Tahiti | Le maître de conférences au sujet des victimes : « elles me faisaient peur »

Il avait été placé en détention provisoire depuis le 24 avril pour atteinte sexuelle sur mineure de moins de 15 ans et incitation à la consommation d’alcool et de stupéfiant

Le maître de conférence chercheur de l’université de Polynésie française avait fait appel de l’ordonnance du Juge des libertés et de la détention qui l’avait placé en détention provisoire pour les besoins de l’enquête.

L’audience devant la chambre de l’instruction a permis de connaître plus de détails sur cette affaire et particulièrement le fait que deux autres personnes sont impliquées dans la corruption de mineurs mais sont toujours à l’extérieur du fenua. Il s’agit d’un médecin suspecté d’avoir consommé de l’ice avec les mineures que fréquentait l’enseignant.

Quant à l’autre personne, un homme également, il aurait eu recours à des relations sexuelles contre rémunération.

Le professeur a demandé à pouvoir être assigné à résidence, notamment car il craint que les filles qu’il est soupçonné d’avoir incité à consommer de l’alcool et du pakalolo se rendent chez lui. S’il refuse de se considérer comme une victime, l’homme a expliqué qu’il avait installé quatre rangées de grillages et du fil barbelé pour éviter qu’elles se rendent chez lui.

L’homme a admis une atteinte sexuelle sur l’une d’entre elles. « J’ai mal réagi mais elles me faisaient peur aussi. Elles escaladaient, et j’ai essayé de les pousser vers la sortie »,a-t-il expliqué au sujet de celles qu’il qualifie de « squatteuses ».

Comme l’a expliqué son avocate, l’homme a étudié durant dix ans après son baccalauréat. « Il a mis sa vie sociale entre parenthèses » jusqu’à son premier poste à Tahiti en 2014. L’homme fréquentait des femmes majeures et c’est l’une d’entre elles qui lui aurait demandé d’héberger une fille « en danger ».

L’homme aurait tenté de la remettre sur le chemin de l’école en lui faisant faire des cahiers de vacances, retrouvés chez lui. Mais « celle qui a trouvé refuge chez lui » invite alors également ses copines, toutes ayant le même profil, avec un passé difficile et déscolarisées. L’une d’entre elle décrit le professeur comme « un homme différent des autres ».

« Il ne donnait pas de l’argent en échange de quelque chose. Mais il nous demandait de ne pas mentir et de ne pas voler », a expliqué l’avocate du professeur, citant une des jeunes mineures durant son audition.

Si l’homme savait que les jeunes filles venaient chez lui, il semblait ignorer qu’elles soient si jeunes. « Cela a été un terrible choc quand j’étais en garde à vue », a-t-il expliqué durant l’audience.

L’avocat général a fait part de sa lecture du dossier : « il y a une recherche, ce ne sont pas des rencontres fortuites et, si c’est le cas, elles sont cultivées. J’ai du mal à croire qu’à 41 ans vous soyez dans l’incapacité de juguler les ardeurs de ces jeunes filles ».

L’avocat général a demandé son maintien en détention. Il a été suivi par la Chambre, qui a notamment estimé qu’il y avait un risque de renouvellement de l’infraction, notamment en raison du fait que le professeur « ne voit pas que les jeunes filles sont victimes ».

Source : ladepeche.pf

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