Nantes | Prescription pour les dizaines de plaintes émanant d’anciens collégiens

non

Des coupables impunis, des victimes non reconnues.
Violences sexuelles : l’ensemble des signalements visant l’établissement catholique nantais Saint-Stanislas sont prescrits. 81 témoignages dénonçaient des faits entre 1960 et 1990, sur des élèves âgés de 10 à 15 ans. Les prêtres mis en cause sont morts et les laïcs n’ont pas pu être identifiés.

Des dizaines d’anciens élèves avaient répondu à un appel à témoignage lancé par le diocèse de Nantes en août 2025. Toutefois, l’ensemble des signalements examinés par le parquet sur des violences sexuelles au collège-lycée Saint-Stanislas concernent des faits prescrits, a fait savoir le procureur de la République, Antoine Leroy ce mardi 17 février.

Les huit prêtres mis en cause sont morts ; quant aux personnels laïcs également évoqués dans les courriers, ils n’ont pas été identifiés.

Les 81 signalements examinés par le parquet – 52 provenant des victimes et 29 de proches – exposent des faits de violences sexuelles et de viols sur des élèves de 10 à 15 ans, s’étant déroulés des années 1960 à 1990. Le diocèse de Nantes et l’enseignement catholique de Loire-Atlantique avaient révélé fin août avoir recueilli de premiers témoignages décrivant des violences sexuelles commises au sein de l’internat ou survenues lors de vacances organisées par l’établissement.

L’un d’eux émanait de la famille d’un homme de 46 ans qui s’était donné la mort en 2024. Il avait confié à des proches avoir été victime de violences sexuelles commises par un surveillant à l’époque où il était interne.

«Système de prédation»

En tout, 102 signalements ont été examinés par le parquet. Quinze d’entre eux relataient des faits «imprécis», en termes de date ou de lieu, et six concernent d’autres juridictions. Ces derniers ont été «adressés aux parquets compétents», précise le procureur de Nantes.

Un collectif de victimes avait été fondé fin septembre. Il avait dénoncé auprès de l’AFP un «système de prédation» au sein de l’établissement.

En 2021, le rapport de la Ciase  (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église) estimait à 330 000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles au sein de l’Église.

Parmi elles, «108 000 auraient été agressées dans le cadre de l’enseignement scolaire catholique», avait indiqué en 2025 le président de la Ciase, Jean-Marc Sauvé.

Source(s):