Niort | Un pédocriminel récidiviste condamné et libre !

 

Instants de tension extrême quand l’avocate de la partie civile, Me Adenot, demande à sa cliente, une maman, de venir témoigner à la barre. Elle veut défendre son fils, 8 ans à l’époque des faits (du 1er février au 1er mars 2017), victime d’une agression sexuelle.

Elle éclate en sanglots et réclame son dû.

« Je veux qu’il aille en prison. Je n’accepte pas ce qu’il a fait à mon fils, lance-t-elle au tribunal. Je n’admets pas qu’on le laisse en liberté alors qu’il a déjà fait la même chose sur son petit frère. S’il reste libre, je pense que je serais capable de lui faire du mal. »

Enfermer les gens ce n’est pas suffisant

Le président du tribunal correctionnel de Niort, Gérald Faucou, qui siège en collégiale, doit intervenir et rappeler que le prévenu, sous curatelle renforcée, 20 ans, est déjà sous contrôle judiciaire.

Qu’il devra également répondre de ses actes antérieurs.

« Mais l’intervention de la justice ne consiste pas uniquement à enfermer les gens, rappelle-t-il.

Il sortira bien un jour de prison et il faudra bien, ce jour-là, qu’il soit guéri si l’on ne veut pas qu’il recommence.

Pour cela, il lui faut un suivi des soins. Pas avec son médecin généraliste traitant comme cela est indiqué dans la procédure, mais avec un spécialiste. »

La mère de la victime finit par en convenir.

Il n’accepte plus rien venant des hommes

Mais son avocate insiste en lui demandant cette fois de revenir à la barre pour parler des troubles déjà visibles dont souffre son fils.

« Il n’a pas voulu suivre les soins psychologiques qu’on lui a proposés parce que ce que cela se faisait en présence d’hommes et d’un pédopsychiatre homme, explique-t-elle.

A l’école, c’est pareil, j’ai demandé à ce qu’il soit mis dans une classe avec une femme professeur des écoles. Même son père ou son beau-père désormais, il n’a plus aucune confiance. »

Le procureur de la République Laurence Lepez revient sur ce thème en évoquant les troubles déclarés ou pas chez l’enfant victime mais ceux qui peuvent très bien surgir durant l’adolescence, voire même une fois devenu adulte.

Il n’a plus d’empathie parce qu’il n’en a pas eu

L’avocat de la défense, Me Méranda, plaide aussi les défaillances dont a été victime depuis sa toute petite enfance son client.

Une famille totalement défaillante.

« S’il a des difficultés à avoir de l’empathie pour les autres aujourd’hui, c’est essentiellement parce que les autres ne lui en ont jamais donné. »

Le tribunal a condamné le prévenu à 1 an de prison avec sursis et mise à l’épreuve durant 3 ans.

Il est dans l’obligation de suivre des soins adaptés et il a l’interdiction d’entrer en contact avec des mineurs. Enfin, le tribunal constate son inscription au Fijes, le Fichier automatisé des auteurs d’agression sexuelle.

Source : La Nouvelle République

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