Tours | Un pédocriminel piégé sur internet par un collectif de parents

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Des parents piègent un pédocriminel sur internet
Un homme, la trentaine, discutait en ligne avec de jeunes filles. De faux profils créés par un collectif qui traque les pédocriminels sur les réseaux sociaux. Il a été condamné à 3 ans de prison, mardi 18 janvier 2022 à Tours.

Identité, adresse, conversations… Un collectif de parents qui créent de faux profils sur les réseaux sociaux pour identifier de potentiels pédocriminels avait tout en sa possession. Le tout envoyé sous forme de signalement au procureur de la République. C’est ainsi qu’un homme s’est retrouvé face au tribunal correctionnel de Tours, mardi 18 janvier.

Après avoir reconnu devant les enquêteurs les conversations à caractère sexuel avec des profils de jeunes filles de moins de 13 ans, le trentenaire livre une version étonnante aux magistrats : lui aussi chercherait à piéger des internautes mal-intentionnés.

Mélange d’étonnement et de sidération du côté des juges.

« Pour quelle raison vous masturbez-vous, vous prenez-vous en photo nu ? »,

lui assène alors Christine Blancher, présidente du tribunal.

Pendant ces conversations, qu’il entretient entre octobre 2019 et avril 2021, il insiste auprès des adolescentes pour obtenir des photos, suggérant des poses, des gestes et passe finalement à des échanges via webcam. Dans ses auditions, il reconnaît une attirance pour les fillettes sur internet, chose qu’il réfute à la barre :

« Ils m’ont obligé à le dire, sinon, hop, prison. »

« L’acte réel c’est un viol »

Son attitude apparaît en décalage avec les faits reprochés :

« C’est quoi la corruption de mineurs pour vous ? »,

se voit-il demander. L’homme répond par

« la rencontre, l’acte réel ».

« L’acte réel, c’est un viol »,

lui répond la présidente.

Si la plupart des profils qu’il a rencontré sur les réseaux sociaux étaient des faux, au moins une adolescente est identifiée. Son matériel informatique perquisitionné révèle des scènes sexuelles sous forme d’images de synthèse, une découverte peu habituelle note le tribunal. Des images qui échappent à la législation de certains pays.

Bracelet électronique

« Le tribunal est particulièrement inquiet des propos que vous avez tenus »,

affirme Christine Blancher au moment de rendre le jugement. L’homme est condamné à 3 ans de prison dont deux assortis d’un sursis probatoire renforcé, qui incluent une obligation de soins. Pour la partie ferme, il l’effectuera à domicile, sous bracelet électronique.

« Dans ce dossier, vous n’êtes victime de rien, vous êtes l’auteur coupable »,

termine le tribunal.

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