Les réseaux pédocriminels n’existent pas | Round 70 | Réseau White Tiger – 764
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
non
- 23/03/2026
- 17:00
Catégories :
Mots clés :
- Abus Sexuel sur Mineur, Allemagne, Cadenhead, coercition numérique, Colby Taylor, Cyber-Pédocriminalité, Détention de matériel pédopornographique, Discord, Extorsion Entraînant la Mort, FBI, Hambourg, Jan Hieber, Jay Taylor, Jeff Cadenhead, Meurtre, Réseau 764, Réseaux Sociaux, Seattle, Stephenville, The Com, Tigre Blanc
Le podcast complet (en trois parties) de cet article est téléchargeable ci-dessous (clic-droit puis “enregistrer la cible du lien sous”) ou à retrouver sur notre chaine Youtube.
Podcast – Réseau White Tiger – 764 (30′)

Le 9 janvier 2026 s’est ouvert à Hambourg le procès de Shahriar J, 21 ans connu sous le pseudo de « Tigre Blanc ».
82 dates d’audience sont prévues pour le procès qui promet de s’étaler jusqu’en décembre 2026.
L’accusé fait face à 204 chefs d’accusation, commis entre janvier 2021 et septembre 2023 sur plus de trente enfants et adolescents.
L’enquête sur Shariar J. a révélé l’horreur d’un réseau cybercriminel auquel il appartenait : le 764.
Depuis son inculpation, le FBI n’a de cesse de traquer cette nouvelle forme d’ultra violence.
L’affaire qui met le feu aux poudres
17 janvier 2022
Eva* a 12 ans lorsqu’elle entre en contact avec un jeune Américain de la côte ouest, Jay Taylor . Elle-même habite en Europe du Nord. Les deux ados, très fragiles, se retrouvent sur un forum dédié aux personnes qui se battent contre l’automutilation.
Eva est déjà enrôlée par celui qui se fait appeler « Tigre Blanc ». Depuis 7 mois, il la harcèle en ligne. Elle a déjà cédé à certaines de ses demandes et il a en sa possession des photos compromettantes de la fillette. De quoi la faire chanter, et obtenir toujours plus.
Plus… jusqu’où ?
Le « tigre » exige son suicide en direct. Il lui envoie un manuel d’instruction à ce sujet.
L’emprise qu’il a sur Eva est totale, mais du haut de ses 12 ans, la petite n’est pas candidate au suicide. Alors pour apaiser le « Tigre », elle cherche à lui fournir une autre victime.
Jay a 13 ans et souffre d’une dysphorie de genre.
Dans l’année de ses 12 ans, anorexie, dépression, automutilation inquiètent ses parents.
L’enfant suit une thérapie à Seattle et semble aller mieux, mais son comportement reste instable.
Il demande à ses parents de le surveiller, de lui prendre son téléphone. Les parents de Jay fixent avec lui des règles d’utilisation de ses appareils numériques.
Le 17 janvier 2022, Eva contacte Jay et lui envoie le manuel d’instruction sur le suicide, puis ils en discutent sur la plate-forme Discord.
Il faudra deux heures à la jeune fille pour convaincre Jay de passer à l’acte. Par trois fois, il affirme ne plus avoir d’idées suicidaires.
Mais Eva a été bien formée. En désespoir de cause, elle propose au garçon de se tuer avec lui. C’est un de ses derniers messages « surtout, ne te suicide pas sans moi », lui écrit-il.
Elle a gagné.
Pour Jay, il est 2h30 du matin. Il s’éclipse de la maison, passe devant sa mère endormie. Il emporte une rallonge électrique blanche au passage.
Au même moment, Eva crée un groupe sur Instagram pour diffuser le suicide en direct.
Lorsque l’appel Instagram débute, Shahriar J. dit le « tigre blanc » prend le contrôle de la conversation.
Jay Taylor s’arrête à environ quinze minutes à pied de chez lui, à quelques mètres des conteneurs à ordures et du quai de chargement des camions d’un supermarché. Il se place devant une clôture grillagée.
Tu as une corde ? s’inquiète Shahriar J.

Il exige que Jay se déshabille, mais l’adolescent garde son t-shirt noir et blanc.
Il pose son iPhone 6 au sol devant lui de manière à filmer son visage et le haut de son corps. Il attache la rallonge électrique à la clôture.
Puis il se passe un nœud coulant autour du cou.
Alors que Jay lutte pour sa vie, d’autres utilisateurs rejoignent la diffusion en direct. Six minutes plus tard, Jay est mort.
Dans les secondes qui suivent, les témoins se moquent de lui, l’insultent avec des propos transphobes et affirment qu’il ne méritait rien de moins. Shahriar J. conserve une copie de la vidéo.
Intervient alors une autre jeune fille, australienne, ancienne victime d’un réseau similaire. La vidéo de Jay qu’elle découvre la révolte. Elle retrouve sur discord un camarade de classe de Jay qui lui donne les coordonnées de son père. Elle lui transmet alors la vidéo. Lui-même l’envoie ainsi que toutes les autres preuves au commissariat de police de Gig Harbor.
Les enquêteurs comprennent que la mort de Jay cache autre chose qu’un suicide. Ils font appel à deux agents du FBI. C’est le début de l’enquête sur Shahriar J.
Une (trop ?) longue enquête
Shariar J. est connu des services de police depuis 2021. Âgé de 16 ans, il avait déjà fait l’objet d’une enquête pour « possession présumée de pornographie infantile » suite à un signalement du Centre National Américain pour les Enfants Disparus et Exploités (NCMEC).
Le NCMEC avait transmis un document d’environ 40 pages aux autorités allemandes contenant des transcriptions de chat de la plate-forme en ligne Discord dans lequel “White Tiger” exigeait des photos de deux jeunes filles, les exhortant à se faire du mal et leur suggérant de se suicider.
Convoqué en novembre 2021 par la police de Hambourg, il reconnait au cours de l’interrogatoire avoir discuté avec deux mineures sur la plateforme Discord sous le pseudonyme « White Tiger », et avoir tenu des conversations à caractère pédopornographique .
Trois jours après cet interrogatoire, les poursuites sont abandonnées, l’infraction constatée n’étant pas suffisante.
Deux mois et demi plus tard, Jay, 12 ans, est conduit au suicide.

Qu’il faille attendre juin 2025, soit 3 ans, pour que soit arrêté le « Tigre Blanc » suscite des questions : les autorités allemandes auraient-elles pu agir plus tôt et empêcher ce drame ?
Fustiger l’appareil policier est facile. Qu’en est-il du terrain et des difficultés rencontrées ?
Suite à la mort de Jay, ses parents entreprennent immédiatement d’alerter et de prévenir sur la dangerosité monstrueuse qui peut sortir de certains réseaux sociaux. Ils confient tout le matériel informatique de leur fils à la police locale pour lui permettre de tracer et de découvrir ce qui a conduit au drame. La police remet les appareils entre les mains du FBI.
Deux agents, dont un certain Mac Monigle, s’investissent totalement dans l’enquête et entament des recherches mais ils sont vite bloqués, aux portes de discord. Il leur faut un mandat pour fouiller la plateforme, mais il n’existe pas de vocabulaire pour qualifier le « suicide » de Jay . « agression virtuelle ? », « homicide numérique ? » il n’y a pas de précédent. Ils doivent trouver un moyen de convaincre le procureur et cherchent, dans les fichiers auxquels ils ont accès, des délits punis par la loi pour obtenir un mandat.
Ils se servent de vidéos d’actes de tortures sur les animaux punis par la loi américaine et retrouvent également une ancienne affaire impliquant une femme condamnée en 2017 pour homicide involontaire pour avoir encouragé son petit ami à se suicider via des appels et des SMS.
Rien n’y fait, le procureur refuse d’ouvrir une enquête par manque de preuves.
Les agents continuent leur recherche. Ils essuient un deuxième refus au bout de quelques mois mais finissent par décrocher un mandat auprès d’un procureur adjoint.
A l’été 2022, le FBI a remonté la piste jusqu’au domicile de Shahriar à Hambourg.
Mais les preuves recueillies sortent de la juridiction des agents fédéraux. Malgré le refus de leurs supérieurs, ils se rendent en Allemagne avec le dossier de preuves collectées afin que le meurtrier de Jay soit arrêté par les autorités allemandes.
En février 2023, les deux enquêteurs du FBI présentent au quartier général de la police de Hambourg un PowerPoint de deux heures devant une douzaine de procureurs allemands et la police locale et fédérale.
La présentation comprend les messages du chat précédents la mort du jeune garçon, des vidéos du « tigre blanc » torturant à distance d’autres enfants et les liens établis entre le pseudo et l’étudiant Shahriar résidant à Hambourg.
L’enquêteur MC Monigle sent pourtant à l’issue de la réunion que les autorités allemandes ne sont pas décidées à bouger.
Son dépit est douloureux et il ne se remettra pas de ce qu’il perçoit comme un échec.
Nous leur avions donné tout ce que nous avions – y compris l’identité réelle de White Tiger et tant de données, a-t-il déclaré.
Pendant des mois, ils avaient étudié le Tigre Blanc et des vidéos de ses victimes.
En septembre 2023, la police de Hambourg fouille le domicile de Shahriar à la recherche de « contenu pédopornographique » et saisit ses ordinateurs. L’accusation de meurtre déposée par le FBI n’avait pas été retenue par manque de preuves fiables.
Le retour au États-Unis de MC Monigle est suivi d’une terrible période de dépression. La pensée de nouvelles victimes ne le quitte pas.
Il commence à faire des cauchemars de Shahriar, de ses propres enfants blessés. Il boit trop et développe un tremblement dans son bras gauche.
Il demande et obtient un changement d’affectation dans un emploi administratif. En juin 2024, il quitte définitivement le FBI.
Le 18 Juin 2025, trois ans et demi après la mort de Jay, Mc Monigle reçoit un texto d’un ancien collègue : la police allemande a arrêté Sharhiar.
Sur les appareils saisis se trouvaient des téraoctets de visuels dont 127 heures de vidéos. Des décapitations d’animaux, des enfants maltraités.
« Le Tigre blanc » est accusé à ce moment-là de 123 chefs d’accusation d’abus sexuels et de violences.
Pourquoi a-t-il fallu deux ans et demi à partir de la réunion avec le FBI pour arrêter Sharhiar ?
A cette question posée lors de la conférence de presse, le chef de l’Office de police criminelle de l’État, Jan Hieber déclare que les preuves du FBI n’étaient pas recevables devant les tribunaux allemands, « par conséquent, l’enquête ici à Hambourg a dû être commencée à partir de zéro ».
Il a fallu à la police allemande analyser de nouveau méticuleusement des centaines de captures d’écran et d’enregistrements vidéo, pour obtenir un mandat d’arrêt.
Les autorités allemandes reconnaissent par ailleurs n’avoir aucune expérience du phénomène des réseaux sadiques organisés en ligne.
Le lendemain de l’arrestation, les procureurs allemands ajoutent 81 accusations criminelles contre Shahriar et portent à plus de trente le nombre d’adolescents violentés. Les nouvelles accusations comprennent cinq tentatives de meurtre.
Reste aux procureurs la tâche juridiquement compliquée de condamner Sharhiar de meurtre par des moyens « doublement indirects » : Eva et Jay lui-même.
L’avocate de Shahriar a déjà annoncé que les allégations pour meurtre n’étaient pas tenables ».
Verdict fin 2026.

Le « Tigre Blanc » et le réseau 764
« Tigre Blanc » est le pseudo que s’est donné un étudiant germano iranien, fils d’un couple aisé résidant dans un quartier cossu de Hambourg. Il est aujourd’hui âgé de 21 ans.
Arrêté le 17 Juin 2025, il est inculpé de meurtre, de tentative de meurtre, de coups et blessures, d’abus sexuels sur des enfants et de possession de pornographie infantile de 2021 et 2023.
Le matériel informatique saisi recèle un monde d’horreur, de perversité et de cruauté inimaginable que les enquêteurs n’ont pas de mots pour définir. Le contenu était si monstrueux que les autorités allemandes ont dû fournir des psychologues aux enquêteurs.
Vidéos et photos défilent sous leurs yeux :
Une jeune fille de 12 ans grave un cœur dans sa cuisse.
Une autre jeune fille de 13 ans s’entaille à plusieurs reprises la poitrine.
Une jeune Canadienne de 14 ans s’insère des objets pointus par voie anale et vaginale.
Une petite fille de 11 ans est forcée à commettre des actes d’automutilations sexuels jusqu’à ce qu’elle soit visiblement maculée de sang.
Et puis, il y a Eva, 12 ans, déprimée, suicidaire, débauchée en 2021. Sur une vidéo, elle se coupe à plusieurs reprises à la demande du monstre et écrit son nom avec son sang. Sur une autre, l’enfant écrase un petit oiseau, le décortique de ses mains tremblantes, et lui présenter sur un drap avec « Tigre Blanc » et un cœur peint dessus, selon ses ordres.
Ces atrocités sont conservées par le prévenu comme autant de trophées et sont partagés aux membres d’un réseau : le 764.

Le réseau 764 fait partie d’un autre réseau en ligne pédocriminel : « Com » pour « communauté ».
« Tigre Blanc » s’inscrit dans cette lignée de sadiques apparue avec le développement d’internet.
Dès les débuts d’internet, il s’est trouvé des niches où s’exposaient des fichiers de violence extrême : images de cadavres mutilés ou textes décrivant de graves abus, le tout accessible dans des forums Usenet.
À la fin des années 1990, des « sites de choc » ont émergé, sur lesquels les utilisateurs regardaient des vidéos d’accidents graves, de suicides ou de vidéos de décapitations de l’Etat islamique. Les adolescents étaient déjà repérés comme utilisateurs privilégiés de ces sites.

Dans le même temps, une lie pédocriminelle est apparu dans le darknet, téléchargeant un grand nombre de vidéos montrant les abus les plus graves.
Avec le réseau “764”, une nouvelle forme de brutalité numérique débarque à l’ère des médias sociaux. La violence n’est plus seulement consommée sur le net, elle est produite.
Nulle part cela n’est plus clair que dans les tutoriels que les membres de “764” s’envoient, portant des noms dans la veine de “Handbook for Sex Extorsion” ou “Suicide Tutorial”.
Ils décrivent en détail comment « recruter » de nouvelles victimes sur le net et comment mener des conversations.
Les utilisateurs de “764” recommandent d’approcher des mineurs particulièrement vulnérables et psychologiquement instables.
Ce réseau, peu structuré et dépourvu de hiérarchie stricte, rend les enquêtes approfondies et les actions policières extrêmement difficiles. Actifs sur Telegram, Discord, les plateformes de jeux vidéo et les forums de discussion, ses membres ciblent et manipulent spécifiquement des mineurs psychologiquement vulnérables.
Au sein de ces groupes, les agresseurs s’encouragent mutuellement et partagent des instructions sur la manière de manipuler, principalement, des jeunes filles.
Le facteur déterminant semble être le degré de violence : plus les actes sont brutaux, plus le prestige est élevé.

A l’origine du groupuscule
“764” – les premiers chiffres du code postal d’un lieu au Texas où un jeune de 15 ans fonde le groupe en 2021.
Ce garçon frêle aux cheveux roux B. Cadenhead grandit dans la petite ville de Stephenville, au Texas.
À l’âge de dix ans, ses parents, pratiquants assidus, se séparent. Par la suite, il s’isole progressivement souffre de crises de nerfs, s’automutile et développe une fascination pour les vidéos de torture.
Le père, Jeff Cadenhead, déclare avoir tenté à plusieurs reprises de faire admettre son fils dans un hôpital psychiatrique.
À chaque fois, les médecins ont changé son traitement et l’ont renvoyé chez lui,confie-t-il.
Il quitte l’école en juin 2021 et crée son premier salon de discussion sur 764 le même mois.
Sous différentes variantes du pseudonyme « Felix », il apparait régulièrement dans divers salons de discussion Discord, y publiant des images choquantes, incitant les utilisateurs intéressés à le rejoindre sur d’autres parties de la plateforme et harcelant ceux qui réagissaient avec dégoût.
Cadenhead contourne facilement les mesures de sécurité de Discord conçues pour protéger contre les abus sexuels en ligne. À chaque fois qu’il est banni de la plateforme, il ouvre de nouveaux comptes et poursuit ses activités.
En juin 2021, la police de Stephenville reçoit des signalements indiquant qu’un utilisateur de Discord, a mis en ligne des images pédopornographiques.
Lors d’une perquisition menée l’après-midi du 25 août 2021, la police trouve un ordinateur portable dans la chambre de l’adolescent, sur lequel elle découvre des images de filles prépubères se livrant à des actes sexuels, des actes d’automutilation d’adolescente, de torture sur des animaux de compagnie, d’acte sexuel avec un bébé.
B. Cadenhead, aujourd’hui âgé de 19 ans, représente l’un des cas les plus inquiétants de cybercriminalité juvénile aux États-Unis ; il a été condamné et purge la deuxième année d’une peine de 80 ans de prison.

La « Communauté »
Des cybergroupes violents en ligne ciblent et manipulent des enfants et des jeunes vulnérables sur des plateformes facilement accessibles afin de les amener à poser des gestes violents, notamment à s’automutiler, à torturer et à tuer des animaux et à produire des images d’exploitation sexuelle d’enfants.
Le réseau en ligne connu sous le nom de « The Com », une forme abrégée de « Community » (la communauté) .
« The Com » est une communauté virtuelle de groupes et d’individus qui exercent des activités illicites et glorifient la violence sérieuse, la cruauté et le gore.

Où et comment opèrent-ils?
Les prédateurs utilisent tous les mêmes processus de conditionnement :
Le contact débute souvent de manière anodine : les auteurs entament des discussions sur des plateformes de jeux, des applications de messagerie (par exemple, Discord, Telegram, Roblox, Minecraft, Twitch et Steam) ou via TikTok/Instagram.
Puis l’escalade suit une logique bien rodée :
Les prédateurs montrent une surabondance d’attention et d’affection pour créer une attache émotionnelle. La fausse confiance établie, ils collectent des informations personnelles (adresse, nom de l’école…) via les profils publics, puis ils proposent un basculement vers des chats privés : par exemple sur Telegram ou Signal.
Lorsque le prédateur a collecté des informations personnelles suffisantes, il passe au chantage.
Les options sont nombreuses : menacer de publier du contenu explicite ou violent et/ou de l’envoyer aux proches de la victime, divulguer des renseignements personnels de la victime sur Internet de façon malveillante, faire un faux signalement afin que les services d’urgence soient dépêchés chez la victime ou à son école afin d’affirmer leur pouvoir, menacer directement ou indirectement la sécurité et/ou le bien-être de la victime ou de ses proches.

Les victimes déjà fragiles et maintenant isolées sont amenées à se filmer/photographier et/ou photographier leurs frères et sœurs ou autres en train de se livrer à : des poses sexuellement explicites, des actes sexuels, de la torture ou le meurtre d’animaux, y compris les animaux domestiques de la famille, des actes de violence envers les autres ou l’automutilation, et parfois, nous l’avons vu, à se suicider.
Les victimes sont également forcées à mettre en scène le nom de leur bourreau, avec une lame sur elle-même ou sur un animal, avec du sang sur différents supports.
Au fur et à mesure que les photos et vidéos des victimes sont fournies à leurs prédateurs, celles-ci sont partagées avec le réseau « The Com », humiliant davantage les victimes et créant plus de contenu pour le groupe.
Ce qui importe le plus pour ces prédateurs, est d’acquérir de la notoriété dans le réseau, les actes de tortures étant considérés comme des victoires.
Cette violence numérique est particulièrement brutale car elle se produit là où les enfants devraient se sentir en sécurité : chez eux.
De plus, l’anonymat qui en découle engendre un profond sentiment d’impuissance, explique Saskia Nakari, consultante en éducation aux médias au Centre des médias de la ville de Stuttgart.
Il n’y a pratiquement plus d’endroit où se réfugier, plus d’espace sûr.
Et tout cela se passe alors que les parents sont juste dans la pièce d’à côté, impuissants.

Signes évocateurs
Voici quelques signes qui montrent que votre enfant pourrait être une cible :
– Votre enfant se sert d’applications mobiles comme Discord ou Telegram ou d’autres plateformes de communication chiffrée auxquelles vous n’avez pas accès en tant que parent.
– Les animaux domestiques de la famille ou d’autres animaux se blessent ou meurent de façon suspecte.
– Votre animal domestique évite ou craint votre enfant (ou vous-même), de façon inhabituelle
– Votre enfant manifeste de l’intérêt pour les opinions extrêmes en ligne.
– Votre enfant manifeste soudainement de l’intérêt à mettre en doute ou à rejeter les contraintes morales qui touchent à son comportement et s’intéresse au nazisme, aux tueries dans les écoles, aux tueurs en série ou à l’occultisme.
– Vous trouvez des inscriptions faites avec du sang ou ce qui semble être du sang.
– Votre enfant a un nouvel « ami » ou réseau en ligne dont il semble obsédé et/ou craindre.
– Votre enfant reçoit des cadeaux anonymes ; des articles livrés chez vous, de l’argent comptant, des cartes-cadeaux à utiliser dans les jeux vidéo ou d’autres cadeaux virtuels.
– Votre enfant couvre sa peau de manière inhabituelle.
– Votre enfant porte des bandages, a des coupures, des taillades dans la peau ou des entailles faites avec une lame, des marques de coups de couteau et autre.
– Votre enfant est plus silencieux et renfermé qu’à l’habitude.
– Votre enfant est excessivement de mauvaise humeur ou à cran.
– Les résultats scolaires de votre enfant baissent.
– Votre enfant passe plus de temps sur Internet, sans supervision ou seul dans sa chambre.
– Votre enfant dépense plus en ligne ou demande de l’argent plus souvent que d’habitude.
– Votre enfant griffonne des noms et/ou des chiffres dans des carnets, son agenda ou son journal intime ou sur des feuilles de papier.
Pris individuellement, ces signes ne semblent peut-être pas significatifs, mais, si on en combine plusieurs ou en tenant compte de l’ensemble des circonstances, ils peuvent être révélateurs et donner des raisons de s’inquiéter.
Les parents, tuteurs, adultes de confiance, soyez attentifs à ces signes.
Maintenez une communication ouverte avec vos enfants sur leurs contacts, surveillez leurs activités en ligne.
Familiarisez-vous avec les applications et les technologies qu’ils utilisent.

Et maintenant ?
Hors l’arrestation du meurtrier, cette histoire a-t-elle porté des fruits ?
La réaction des plateformes
Les parents de Jay attribuent une grande responsabilité à Discord. Ils se préparent à intenter une action en justice contre le serveur.
Discord a délibérément fait entrer le dark web dans notre maison, a déclaré sa maman.
Leur fils comme beaucoup d’utilisateur a semble-t-il utilisé une application extérieure pour effacer continuellement ses messages. D’après un porte-parole de la plateforme, de tels outils ne sont pas approuvés par Discord.
Il n’empêche que, pour le père de la victime, ne pas lutter contre l’utilisation de ces logiciels revient à permettre aux utilisateurs de couvrir leurs traces, de cacher des preuves de leur jeu atroce, et ainsi, de favoriser des organisations malfaisantes.
Ils demandent également qu’une « armée de modérateurs » surveille en permanence les contenus et puissent bloquer les acteurs malveillants.
Roblox et Meta ont annoncé mettre en place de nouvelles restrictions basées sur l’âge.
Vers une nouvelle législation
L’affaire a également attiré l’attention politique aux États-Unis. Colby Taylor proposait de témoigner devant la commission judiciaire du Sénat.
À la suite de la mort de son fils, les législateurs ont l’intention de tenir les chefs de plateforme comme Discord responsables de leur manque de mesures de protection.
Colby Taylor a envoyé à la commission du Sénat une proposition législative de 11 pages. Il travaille sur le règlement, qu’il a appelé “la loi de Jay”, depuis qu’il a appris l’étendue de “764” par l’arrestation de Shahriar.
Il exige l’introduction d’une infraction pénale distincte pour la coercition numérique et l’extorsion entraînant la mort.
La mort de Jay – l’un de ses premiers cas – illustre les défis de l’enquête sur cette nouvelle forme croissante de prédation en ligne.
Un examen effectué par le Washington Post et Der Spiegel en Allemagne a révélé que les autorités avaient du mal à identifier les lois qui étaient enfreintes. Ils ont fait face à des obstacles juridictionnels alors qu’ils retraçaient des prédateurs présumés dans des pays du monde entier.
En guise de conclusion…ce n’est qu’un début
Partout, des cas récents démontrent que le danger est réel.
– Allemagne, juin 2025 : à Hambourg, affaire du Tigre Blanc (White Tiger).
– Grèce, avril 2025 : le cofondateur présumé du groupe « 764 Inferno » a été arrêté à Thessalonique. Il serait impliqué dans plusieurs cas d’abus.
– France, août 2025 : Un jeune français se revendiquant du réseau 764 a été mis en examen et incarcéré. Il est accusé d’avoir réussi à convaincre une cinquantaine de jeunes filles de se scarifier ou de se mutiler à sa demande.
– Canada, février 2026 : La Gendarmerie royale du Canada a accusé une jeune personne d’avoir participé à des activités terroristes impliquant le réseau 764, récemment ajouté à la liste canadienne des entités terroristes.
– États-Unis, février 2026 : Le FBI met en garde les parents contre le réseau nihiliste international « 764 ».
Le FBI publie une mise en garde mondiale concernant une hausse spectaculaire (+500 % d’arrestations en un an) des activités du groupe “764”.
NDWP:
Après le prédateur isolé rabatteur sans commanditaires (ex: Dutroux) les réseaux nous font le coup du chef de réseau mineur prédateur isolé, encore mieux.
Alors que 90% des membres du réseau sont majeurs évidemment et pour certains ont une longue carrière dans le domaine, sur le Net et IRL.
De même, le réseau ONA (Order of Nine Angles) qui utilise les techniques (grooming) et symboles (satanistes) est amalgamé aisément par les médias pour pouvoir surfer sur le côté nazi, masculiniste et soit-disant blanc donc si l’on comprend bien.
Nous n’avons pas souhaité traiter ce réseau dans le même article.
D’ailleurs d’autres médias qualifient 764 de nihiliste, pas vraiment l’ambiance chez ONA.
On se garde ça sous le coude.
L’équipe Wanted Pedo
On lache rien.
Contacts
PHAROS Signalement de contenus illicites sur Internet internet-signalement.gouv.fr
3018 Numéro vert contre les violences numériques et le cyberharcèlement Appeler le 3018 (Anonyme et gratuit)
Point de Contact Signaler des images pédopornographiques pointdecontact.fr
Gendarmerie / Police En cas d’urgence immédiate ou de menace de passage à l’acte Composer le 17

Sources :
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