Narbonne | Trois ans de prison pour le grand frère incestueux

non

Un consommateur compulsif de films et de dessins animés pornographiques
Un jeune homme a été condamné ce jeudi 5 janvier par le tribunal correctionnel de Narbonne pour des faits d’agression sexuelle et corruption de mineur, sur la commune de La Palme. Il a été reconnu coupable d’avoir abusé de sa petite sœur, dix ans plus jeune que lui, durant plus d’un an.

C’est une affaire particulièrement sensible qu’a eue à juger le tribunal correctionnel de Narbonne, ce jeudi 5 janvier.

À la barre, un jeune homme de 21 ans, qui doit répondre pour des faits supposés d’agression sexuelle incestueuse sur sa petite sœur et corruption de mineur.

Ils auraient été commis entre le 1er janvier 2020 et le 1er avril 2021, sur la commune de La Palme.

Des faits qui cesseront grâce à la dénonciation d’un autre membre de la fratrie, qui conduira à l’interpellation de l’individu.

Avant d’expliciter les événements reprochés au prévenu, le tribunal, par la voix de sa présidente lors de l’audience publique, a posé le contexte familial forcément particulier.

L’affaire se déroule au sein d’une famille recomposée.

L’individu vit chez sa mère, à La Palme, avec son petit frère et sa petite sœur qui a 10 ans de moins que lui.

Il n’a pas le même père qu’eux et leur mère, qui a depuis refait sa vie avec un autre homme, travaille tard le soir.

C’est donc à lui que l’on confie la garde des deux enfants et le soin de veiller sur eux.

Ces derniers portent en haute estime leur grand frère, qui a pris le relais d’un père absent.

Mais en avril 2021, tout bascule quand le petit frère est le témoin d’une scène effarante.

Alors que son grand frère et sa petite sœur sont dans une autre pièce de leur habitation, il les rejoint et découvre son grand frère dévêtu, sa petite sœur face à ce dernier.

Malgré les explications du jeune adulte, disant souffrir au niveau du nombril, le petit frère leur annonce vouloir en parler à leur mère.

En larmes, sa petite sœur arrive à l’en dissuader.

Il se confiera finalement au personnel éducatif et social du collège de Port-la Nouvelle, où il est scolarisé.

Ces derniers font alors un signalement à la gendarmerie, qui interpelle l’individu.

Placé en garde à vue, il avoue tout de suite les faits reprochés.

Une sexualité construite par la pornographie

Devant les gendarmes, il s’explique et exprime rapidement une forme de soulagement que tout cela s’arrête.

Le jeune homme est un consommateur compulsif de films et de dessins animés pornographiques.

Bien qu’il dise n’avoir aucun désir pour sa sœur, il avoue avoir profité de son jeune âge et de son autorité sur elle pour l’agresser sexuellement, de manière ritualisée, durant plus de quinze mois, et lui avoir montré des contenus pornographiques sur son téléphone.

Entendue à plusieurs reprises, la jeune fille, qui a neuf ans au moment des faits, confirme les douloureux événements.

Elle explique qu’il s’est passé quelque chose de grave et espère que cela va prendre fin.

Pleine d’empathie pour celui qui a pris le relais de son père absent, elle dit aux enquêteurs sa fierté à son égard quand elle apprend qu’il a reconnu les faits, saluant son “courage”.

Elle répète également qu’il l’écoutait quand elle lui demandait d’arrêter, mais elle verbalise clairement une peur qu’elle a de lui mais aussi pour lui, face à ces révélations.

À la barre du tribunal correctionnel, le prévenu, qui a depuis respecté scrupuleusement son contrôle judiciaire, a bien du mal à exprimer ses gestes délictuel et incestueux.

Aux questions qui lui sont posées par la présidente du tribunal et la procureure de la République, il hoche simplement la tête et murmure ses réponses tout en essuyant régulièrement ses larmes.

Si les différentes expertises psychiatriques semblent indiquer que le jeune homme a depuis évolué favorablement, qu’il ne présente pas de personnalité pédophile, qu’il vit loin de La Palme aujourd’hui, et qu’il a trouvé une petite amie à qui il a raconté les faits qui lui sont reprochés, le tribunal cherche des explications.

D’autant plus que l’instruction montre une évolution de plus en plus grave des faits.

La présidente interroge :

“Est-ce que vous êtes capables de dire jusqu’où vous seriez allé si votre petit frère n’avait rien dit ?”

En réponse de sa part, elle n’aura qu’un “non”.

Qualifiant les faits “d’intolérables et caractérisés”, la procureure de la République requiert trois ans d’emprisonnement avec un sursis probatoire de deux ans.

Dans son jugement, le tribunal le reconnaît coupable des faits et suit l’ensemble des réquisitions du ministère public.

Le prévenu est ainsi condamné à trois ans d’emprisonnement, avec un sursis probatoire de deux ans.

Il est également dans l’obligation de reprendre des soins arrêtés en février 2022, après la levée de son contrôle judiciaire.

Comme le parquet le demandait, il devra indemniser la victime.

Il lui est par ailleurs interdit d’exercer une activité professionnelle ou bénévole au contact des enfants, pour une durée de dix ans.

Enfin, il s’est vu notifier son inscription d’office au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).

Source(s):