadre de son contrôle judiciaire, il a notamment interdiction d’exercer une activité en lien avec les mineurs.
Des accusations que son avocate Me Margaux Mathieu réfute en bloc :
« Ce renvoi est parfaitement scandaleux. Mon client a acheté un fichier dans le cadre de recherches sur le fonctionnement des wallets de cryptomonnaies. Il ne l’a jamais téléchargé, il ne l’a jamais ouvert. » affirme-t-elle.
Selon le conseil, aucun élément à caractère pédocriminel n’a été identifié alors que l’enquête a examiné toutes les données, les consultations et l’entourage de l’ingénieur.
« Il est absolument innocent, et la justice le reconnaîtra »
conclut Me Margaux.
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