
Roubaix | Le kiné profitait des séances pour lui toucher le sexe quand elle avait 15 ans
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 19/04/2024
- 04:31
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Il aura fallu quinze années pour que la justice soit rendue en faveur de F., 30 ans aujourd’hui, marquée par une agression sexuelle qui l’a poursuivie tout ce temps.
A.K. a été “condamné” à deux ans de prison avec sursis.
C’était il y a quinze ans, mais elle n’a rien oublié.
Pire, à la barre du tribunal, elle explique qu’elle en a gardé un vrai traumatisme dans ses relations amoureuses et que lorsqu’elle a attendu un enfant, elle a craint d’attendre une fille car elle ne voulait pas qu’elle soit elle aussi en danger.
À l’époque des faits, F. a 15 ans et a besoin d’aller voir un kinésithérapeute pour son genou. Elle a affaire au remplaçant du cabinet de Roubaix où elle a rendez-vous, pour une dizaine de séances.
Les premières se passent sans incident, mais au fil du temps, le professionnel de santé, A. K., adopte des gestes « bizarres » et peu adaptés, remontant le long de la cuisse, un peu trop haut.
Un jour, il va jusqu’à toucher son sexe, au dessus de la culotte, lui dit qu’elle a de beaux yeux, et termine la séance par « un bisou sur la bouche ».
Elle rentre chez ses parents tétanisés, en rallongeant le trajet, se demandant si tout cela était normal. Elle finit par dire à ses parents qu’elle trouve que « le kiné est bizarre ».
Ils se rendent au cabinet où le professionnel leur explique qu’il s’agit d’ « une mauvaise interprétation de ses gestes médicaux ».
C’est cette même ligne de défense que le kinésithérapeute va tenir à la barre du tribunal, où il va même, à plusieurs reprises, mimer les gestes qu’un soignant peut faire sur la cuisse pour traiter un genou, soutenant qu’elle ment, a mal interprété ses gestes, et expliquant que les parties du corps communiquent entre elles.
Me Audrey Jankielewicz, pour la partie civile, ne manque pas de noter qu’il n’y a pas de rapport entre les zones touchées sur sa patiente et celles censées communiquer avec le genou. Elle rappelle les répercussions que ces gestes ont eues sur sa cliente.
Le procureur demande à la victime si elle est sûre et n’a aucun doute sur le déroulement des faits.
F. est franche :
« Aucun. C’est lui qui m’a fait un bisou sur la bouche pour la première fois ».
Convaincu qu’il ne s’agit pas « d’un souvenir surgi de nulle part », il requiert une peine de deux ans avec sursis, interdiction d’exercer une activité avec mineurs pendant trois ans, et interdiction définitive d’exercer le métier de kinésithérapeute et d’ostéopathe en France.
La présidente Aurélia Devos suit cette réquisition, en rallongeant de deux ans l’interdiction d’exercer une activité avec des mineurs.
Depuis les faits, A. K. est parti vivre au Maroc.
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