Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Saint-Malo | Pas de prison pour le papy pédo qui a récidivé pendant des années

La première avait 4 ans et demi quand ça a commencé, 12 ans quand ça s’est arrêté.

photo d'une fillette de dos avec son nounours
Toujours en liberté

Un homme de 74 ans a comparu jeudi 16 septembre devant le tribunal de Saint-Malo pour agressions sexuelles sur ses petites-filles, lorsqu'elles venaient en vacances à Saint-Malo.

C’est une famille entière et déchirée sur les bancs de la salle d’audience du tribunal correctionnel de Saint-Malo. Tous sont là pour une affaire d’agression sexuelle : deux enfants auraient été victimes de leur grand-père.

La première avait 4 ans et demi quand ça a commencé, 12 ans quand ça s’est arrêté.

La première fois, c’était au réveil de sa sieste. Il lui aurait fait « des papouilles ».

Et puis, entre 2010 et 2019, c’est devenu presque routinier : chaque fois qu’elle venait en vacances chez ses grands-parents à Saint-Malo, son grand-père glissait sa main au bord de son sexe, en passant sa main dans sa culotte.

La petite fille, aujourd’hui âgée de 12 ans, en a parlé pendant le confinement.

Elle en avait déjà parlé à sa mère une fois, à 4 ans, pendant un goûter. Sa grand-mère l’avait alors prise à part pour lui dire qu’elle était « une menteuse ». Sa mère ne l’a pas crue non plus.

Pour sa cousine, les mêmes faits ont eu lieu une fois, « peut-être deux ».

L’avocate du prévenu, Me Bataille-Gedouin, explique qu’il a arrêté quand l’enfant a manifesté son malaise.

À la barre, le septuagénaire se dit « tactile » ; l’enfant aurait « mal interprété les gestes ».

Il explique qu’il « frôlait » le sexe de sa petite fille au niveau de la couture de la culotte.

« J’ai appris au commissariat que c’étaient des agressions sexuelles. »

« J’étais peut-être trop câlin, mais ce n’était pas sexuel. Je ne pensais pas à autre chose que le câlin. »

Le substitut du procureur répond :

« Monsieur minimise ses gestes ».

Puis, il relève une de ses déclarations d’audition :

« Je savais quand même que ce n’était pas des choses à faire. »

Le tribunal l’a condamné à une peine d’un an de prison avec sursis, comme l’avait requis le parquet. Il est désormais inscrit au Fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles.