Le Puy-en-Velay | Deux ans ferme pour avoir tué ses nouveaux-nés, un «verdict humain» selon la défense.

Une ancienne agricultrice de 42 ans, mère de quatre enfants, a été condamnée par la cour d’Assises de Haute-Loire à cinq ans de prison dont trois avec sursis pour le meurtre de ses deux nourrissons, découverts en 2012 dans la chaudière de l’exploitation agricole. La peine est assortie d’une mise à l’épreuve de trois ans.

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Le jury s’est ainsi montré plus clément que l’avocate générale Marie Moschetti, qui avait requis sept ans de prison ferme à l’encontre de l’accusée, jugée depuis lundi au Puy-en-Velay pour «meurtres de mineurs de moins de quinze ans» ou néonaticides, homicide commis sur un enfant né depuis moins de 24 heures.

Reconnu coupable de «non-assistance à personne en péril», le père de famille, un éleveur de bovins de 42 ans, aujourd’hui séparé de l’accusée, a pour sa part écopé d’une peine de deux ans dont un avec sursis. Deux ans de prison ferme avaient été requis contre lui.

Étouffés à la naissance

Lors de son procès, la mère avait expliqué avoir agi seule au domicile familial quand elle avait étouffé de ses mains deux petits garçons du couple à leur naissance, le premier en 2005, le second en avril 2012 dans la baignoire de la maison.

Quelques mois après la seconde naissance, l’affaire avait éclaté après la découverte par les gendarmes des petites victimes dans la chaudière de l’exploitation familiale.

Devant les enquêteurs, la quadragénaire, présentée à l’audience comme une personne «fragile», «isolée», qui «travaillait tout le temps» tout en subissant régulièrement des violences de son conjoint, avait seulement évoqué le meurtre du deuxième nourrisson.

Elle avait ensuite reconnu le néonaticide de 2005 quand des restes du premier bébé avaient été retrouvés dans la chaudière.

Un «verdict humain» pour son avocate

«C’est un verdict très humain, ils ont compris qui était cette femme qui comparaissait devant eux», a réagi Me Aurélie Chambon, le conseil de l’ancienne agricultrice qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, après avoir effectué quatorze mois d’emprisonnement.

Contrairement à ce qui avait été demandé par le ministère public, les deux peines n’ont pas été assorties d’une suppression de l’autorité parentale ni de la privation des droits civiques, civils et de famille.

Elle a été condamnée en outre à un suivi socio-judiciaire d’une durée de dix ans.

Source : Estrepublicain.fr

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